Je doute fort qu'il puisse exister, dans ce monde, un pays qui se désintéresse, autant que le nôtre, de ses élites intellectuelles et scientifiques (les jeunes surtout), jusqu'au point de les pousser à émigrer, en faisant le bonheur d'autres nations, lesquelles savent apprécier et profiter de leur valeur. Au fait, ils ne sont pas les seuls à chercher un avenir ailleurs, parce que la vague d'émigration libanaise ne s'est jamais démentie, celle-là même qui englobe, surtout depuis la fin de la guerre de 1975-1990, toutes les classes et tranches d'âge de la société libanaise, aussi bien la classe aisée, que moyenne, ouvrière et pauvre, dont de brillants universitaires (qui séduisent les multinationales occidentales), ainsi que d'autres, partis dans le but de trouver un emploi ou un travail décent sous des cieux plus cléments et plus humains.
Revenant à nos élites, qui comprennent d'authentiques cracks, et malgré un environnement local triste et décourageant, j'ai été particulièrement impressionné de constater que des équipes libanaises de jeunes universitaires ont gagné de récents concours internationaux, dont l'un mettait en compétition des constructeurs de robots, en Corée du Sud, un autre qui visait (je crois) certaines performances dans le domaine électronique, à Nuremberg (Allemagne), où il semble que l'équipe libanaise ait encore gagné, parmi 36 pays et un très grand nombre d'équipes, en présentant une invention consistant en un appareil roulant, transportant une valise de voyage, qui suit automatiquement son propriétaire, et un troisième concours plus ou moins semblable, qui se serait tenu aux États-Unis, auquel des Libanais auraient également participé et gagné. Pour revenir à l'équipe libanaise ayant remporté le premier prix en Corée, celle-ci a tellement impressionné le jury, que non seulement elle a remporté le premier prix, mais pour bien marquer la performance exceptionnelle de cette dernière, le jury a accordé à l'équipe suivante, le 3e prix au lieu du 2e ? Ainsi, la seconde place est demeurée vacante, comme si on a voulu ainsi offrir, à l'équipe libanaise, les deux premières places, au lieu d'une seule, chose inédite jusque-là.
Il est désolant de constater à quel point l'Establishment politique libanais est loin du peuple, aussi bien dans ce domaine que dans beaucoup d'autres, contrairement à tout pays qui se respecte, non seulement parmi les nations contemporaines, mais même parmi celles ayant existé au Moyen Âge. Les exemples sont nombreux. En voici quelques-uns :
Du temps de la gloire de la civilisation arabe (dans laquelle l'apport de la péninsule Arabique était presque nul évidemment), donc bien avant le présent déclin, surtout celui de la décade actuelle, laquelle civilisation s'est surtout illustrée dans le sein de sa partie la plus brillante, celle propre à l'Andalousie arabe, les sultans et émirs andalous ont tellement encouragé, protégé et même choyé les intellectuels (hommes de lettres, philosophes), savants (mathématiciens, physiciens, chimistes), architectes, médecins, explorateurs, cartographes que ceux-là ont étonné le monde par leurs réalisations, à tel point que l'aristocratie et l'élite occidentale de l'époque envoyaient leurs enfants étudier la langue arabe, la philosophie, les sciences, la médecine, etc., en Andalousie. Durant cette période, la langue arabe était celle de l'élite cultivée de l'Europe, ce qui explique l'abondance des termes d'origine arabe dans les langues européennes, notamment dans la langue espagnole.
