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Taëz, troisième ville du Yémen, toujours privée d'aide humanitaire (ONG)

AFP
28/12/2015

Les habitants de Taëz, troisième ville du Yémen assiégée depuis des mois par des rebelles, n'ont reçu aucune aide humanitaire, y compris celle annoncée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont affirmé lundi des ONG locales.

Dans un communiqué dimanche, l'OMS a indiqué avoir "livré plus de 100 tonnes de médicaments et de fournitures médicales dans huit districts de la province de Taëz où vivent plus de trois millions de personnes".

"La situation sanitaire s'est considérablement détériorée à Taëz" en raison des combats entre forces loyalistes et rebelles, a ajouté l'OMS, précisant que "la distribution d'une aide médicale additionnelle de 22 tonnes" dans trois districts de la ville de Taëz assiégée "est en attente en raison de problèmes d'accès" aux hôpitaux de ces districts.
"Aucune aide n'est entrée dans la ville assiégée", a affirmé à l'AFP Mohamed al-Qabati, membre de la Commission du secours médical à Taëz. "L'aide a bénéficié aux régions situées en dehors de la ville de Taëz, aux zones rurales et aux districts contrôlés par ceux qui nous assiègent", a-t-il ajouté. "Il n'y a plus de médicaments et de bouteilles d'oxygène. Taëz vit une véritable catastrophe".

L'hôpital Al-Thawra, le plus grand de Taëz, a fermé vendredi en raison de "la rupture de tous les stocks de médicaments et de matériels de chirurgie", a annoncé samedi sa direction.
Epuisés par le siège, les 600.000 habitants de la ville de Taëz attendent en vain l'arrivée de secours.
"L'aide alimentaire va à ceux qui nous tuent", a déploré Abdelkarim Chamsane, président d'un collectif d'ONG locales, affirmant que l'aide "ne parvient pas dans la ville assiégée".
Les rebelles, qui assiègent les quartiers de Taëz sous contrôle des forces progouvernementales, "ont resserré l'étau en empêchant les habitants d'entrer dans la ville avec des vivres" qu'ils parviennent à se procurer ailleurs, a-t-il dit.

Pour contourner les obstacles, des habitants empruntent de dangereux sentiers dans les montagnes entourant Taëz pour tenter de faire entrer des produits de première nécessité dans la ville.
Le 17 décembre, l'Onu avait annoncé un accord entre les belligérants, censé permettre "la reprise complète et immédiate de l'assistance humanitaire à la ville de Taëz". Mais il n'a pas été suivi d'effet.

Le conflit au Yémen oppose des rebelles chiites, accusés de liens avec Téhéran, au gouvernement soutenu par une coalition arabe dirigée par Riyad. Depuis mars, la guerre a fait quelque 6.000 morts, 28.000 blessés et 2,5 millions de déplacés.

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