Les protestataires devant le siège du Conseil constitutionnel. Photo Ani
À l'instar de la loi sur l'octroi de la nationalité aux enfants, la loi récemment adoptée sur le recouvrement de la nationalité par des émigrés d'origine libanaise prive les femmes de ce droit, qu'elle octroie uniquement aux hommes. Afin de dénoncer ce nouvel exemple de discrimination, le Collectif pour la recherche, le développement et la formation (CRTDA), principal moteur de la campagne « Ma nationalité, un droit pour moi et ma famille », et l'Agenda légal, se sont rendus hier au siège du Conseil constitutionnel à Hadeth pour présenter un mémorandum demandant le respect de l'égalité homme-femme dans cette nouvelle loi.
« Le Conseil constitutionnel a déjà été saisi par le Parti socialiste progressiste (PSP), qui considère que cette loi est anticonstitutionnelle du fait qu'elle exclut les pays de l'ancien empire ottoman, explique Lina Abou Habib. En tant qu'associations civiles, nous n'avons pas un statut qui nous permet de présenter un recours officiel. Nous avons voulu que ce mémorandum soit ajouté à l'examen du recours du PSP par le Conseil constitutionnel, afin de marquer le fait que cette loi est discriminatoire à d'autres égards. »
Elle précise que le greffier du Conseil n'a pas accepté de prendre officiellement acte du mémorandum, car il considère qu'il n'y a pas de cadre légal lui permettant de le faire. « Nous annonçons donc notre démarche dans les médias, dans l'espoir que le paramètre que nous avons soulevé, celui de l'égalité homme-femme, sera pris en compte dans l'examen de cette loi », dit-elle.
Qu'espère le collectif de cette démarche, sachant que la loi, à l'origine, n'assure pas cette égalité ? « Ce serait la première fois que le Conseil constitutionnel examinerait une loi sous cet angle, comme l'a souligné l'avocat Nizar Saghieh, de l'Agenda légal, répond Lina Abou Habib. Nous comptons sur une décision historique. »
Plusieurs femmes ont observé un sit-in au même moment, devant le siège du Conseil constitutionnel, pour revendiquer le droit des Libanaises à octroyer leur nationalité.


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