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Nos lecteurs ont la parole - Nicolas Moughabghab

Qui suis-je ?

Les attentats du vendredi 13 novembre à Paris resteront désormais dans l'esprit de tous et de chacun. Ces malheureux événements ont touché le monde entier, le monde occidental et le monde libre.
Je suis né au Canada de père libanais et de mère syrienne de confession chrétienne, et je sens une certaine injustice mondiale de notre société canadienne, de notre société occidentale et de nos médias dans les réactions, comme si l'on appliquait – inconsciemment ou sciemment ? – la politique des deux poids deux mesures.
Jeudi 12 novembre avait eu lieu un attentat au Liban, revendiqué par Daech, qui a tué 41 personnes et blessé 181 autres. En avons-nous parlé ? Presque pas, pour ne pas dire pas du tout. Quelques articles seulement, par-ci, par-là. Les drapeaux ont-ils été mis en berne ? Non ! Aurait-il fallu qu'il y ait 100 morts libanais de plus pour les mettre en berne. Je ne suis pas en train de minimiser la gravité des attaques de Paris par rapport aux attentats du Liban, mais je ne fais que déplorer le cheminement du jugement de la société occidentale. Je déplore quoi ? Je déplore que la vie d'un Français, d'un Canadien, d'un Américain, d'un Occidental soit considérée visiblement par nous tous plus importante que la vie d'un Libanais, d'un Ivoirien, d'un Somalien ou d'un Malien. Est-ce que nous devons comprendre que ces pauvre gens ne méritent pas l'attention médiatique autant que nous, occidentaux, le méritons ? Est-ce parce qu'en Syrie mourir est devenu « normal » selon notre société que nous devons les oublier ?
Inconsciemment, sans même le remarquer, nous prenons moins en considération la vie humaine d'un pauvre que d'un riche. Pourquoi la recherche d'un médicament contre le virus d'Ebola n'a démarré que lorsqu'un citoyen américain a été contaminé et non pas avant, quand des centaines d'Africains avaient déjà été touchés ? Pourquoi n'investissons-nous pas, y compris de notre propre argent, pour nourrir les familles souffrant de famine en Afrique, plutôt que de consacrer des budgets entiers aux projets d'armements ? Nous aurions sauvé plusieurs millions de jeunes dans le besoin. Mais nourrir les pauvres ne nous enrichit pas, alors nous choisissons le commerce des armes et nous laissons mourir les pauvres. C'est tout ceci que je déplore et que je continuerai à
déplorer.
Est-ce que je suis canadien ? Est-ce que je suis Charlie ? Est-ce que je suis Paris ? Est-ce que je suis Liban ? Est-ce que je suis syrien ? Pour ma part, je ne suis ni Charlie ni Paris. Je suis la liberté, je suis la démocratie, je suis la paix. Je suis évidemment contre le terrorisme, contre les radicaux et contre toute forme de violence.

Nicolas MOUGHABGHAB

Les attentats du vendredi 13 novembre à Paris resteront désormais dans l'esprit de tous et de chacun. Ces malheureux événements ont touché le monde entier, le monde occidental et le monde libre.Je suis né au Canada de père libanais et de mère syrienne de confession chrétienne, et je sens une certaine injustice mondiale de notre société canadienne, de notre société occidentale et de nos médias dans les réactions, comme si l'on appliquait – inconsciemment ou sciemment ? – la politique des deux poids deux mesures.Jeudi 12 novembre avait eu lieu un attentat au Liban, revendiqué par Daech, qui a tué 41 personnes et blessé 181 autres. En avons-nous parlé ? Presque pas, pour ne pas dire pas du tout. Quelques articles seulement, par-ci, par-là. Les drapeaux ont-ils été mis en berne ? Non ! Aurait-il fallu qu'il y ait...
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