Le dîner d’adieu chez les Salam en l’honneur d’Antoine Chedid.
« C'est l'heure du départ. Nous retournons avec grand plaisir au Liban, la conscience tranquille, et en même temps ce n'est pas une fin en soi. C'est le début de nombreuses actions. » Ainsi s'exprime l'ambassadeur du Liban à Washington Antoine Chedid qui, après vingt-sept ans passés aux États-Unis, complète une « riche carrière diplomatique à Washington, Los Angeles, New York, et Washington ». Ayant acquis une grande expertise et l'art parfait de la diplomatie tranquille en dépit des embûches « d'un pays divisé », Antoine Chedid laisse derrière lui une importante vacance au poste d'ambassadeur du Liban. Sa présence américaine de longue date a permis au diplomate et à son épouse Nicole de tisser de « grandes amitiés », à tous les niveaux, « amitiés qu'ils retrouveront sûrement lors de leurs prochaines visites aux États-Unis ».
À cette occasion, le représentant permanent du Liban à l'Onu, Nawaf Salam, et son épouse Sahar ont organisé un dîner d'adieu en leur résidence à New York, autour d'une vingtaine d'amis communs. « Ce sont nos invités et les invités d'Antoine et Nicole Chedid qui sont rassemblés ici », a déclaré Nawaf Salam en levant le toast de l'amitié. Étaient notamment présents Ray et Carmen Debbané, Joe et Claude Audi, le Dr Paul et Barbara Khoury, le Dr Jacques et Randa Tohmé, le Dr Rachid et Roula Baddoura, Bud et Sylviane Zéhil, Karim Tabet, Carla Chammas et Georges Antoine Chedid.
« L'homme qu'il faut à la place qu'il faut »
S'exprimant en arabe, l'ambassadeur Nawaf Salam note avec humour que Nicole et Antoine Chedid ne quittent pas vraiment les États-Unis, « ils quittent ce qui est devenu mon troisième métier, la diplomatie ». « C'est la troisième vacance diplomatique libanaise importante », estime-t-il avec préoccupation. Nawaf Salam salue la « bonne coordination de pensée » qui a toujours existé dans leurs relations professionnelles respectives, en tant que diplomates aux USA.
« Ce qui est important, c'est qu'il n'est pas habituel de trouver l'homme qu'il faut à la place qu'il faut », estime-t-il. « Je pense que le meilleur choix que la diplomatie libanaise ait fait a été la nomination d'Antoine Chedid à Washington. Ils ont la meilleure expertise de l'Amérique. Aucun diplomate libanais n'a pu connaître les États-Unis de manière aussi profonde. Ce qui est un avantage pour le Liban », note-t-il.
Poursuivant sur sa lancée, Nawaf Salam livre les « impressions communes » sur la difficulté de mener à bien leur tâche. « Le métier de diplomate n'est pas une sinécure dans un pays divisé. Car il faut pouvoir conserver une grande partie de nos convictions, tenir compte d'un grand nombre de conflits internes et afficher une image sans faille », observe-t-il avec réalisme. « Le Liban est présent et nous le représentons. C'est un peu comme si l'on se maquillait tous les matins pour cacher ses défauts ! » lance-t-il.
« Antoine Chedid a réussi plus que moi dans ce domaine », juge-t-il avec humour. « Nous représentons tous les deux le Liban et la présence du Liban. Il a l'expertise. Il sait faire face à la difficulté de sa responsabilité. C'est une tâche très difficile », répète-t-il à l'envi. « Ayant su être à la hauteur, l'ambassadeur Chedid compte parmi les meilleurs diplomates de carrière », assure-t-il, avant d'ajouter : « Il quitte l'Amérique à un moment où le destin du Liban a bien plus besoin de lui qu'il y a huit ans. »
« Le très difficile Liban »
Saluant « la longue amitié » qui le lie à Nawaf Salam, Antoine Chedid relève la profonde coopération et le dialogue constant sur la manière d'utiliser ce « maquillage ». C'est avec subtilité qu'il décrit la « différence » de leurs carrières diplomatiques, à l'Onu et à Washington. « À l'Onu, le vote se fait en levant le doigt. Le monde observe la direction du vote, à droite ou à gauche. À Washington, cela se passe entre quatre murs. Je peux vous dire que ce n'était pas simple du tout », assure-t-il. « Le Liban est un pays très difficile, sa situation actuelle est bien plus difficile qu'auparavant. Rien ne marche. C'est là où résident le danger et la délicatesse sur la manière de procéder. Il faut créer une crédibilité constante en sachant à quel moment lever la voix. Dans la situation actuelle délicate, Nawaf Salam a su jouer avec minutie et professionnalisme au niveau des Nations unies», observe-t-il.
Un pan de l'histoire de leur carrière commune défile sous les yeux de l'ambassadeur Chedid qui « se souvient » de la vacance présidentielle en 2007. « On s'est habitué à arranger les choses, dit-il. Nawaf Salam et moi-même avons passé par des périodes auxquelles la fonction de représentants du Liban ne nous avait pas préparés. À aucun moment et d'aucune manière, nous ne nous sommes écartés de la ligne politique dans laquelle nous opérions. Nous avons dû utiliser notre don de diplomate, si l'on peut dire », ajoute-t-il.
Après avoir salué Sahar Baassiri Salam pour avoir joué un rôle pivot, « épine dorsale de la présence de son époux à New York », Antoine Chedid a conclu à l'adresse du représentant du Liban: « Nawaf, ton nom est très grand. Tu étais Nawaf Salam avant d'occuper le poste de diplomate. Il le restera. L'important, c'est d'avoir un objectif dans la situation politique dans laquelle vit le pays. Je suis fier de ton amitié et de notre partenariat. »
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