Nous avons un exemple vivant devant nous : que l'on soit pour ou contre la politique iranienne dans notre région, on ne peut toutefois ignorer l'immense progrès industriel accompli par l'Iran. Ainsi, malgré les sévères sanctions internationales ayant frappé ce pays depuis sa révolution, en 1979, jusqu'à la décision de les lever, prise il y a juste quelques mois, celui-ci a travaillé de toutes ses forces sur son évolution scientifique, à tel point qu'il a réussi à former toute une armée de milliers de savants, qui sont en train de contribuer à son essor et à son progrès technologique, industriel, militaire et économique. Entre autres, l'Iran, indépendamment de son immense progrès dans l'industrie nucléaire et le lancement de satellites artificiels dans l'espace, produit tellement d'électricité (contrairement à plusieurs pays de la région, qui en manquent cruellement), qu'il en a à revendre. Par ailleurs, il est en train de construire des usines de toutes sortes, dont des aciéries, et il poursuit sa production d'équipements militaires de pointe, dont toutes sortes de fusées de haute précision, des unités navales (vedettes rapides, destroyers, sous-marins, etc.), en quantités suffisantes, lui permettant aussi d'en exporter. C'est pour cela que les savants iraniens sont pourchassés par les espions israéliens, qui en ont assassiné quelques-uns déjà, car Israël ne peut tolérer le progrès technologique d'une nation, dont la doctrine consiste à l'éliminer.
C'est dans ce même ordre d'idées que des États, comme Israël, ainsi que plusieurs autres, consacrent d'importants budgets pour la recherche scientifique.
Sur une échelle beaucoup plus grande, pourquoi les États-Unis sont-ils les premiers du monde sur le plan du progrès technologique ?
C'est parce qu'ils encouragent, avec détermination, la recherche scientifique, et que leurs institutions et multinationales guettent la présence de tout crack ou surdoué (quelle que soit sa nationalité) s'étant fait remarquer dans leurs universités, afin de l'accaparer, en finançant éventuellement ses études, pour que, une fois diplômé, il puisse intégrer ces établissements, en mettant son génie à leur service, et, par conséquent, au service de son pays-hôte (rappelons-nous le cas du grand savant-physicien libanais Charles el-Achi, chef du programme Apollo auprès de la Nasa).
Voilà comment on peut avancer scientifiquement et technologiquement, en faisant de son pays un havre de progrès, de prospérité et de paix, c'est-à-dire tout le contraire de ce que font nos minables et irresponsables dirigeants, qui ne sont même pas foutus d'assurer la collecte des ordures ménagères. Résultat : un paysage triste, un pays défiguré, exposé aux maladies et aux épidémies (tout ce qu'il faut pour faire fuire les touristes) et une économie en déclin, frappant surtout les plus démunis (car ils sont les moins résistants, donc les plus vulnérables), etc. Dans n'importe quel autre pays normal, le peuple se serait soulevé (comme à Paris, un certain 14 juillet 1789, contre l'injustice et la misère du peuple), afin de se débarrasser de la pourriture qui le gouverne aussi malhonnêtement, l'exploite et l'opprime, sauf chez nous, où le pouvoir communautaro-politico-féodal, pour assurer la pérennité de la corruption, refuse les élections législatives libres, honnêtes et aux échéances prévues par la Constitution. Il se maintient ainsi au pouvoir à coup de décrets illégitimes d'autoprorogation.
En éloignant nos élites, nous sommes en train d'exporter ce qu'il y a de meilleur chez nous, pour le remplacer en important ce qu'il y a de pire (toutes les raisons sont bonnes pour fausser la démographie, fanatisme oblige, n'est-ce pas l'ère du jihad takfiriste ?). Jamais le Liban n'a été aussi mal loti. Nous avons atteint le fond du gouffre. Si on pouvait ressusciter Gibran Khalil Gibran, juste pour l'amener visiter le Liban, version 2015, je suis sûr qu'il souhaiterait retourner immédiatement à sa tombe.
Élie Michel NASARD


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
C'EST QU'ICI... CHER MONSIEUR... SEULS LES ÉLITES À LA BOÎTE CRÂNIENNE VIDE SONT RECHERCHÉS POUR DIRIGER ET "DIGÉRER" LE PAYS... LES ÉLITES AUX TÊTES PLEINES ON LES EXPORTE...
21 h 09, le 03 décembre 2015