Mahmoud Tabikh, père du capitaine Ahmad Tabikh, tombé dans la bataille contre des terroristes en janvier dernier, dans le jurd de Ras Baalbeck, et l’avocat, Youssef Raphaël. Photo Ani
Les parents des militaires tombés à Ras Baalbeck et Ersal ont dénoncé hier, au cours d'une conférence de presse, « le marché » qui a mené à la libération des 16 soldats et policiers aux mains d'al-Nosra, et les conséquences qui s'ensuivent. « Dire que le Front al-Nosra est devenu modéré et bon est une honte », a martelé le père du capitaine Ahmad Mahmoud Tabikh, tué le 23 janvier 2015, lors d'affrontements avec des éléments armés dans le jurd de Ras Baalbeck. « Est-on en train de dire qu'un terroriste est devenu bon, du jour au lendemain ? » a-t-il demandé, affirmant que « les terroristes ne font pas la différence entre les communautés et accusent tout le monde d'être mécréant ».
Mahmoud Tabikh, lui-même retraité de l'armée, a montré du doigt l'accord qui a permis l'ouverture des voies d'approvisionnement du Front al-Nosra pour une période de deux mois. « Celui qui a tué mon fils, et qui a fait de sa fille une orpheline, peut aujourd'hui recevoir des provisions sous prétexte qu'il y a un camp de réfugiés. Et pourtant, le ministre de l'Intérieur avait insisté, il y a quelque temps, sur la nécessité de déplacer les camps de réfugiés de Ersal », a-t-il regretté. M. Tabikh n'a pas manqué de demander pourquoi ces camps n'ont toujours pas été déplacés. Et pourtant, ils ne sont rien d'autre qu'une « base logistique pour les hommes armés qui viennent s'y réfugier (...) mais aussi boire et manger ».
Le porte-parole des familles de militaires tués est formel. « Ce qui s'est déroulé n'est pas un accord », a-t-il assuré, invitant l'armée à « ne pas s'y conformer ». Et de regretter que « les groupes armés aient assuré leur hiver, alors que les familles des martyrs de l'armée n'ont pas de mazout pour l'hiver ». « La région est sûre pour eux, mais pour nous, c'est l'insécurité », a-t-il encore déploré, dénonçant le fait que les combattants ont aujourd'hui l'autorisation de hisser les drapeaux d'al-Nosra. « Cela porte atteinte à notre souveraineté et à nos martyrs », a-t-il dit.


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