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Culture

Karen, Joumana, Nayla et... Tania

Échos d’outre-mer
Z.Z. | OLJ
03/12/2015

L'art libanais s'exporte bien. Le design aussi. Celui de Karen Chekerdjian en particulier qui, après avoir été remarqué au Design Miami Basel en juin dernier, part directement en Floride cette fois-ci, à la conquête de Design Miami, qui se tient du 2 au 6 décembre. La designer libanaise, au talent reconnu et consacré aussi bien dans son pays que dans quelques-unes des grandes capitales du design comme Milan ou Londres, participe pour la première fois à cette foire parmi les plus prestigieuses, où elle est emmenée (comme toujours) par la galerie Carwan. C'est au Booth G34 que Karen Chekerdjian présente, en exposition individuelle, quelques-unes de ses pièces emblématiques. Parmi lesquelles une sélection de ses fameuses tables basses «Plateform Rainbow» (évocation d'un arc-en-ciel au-dessus de buildings), «Iqar» (origami géant en inox brossé) de ses tables d'appoints/tabourets « Spaceship» (à l'allure de gros cailloux astraux) ou encore de ses vases en cuivre poli façon pliage. Des «objets-sculptures » aux formes géométriques, architecturales et audacieusement avant-gardistes.

Retour vers la vieille Europe, où deux artistes libanaises trentenaires font leurs armes avec succès. Joumana Medlej, dont certaines œuvres sont déjà dans des collections publiques et privées en Grande-Bretagne comme au Moyen-Orient, expose ses dernières créations dans le cadre de « Lighting the Darkness » à la Crypt Gallery (St Pancras Parish Church) à Londres, du 8 au 21 décembre.
Installée à Londres depuis 2013, cette artiste exigeante, née en 1979, se fraye tranquillement mais sûrement son petit bout de chemin dans le domaine de l'art calligraphique. Graphiste de formation, elle avait commencé par l'illustration et la bédé, avant de croiser la route du fameux maître calligraphe Samir Sayegh. Une rencontre qui sera décisive, puisque la jeune femme trouvera dans l'art du tracé des mots, la quête de sens (entre le fond et la forme) qu'elle poursuit depuis toujours. Dans ses tableaux, élaborés en pigments naturels et découpages (papier ou laser), les mystérieuses correspondances entre lettres kufiques et formes géométriques déploient un symbolisme puissant, quasiment ésotérique, tout en étant d'une facture parfaitement contemporaine.

Toujours à Londres, Nayla Kai Saroufim présente ses œuvres sur le thème de « Beirut. Love. Hate » jusqu'au 7 décembre à la Graffik Gallery, dans le beau quartier de Portobello. Ludique, pop et coloré, son accrochage de tableaux pas tout à fait comme les autres, certains entièrement composés de clous, d'autres intégrant des points de lumière, reflète la relation paradoxale et contrastée d'attachement et de rejet qu'ont les Libanais avec leur capitale. L'artiste issue du monde de l'illustration et de la publicité combine photos numériques, déclarations typographiques, couches de peinture et tracés à l'encre ou à l'aérographe pour (re)créer les paysages de cette ville aussi aimée que haïe. Dont elle a même calligraphié le nom en arabe entièrement en petits clous sur panneau de bois.

Dans un autre registre, de concert en tournée, Tania Kassis continue de mettre sa voix au service de la paix. La chanteuse libanaise invitée par la Fondation Boghossian, à l'occasion du 72e anniversaire de l'indépendance du Liban, à se produire en concert à Bruxelles, a choisi de ne pas annuler sa prestation et, au contraire, de chanter plus que jamais dans un esprit de dialogue des cultures. Outre son désormais fameux Ave Maria islamo-chrétien, qu'elle a dédié aux victimes des récents attentats de Beyrouth et Paris, elle a interprété une reprise de la célèbre La quête de Jacques Brel, Trabak Ya Lebnan composée pour elle par Élias Rahbani et Watani (Murex d'or en tant que meilleure chanson patriotique de l'année), ainsi que son tout dernier titre Cette terre est pour nous tous dont elle a chanté un passage a cappella en exclusivité, avant de l'enregistrer la semaine prochaine en plusieurs langues avec l'Orchestre philharmonique de Kiev et en collaboration avec les Nations unies !

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