L’ambassadeur saoudien Ali Awad Assiri reçu par Samy Gemayel à Bickfaya.
L'Arabie saoudite n'intervient pas dans les détails de la vie politique libanaise mais considère que le compromis présidentiel en gestation actuellement est « libano-libanais », encourageant un dialogue interchrétien urgent, « parce qu'elle est soucieuse qu'il y ait un rôle pour les chrétiens dans ce scénario ».
C'est, en substance, ce qu'a déclaré hier l'ambassadeur d'Arabie saoudite, Ali Awad Assiri, à l'issue d'un entretien à Bickfaya avec le président du parti Kataëb, Samy Gemayel, en présence du ministre du Travail, Sejaan Azzi.
Cette visite s'inscrit dans le cadre des contacts autour du compromis présidentiel dont les contours ont commencé à se préciser depuis les informations sur un entretien entre l'ancien Premier ministre Saad Hariri et le chef des Marada, Sleimane Frangié, à Paris. L'ambassadeur a, plus d'une fois, insisté sur l'urgence de trouver une solution à la crise présidentielle, étant donné les « circonstances exceptionnelles que traverse la région ».
Au terme de son entretien avec M. Gemayel, dans le domicile de ce dernier, M. Assiri a déclaré « partager les inquiétudes du parti Kataëb », mais a plaidé « pour un dialogue interchrétien urgent et constructif ». « Nous aimerions constater des solutions rapides parce que les circonstances que traverse la région sont exceptionnelles », a-t-il dit.
En réponse à une question sur l'implication de l'Arabie saoudite dans ce compromis, M. Assiri a dit : « Le choix d'un président est libanais en premier lieu, et chrétien en particulier, et par conséquent nous ne proposons pas de noms. » « Notre rôle est d'encourager les parties à se réunir et à s'entendre sur des points communs, que ce choix porte sur la personne de leur choix ou sur celle d'un remplaçant », a-t-il ajouté. Il a souligné que « l'Arabie saoudite bénit ce compromis qui est libano-libanais, surtout qu'elle est soucieuse qu'il y ait un rôle chrétien dans ce scénario ».
L'urgence était le maître-mot de l'intervention de l'ambassadeur, qui ne semblait guère soucieux de voiler ses messages de mise en garde aux Libanais, aux chrétiens en particulier. « Nous sommes pressés de voir la crise présidentielle réglée au Liban parce que nous sentons qu'il y aura des développements négatifs dans la région, particulièrement en Syrie, qui auront à leur tour un impact négatif sur le Liban, a-t-il dit, en réponse à une question. Voilà pourquoi nous aimerions voir le Liban renforcé par une élection présidentielle rapide, qui s'inscrira dans le cadre d'une entente libano-libanaise, ayant une incidence positive sur le pays. » Devant l'insistance des journalistes, il a ajouté : « Le chaos n'est pas dans l'intérêt du Liban, nous sommes inquiets de la durée de la vacance présidentielle. »
En réponse à une question sur le choix du candidat, un ami personnel du président syrien Bachar el-Assad, M. Assiri a souligné que « le royaume ne s'ingère pas dans les tiraillements entre les camps du 8 et du 14 Mars », et qu'il « fait la différence entre la présidentielle et les amitiés personnelles ». Il a confirmé qu'il n'a « pas d'objection à rencontrer Sleimane Frangié ».
Présentant ses vœux aux Libanais à l'occasion de la prochaine saison des fêtes, M. Assiri a espéré que « l'élection présidentielle aura lieu bientôt, que le Liban connaîtra un nouvel essor et que les touristes y afflueront de nouveau ».


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Ca lui a pris quand même 1 an et demi pour comprendre l'urgence du dialogue interchrètien ! A moins que l'urgence se soit invitée chez lui , après ses déboires en Syrie , au Yémen et au Liban !
20 h 33, le 04 décembre 2015