Le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, a exhorté hier le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, à revenir sur sa décision de rompre le contrat entre son ministère et l'hôpital du centre médical Youssef (Akkar), indiquant qu'une enquête menée par le syndicat a montré que la direction de l'établissement hospitalier n'avait pas fait preuve de négligence lorsque le jeune accidenté, Khodr Abdel Magid, s'était présenté à ses portes.
Les faits remontent au 23 novembre dernier, lorsque Khodr était arrivé à bord d'une ambulance de la Croix-Rouge devant les urgences de l'hôpital, souffrant d'une forte hémorragie cérébrale. Selon la version des parents de la victime, reprise par M. Bou Faour, le préposé aux urgences avait refusé de le laisser entrer parce qu'il n'avait pas l'argent nécessaire pour être admis, ce qui avait généré une discussion de plusieurs minutes entre la famille et l'urgentiste, au terme desquelles le cœur du malheureux s'est arrêté de battre.
Sleiman Haroun, qui a évoqué cette affaire au cours d'une conférence de presse tenue au siège du syndicat des hôpitaux, a affirmé que les allégations avancées par les parents du défunt sont fausses. Il s'est appuyé sur des échanges téléphoniques entre le responsable des urgences et l'équipe de la Croix-Rouge, enregistrés au moment où l'ambulance est arrivée à l'hôpital, ainsi que sur des caméras de surveillance. « Les enregistrements ont prouvé que l'urgentiste a informé le membre de la Croix-Rouge qu'il n'y avait aucune place aux soins intensifs », a affirmé M. Haroun, indiquant que « le médecin de permanence a toutefois examiné le malade à l'intérieur de l'ambulance, proposant aux membres de sa famille de le secourir dans le cadre du service des urgences en attendant qu'il soit transporté à un autre hôpital, mais ces derniers ont refusé ».
À la lumière de ces clarifications, M. Haroun a demandé au ministre de la Santé de retirer sa sanction, d'autant que « l'hôpital est le seul de la région à compter un centre de traitement des maladies cancéreuses, ainsi qu'une unité consacrée au cathétérisme et à la coronographie », estimant en tout état de cause que « le dossier devrait être tranché par la justice ».
Le président du syndicat des hôpitaux s'est plus généralement penché sur le règlement sanitaire et les raisons de la fréquence des incidents qui surviennent aux portes des urgences des établissements hospitaliers. Il a critiqué dans ce cadre le décret du 30/10/2006 qui stipule que l'ambulance prenant en charge un malade ou un blessé doit impérativement le transporter à l'hôpital le plus proche, sans coordination préalable et sans s'assurer si ledit hôpital est en mesure d'offrir un traitement adéquat. « Un plan complet devrait être établi pour remédier aux difficultés auxquelles font face les hôpitaux, notamment le manque de capacités matérielles et humaines au niveau des services des urgences et des soins intensifs », a déclaré M. Haroun, proposant également la mise en place par le ministère de la Santé de centres répartis dans toutes les régions, qui seraient en charge d'assurer un contact permanent avec les hôpitaux pour orienter les cas urgents selon leur degré de gravité, ainsi que les capacités et les disponibilités desdits hôpitaux.
Liban - Santé
Haroun exhorte Bou Faour à revenir sur ses mesures contre l’hôpital Youssef
OLJ / le 08 décembre 2015 à 00h00


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