Poursuivant sa croisade contre les hôpitaux qui ne se conforment pas aux clauses des contrats conclus avec le ministère de la Santé, le ministre de la Santé Waël Bou Faour a pris hier la décision de rompre le contrat entre son ministère et l'hôpital du Centre médical Youssef (Akkar), qui avait refusé d'accueillir, le 23 novembre dernier, une personne accidentée dont l'état nécessitait des secours d'urgence.
M. Bou Faour, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse tenue à son bureau, a décidé d'assigner le directeur de l'hôpital devant la cour d'appel pour les besoins de l'enquête relative au décès du jeune accidenté, Khodr Abdel Magid.
« Il est inadmissible qu'un Libanais meure aux portes d'un hôpital parce qu'il n'a pas l'argent nécessaire pour y entrer », s'est indigné M. Bou Faour, soulignant que « la situation financière d'un individu ne peut en aucun cas constituer une excuse pour refuser de le traiter ».
Réfutant les allégations des responsables de l'établissement hospitalier selon lesquelles « aucune chambre n'était disponible », mais que Abdel Magid « avait été admis aux urgences », M. Bou Faour a fait état du rapport du ministère de la Santé qui a relaté les faits comme suit : « Le 23 novembre, à 17h20, Khodr Abdel Magid est arrivé à l'hôpital Youssef à bord d'une ambulance de la Croix-Rouge, souffrant d'une forte hémorragie cérébrale. Le préposé aux urgences a refusé de le laisser entrer, ce qui a généré des discussions qui se sont prolongées durant 25 minutes, au bout desquelles le cœur d'Abdel Magid s'est arrêté de battre. »
« Le malheureux a été alors transporté à l'hôpital Rahal, mais il était déjà trop tard, Khodr ayant succombé à ses blessures », ajoute le rapport. Et le ministre de conclure : « Tant que je serai à la tête de ce ministère, il est hors de question qu'un malade meure aux portes d'un hôpital en raison de sa pauvreté ou de la cupidité des gérants de l'établissement. »
Le cas Hussein Mcheik
Concernant par ailleurs l'affaire de Hussein Mcheik, l'enfant décédé en octobre dernier à l'hôpital universitaire Dar al-Amal (Békaa), le syndicat des hôpitaux a publié hier un communiqué dans lequel il a exclu l'erreur médicale qu'avait alléguée la famille de l'enfant.
« La commission des enquêtes professionnelles au sein de l'ordre des médecins, chargée par le ministre de la Santé du dossier de Hussein Mcheik, a constaté qu'aucune erreur médicale n'a été commise, tant durant l'anesthésie que pendant l'opération chirurgicale et au cours des soins intensifs », indique le syndicat, exhortant les médias à « ne pas devancer les enquêtes sur les questions de santé ».


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