L'immigration record que connaît actuellement la Suède, avec l'arrivée d'un nombre considérable de demandeurs d'asile, devrait faire monter le chômage à moyen terme, a prévenu hier le Fonds monétaire international (FMI).
« Les flux de migration croissants posent des risques de hausse du chômage (...) Le taux de chômage pourrait monter à environ 8,5 % d'ici à 2020, et rester élevé quelques années avant de baisser », a affirmé l'institution dans son rapport annuel sur l'économie suédoise. Le taux est aujourd'hui de 7,2 %, dans une conjoncture très favorable pour la Suède grâce à la vigueur de la consommation, de l'investissement et des exportations. Le FMI fonde son estimation sur le rythme actuel d'intégration des immigrés en Suède : après cinq ans dans le pays, ils sont moins de la moitié (48 %) à occuper un emploi, et après dix ans 60 %.
Cette question de l'intégration va devenir d'autant plus urgente que « parmi la population des migrants, la part des faiblement qualifiés [ceux qui n'ont pas dépassé l'école primaire] s'est élevée à 28 % en 2014, contre 17 % en 2005 ». À plus long terme, cette immigration doit dynamiser la démographie d'un pays dont les natifs ont tendance à faire de longues études, occuper des emplois qualifiés, et une espérance de vie élevée. La population active diminuerait dans les décennies à venir sans arrivées d'étrangers, et celles-ci « réduiront considérablement la hausse prévue du ratio de personnes âgées dépendantes » par rapport à celles en âge de travailler, a souligné le FMI. Pour contrer la hausse attendue du chômage, le Fonds recommande « des efforts encore plus grands pour accélérer les procédures d'obtention d'un permis de résidence, d'évaluation de la formation et de validation des compétences ».
(Source : AFP)
Économie - Suède
L’immigration menace l’emploi, selon le FMI
OLJ / le 03 décembre 2015 à 00h00


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