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Nos lecteurs ont la parole - Sylvain Thomas

Témoignage vécu sur une violence conjugale fatale

En février 2015, dans le voisinage d'une famille d'une région déterminée du Grand Beyrouth, un écho de propos violents vole à travers les fenêtres intérieures du énième étage d'un immeuble. Un couple de mariés s'échange des invectives. Le couple a quatre enfants en bas âge, allant de trois à huit ans. La mère est enceinte de son cinquième enfant, à son quatrième mois. Les voisins de palier racontent qu'ils entendaient souvent des vociférations émanant de l'appartement du couple. Un habitant logé à l'étage supérieur du même immeuble apprend le lendemain que madame D.E. a trébuché dans sa chambre à coucher et qu'elle a été transportée la veille à l'hôpital « X ».
Ayant des liens de bon voisinage avec cette voisine, fort belle aux yeux vert gris et à l'allure très féminine, mais qui cache un caractère au tempérament fort, le voisin court acheter un bouquet de fleurs, durant ce mois de février glacial, entre dans l'hôpital « X », s'enquiert du numéro de la chambre de Mme D.E. et arrive en apercevant deux dames devant son lit ; manifestement, c'étaient les belles-sœurs qui étaient présentes et avaient l'air de surveiller le va-et-vient de ce qui se passait dans cette chambre d'hôpital. Une fois à l'intérieur, il aperçoit Mme D.E. le corps allongé sur le côté, la face contre le mur, ce qui laissait présager qu'elle n'appréciait guère la présence des deux autres personnes. L'appelant de son prénom, elle se retourna vers le bon côté et sourit modestement au vu de cette visite impromptue.
Une chose frappante traversa l'esprit du visiteur. Comment cette dame était-elle tombée, alors qu'il apercevait un œil au beurre noir comme dans les matchs de boxe ? Faisant semblant d'ignorer ce dilemme, il lui fit des compliments en lui souhaitant un prompt rétablissement. La visite ne dura que quelques minutes – à vrai dire – les belles-sœurs étant là, Mme D.E. ne révéla rien sur cet incident passé qui lui causa une fausse-couche. Puis une fois remise sur pieds, elle reprit discrètement ses activités à son domicile et le voisin apprit plus tard qu'une rixe avait opposé la belle dame à son conjoint cette nuit-là. Celui-ci utilisa la violence comme arme de persuasion, il frappa trop fort au visage, sur la tête et au bas-ventre. Résultats : elle eut un traumatisme crânien, perdit connaissance et perdit son fœtus à l'hôpital.
Au cours des semaines et des mois qui suivirent, l'épouse, par noblesse, couvrit le mari et garda le silence. Un silence qui pèse si lourd chez les épouses orientales inclinées à ne pas faire de scandales. L'époux avait atteint les quarante-sept ans et le démon du midi s'empara de lui. Il ouvrit une procédure de divorce pour se débarrasser de son épouse. Entre-temps, depuis trois ans, il entretenait une liaison adultère et offrit à sa compagne un chalet, dans les environs du Kesrouan, et une voiture. Et chaque jour, au lieu de rentrer voir sa famille, il prenait le chemin du Kesrouan.
Le procès ayant commencé ses assises au barreau. La pauvre épouse ne savait pas où donner de la tête. Privée d'argent et de sécurité, elle dut, à son tour, prendre un avocat et faire volte-face pour défendre son honneur. Au tribunal, monsieur affirmait que son épouse était tombée par terre et qu'il n'avait pas mis les mains sur elle. Évidemment, les disputes sont choses courantes dans les familles. À la question qu'on lui posait, à savoir pourquoi il ne rentrait pas chez lui la nuit, il répondit qu'il passait ses soirées chez sa mère.
Mais la partie adverse mit tous ses moyens pour arriver à la vérité et elle finit par filmer ses allées et ses venues, la résidence secondaire de sa compagne puis les deux tourtereaux se promenant allègrement en voiture et fréquentant le soir des restaurants chics. Une fois mis devant l'évidence, il reconnut avoir une amie, un point c'est tout. Mais le pot aux roses n'était pas encore découvert. Le gynécologue de l'épouse, au surlendemain de la fausse-couche, l'avait priée de le laisser prendre des clichés photographiques d'elle et de son bas-ventre rempli de bleus et de contusions en lui disant qu'il garderait ceci secret.
Les séances au tribunal se sont répétées sans que l'époux ne reconnût quoi que ce soit. Finalement, les clichés photographiques furent présentés au magistrat par l'avocat et l'époux resta bouche-bée. Il fut « ipso facto » accusé d'infanticide et de violence sur femme, et fut conduit en prison pour purger dans un premier temps six mois de détention en attendant à terme une plus longue condamnation. Une assistante sociale fut désignée par le tribunal pour expliquer aux enfants aînés le drame et le pourquoi de l'absence permanent du père.
La violence contre les femmes est définie et condamnée par l'Assemblée générale des Nations unies, comme tous les actes de violence dirigés contre le sexe féminin, comme un délit grave qui mérite punition et condamnation, et surtout pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, voire la mort et y compris la menace de tels actes par la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou privée.
Les États ont aussi l'obligation de s'assurer que ces droits se concrétisent dans la vie pratique des citoyens, aussi bien en termes de sanctions à l'égard des auteurs que d'actions de prévention et, enfin, en termes de réparation aux victimes.

En février 2015, dans le voisinage d'une famille d'une région déterminée du Grand Beyrouth, un écho de propos violents vole à travers les fenêtres intérieures du énième étage d'un immeuble. Un couple de mariés s'échange des invectives. Le couple a quatre enfants en bas âge, allant de trois à huit ans. La mère est enceinte de son cinquième enfant, à son quatrième mois. Les voisins de palier racontent qu'ils entendaient souvent des vociférations émanant de l'appartement du couple. Un habitant logé à l'étage supérieur du même immeuble apprend le lendemain que madame D.E. a trébuché dans sa chambre à coucher et qu'elle a été transportée la veille à l'hôpital « X ».Ayant des liens de bon voisinage avec cette voisine, fort belle aux yeux vert gris et à l'allure très féminine, mais qui cache un...
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DE TELS CRIMINELS DOIVENT ÊTRE LIVRÉS AU PEUPLE POUR QUE VRAIE JUSTICE SOIT FAITE...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

10 h 49, le 17 décembre 2015

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Commentaires (1)

  • DE TELS CRIMINELS DOIVENT ÊTRE LIVRÉS AU PEUPLE POUR QUE VRAIE JUSTICE SOIT FAITE...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 49, le 17 décembre 2015

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