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Liban - Dans les coulisses de la diplomatie

La tendance Frangié en recul ?

Pour le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, l'option Sleiman Frangié à la présidence de la République prouve que les thèses du Courant patriotique libre (CPL) ont fait leur chemin et prouvé leur force, puisque l'idée d'un président fort dans sa représentativité trouve son origine en milieu aouniste, loin du cercle des candidats faibles et manquant de popularité et de représentativité parlementaire. Il est vrai, souligne le chef du CPL, que le poids populaire et parlementaire de Sleiman Frangié n'est pas du niveau de celui du général Michel Aoun, mais il reste nettement meilleur que celui des présidents de la République de l'après-Taëf, qui étaient faibles car démunis de force populaire.
Selon Gebran Bassil, même si M. Frangié a affirmé qu'il était « plus que jamais candidat », lors de son entretien télévisé à la LBCI, il continue de réaffirmer devant les personnalités qu'il reçoit qu'il n'est pas candidat tant que le général Michel Aoun maintient sa candidature à la présidence de la République.
Le chef du CPL s'étonne par ailleurs des rumeurs colportées dans certains milieux politiques, selon lesquelles il aurait fait attendre le leader des Marada durant dix minutes lors d'une rencontre à son domicile à Batroun avant le début de leur réunion. M. Bassil précise qu'il ne s'agit pas de la première rencontre entre les deux hommes à ce domicile et que lui-même s'est déjà rendu une cinquantaine de fois à Bnechii. Il s'avère en fait que ce que l'on reproche au chef de la diplomatie est de ne s'être pas précipité pour accueillir son hôte avant son entrée, lui qui est le concurrent du général Aoun à la présidence, qu'il n'a d'ailleurs pas hésité à critiquer pour « la stérilité » de sa candidature.
Il reste que, selon des diplomates occidentaux, les obstacles qui entravent désormais l'élection d'un président s'accumulent : il y avait le binôme Aoun-Geagea, auquel est venu maintenant s'ajouter Sleiman Frangié. Les diplomates des pays du G5 constatent ainsi un certain recul de la tendance Frangié, notamment à la suite du soutien que lui a apporté le chef du courant du Futur, Saad Hariri, quand bien même ce dernier est venu à bout des réserves de nombre de personnalités de son bloc politique. La porte de sortie pour tous a été l'usage de la formule « contacts politiques » plutôt que celle d' « initiative » visant à combler le vide présidentiel. Ce changement de formulation viserait à satisfaire le président des Forces libanaises, Samir Geagea, pour qui la rencontre Frangié-Hariri à Paris a constitué une sorte d'insurrection contre le 14 Mars. Mais il prouve que l'affaire n'est pas dans la poche. Une autre preuve serait les positions exprimées par divers pôles du Futur (selon lesquels il faudrait préserver l'esprit du 14 Mars), ou encore l'attitude du Hezbollah qui ne voudrait pas soutenir le ticket Frangié-Hariri pour de multiples considérations, notamment le fait de savoir quelle sera l'attitude du chef du courant du Futur sur deux questions-clefs : la loi électorale et la morphologie du nouveau cabinet (sans oublier les nominations militaires et diplomatiques).
Par ailleurs, le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a échoué dans son entreprise de réunir à nouveau les quatre pôles maronites pour étudier l'initiative Hariri. Sleiman Frangié, qui s'est rendu à Bkerké la semaine dernière loin du feu des projecteurs, aurait refusé de prendre part à une telle réunion dans la mesure où il ne s'attend pas à ce que les autres pôles respectent leurs engagements. Michel Aoun et Samir Geagea ont, pour leur part, boudé Bkerké cette année, à Noël, pour exprimer leur insatisfaction vis-à-vis du soutien de Mgr Raï à la candidature de Sleiman Frangié lors de son retour du Caire.
En résumé, tout le monde attend le retour du chargé d'affaires américain par intérim, Richard Jones, qui reviendra avec de nouvelles directives concernant la présidentielle, directives que l'Arabie saoudite attendrait également.


Pour le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, l'option Sleiman Frangié à la présidence de la République prouve que les thèses du Courant patriotique libre (CPL) ont fait leur chemin et prouvé leur force, puisque l'idée d'un président fort dans sa représentativité trouve son origine en milieu aouniste, loin du cercle des candidats faibles et manquant de popularité et de...

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