La grande religion du désert constitue-t-elle une variance « civilisationnelle » et donc une menace pour le monde occidental ? Pour répondre à cette pertinente question, il faudrait revenir aux racines de l'islam. Il serait apparu à n'importe quel historien vivant au début du septième siècle qu'une seule menace existait face au christianisme conquérant : l'arianisme. Selon cette « hérésie », le Fils n'est pas de la même nature que le Père, incréé et éternel, alors que Jésus est créé et temporel. Si le Fils témoigne du Père, il n'est pas Dieu, et si le Fils possède un certain degré de divinité, elle est de moindre importance que celle du Père. Pour Arius, Dieu seul est éternel : le Fils et l'Esprit ont été créés. Les ariens (ainsi que les musulmans) ne professent donc pas la consubstantialité (et renient donc la Trinité), adoptée ultérieurement par les Églises.
C'est à ce moment précis, autour de l'an 624 de notre ère, où apparemment le christianisme régnait sans égal sur les deux côtes de la Méditerranée, qu'un tremblement de terre d'une magnitude inégalée secoua ses fondements. L'islam apparut soudainement. Il sortit du désert et détruisit de ce fait même la moitié du monde chrétien.
La première tentative sérieuse pour récupérer la côte orientale de la Méditerranée se matérialisa avec les croisades. Elles furent lancées suite à l'interdiction de pèlerinage faite aux chrétiens par les Turcs seldjoukides en 1071 quand ils prirent Jérusalem aux Arabes. L'échec du siège de Damas en juillet 1147 sonnait le glas de la défaite éminente des croisés. La chute de Constantinople en 1453 tourna la page sur la présence chrétienne dans tout le Proche-Orient. Le siège de Vienne de 1529 constitua l'ultime poussée des armées mahométanes qui mit en péril l'existence même de la civilisation occidentale. En effet, l'islam constitue-t-il une civilisation différente, voire antioccidentale ?
Afin de répondre à cette épineuse question, il faut décortiquer le sujet. Au niveau de la foi, les musulmans de même que les chrétiens croient en un Dieu unique, au dernier jugement et dans la dichotomie du bien et du mal. Je dirais qu'au niveau de la croyance théologique, le wahhabisme a beaucoup de ressemblances et d'apartés avec le protestantisme. Donc, nous pouvons affirmer qu'il n'existe pas de différence fondamentale dans les deux croyances. Sachant que la relation idéologique de l'islam avec l'athéisme (le cas de la France actuelle) est une autre paire de manches.
Qu'en est-il du système de gouvernance du califat ? Sur le plan religieux, il faut admettre que les deux empires arabes, sous les dynasties des Omeyyades et des Abbassides, étaient tolérants (vu les mœurs de l'époque) vis-à-vis des chrétiens d'Orient. Nous pouvons même dire que les chrétiens damasquins accueillirent à bras ouverts les conquérants arabes, et ce pour de multiples raisons. Sur le plan « civilisationnel », ce sont ces deux califats arabes qui ont fait perdurer toute la pensée philosophique grecque, la culture romaine, et permirent l'émergence de la littérature et des sciences. Bagdad était à Paris ce qu'est aujourd'hui New York à Kaboul. Donc nous pouvons affirmer dans ce contexte historique qu'il n'y a pas une divergence « civilisationnelle », un antagonisme entre l'Islam arabe et l'Occident. Là où nous constatons un clivage violent et tectonique entre les deux religions-civilisations, c'est avec l'apparition de l'islam asiatique. Or, que veut-on dire par cette formulation ?
L'apparition de hordes mongoles dans les steppes de l'Asie fut à la civilisation de l'époque ce que fut la peste à la santé publique. De la Chine jusqu'à Bagdad, l'État mongol régnait par la terreur et la destruction. Avec l'influence du derviche Saïf ud-Din, de la région de Khwarezm, c'est le petit-fils de Gengis Khan, Berké, qui se convertit à l'islam. Plus tard, le sultan mamelouk Baybars joua un rôle important pour amener à l'islam de nombreux Mongols de la Horde d'or. En 1330, trois des quatre principaux khanats de l'Empire mongol étaient devenus musulmans : la Horde d'or à l'ouest, les Ilkhanides au sud-ouest et le khanat de Djaghataï au centre de l'empire. Les Seldjoukides et les Turcs sont des Mongols. En effet, le terme turco-mongol rend compte du haut degré de mélange de ces deux familles de peuples et de langues, au départ voisines et originaires de l'Asie du Nord-Est. Bien que les langues turques et les langues mongoles soient considérées comme deux branches de la famille des langues altaïques, un abondant stock de vocabulaire commun ou très voisin fait qu'il est souvent difficile de déterminer l'origine turque ou mongole des mots concernés.
Quant aux peuples turc et seldjoukide, ils constituèrent une bonne partie des armées mongoles et contribuèrent aux victoires de Gengis Khan. Tamerlan était issu d'un clan mongol installé en Transoxiane, une région de langue turque également influencée par la culture persane. Dans son cas, le terme d'empereur turco-mongol est particulièrement adapté. Ce sont ces mêmes Turco-Mongols qui provoquèrent les croisades en interdisant le pèlerinage aux terres saintes que les Arabes avaient préservé, qui prirent et anéantirent Constantinople, qui perpétrèrent les génocides contre le peuple arménien et autres peuplades chrétiennes, qui assiégèrent Vienne, qui fondèrent l'émirat des talibans et qui, de nos jours, constituent l'épine dorsale de l'État islamique. L'Occident, par son intervention militaire féroce dans la région du Levant, a permis à l'islam asiatique de prendre le dessus sur l'islam arabe. En commettant cette bavure, les Occidentaux ont ouvert les portes de l'enfer.
Peter GERMANOS


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
LES RELIGIONS... LES OPIUMS QUI ENIVRENT LES PEUPLES JUSQU'À LEUR FAIRE PERDRE LEURS SENS ET LEUR HUMANITÉ !
09 h 49, le 11 décembre 2015