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Lifestyle - La Mode

Le caban, manteau de l’année

Il est court, carré, en épais drap de laine imperméabilisé, se boutonne de gauche à droite ou inversement, se dote d'un col généreux. Voici à quoi, en général, on reconnaît le caban. Ce vêtement d'extérieur est un classique de la garde-robe féminine depuis les années 60. Il revient en force cette saison, avec de nouvelles interprétations.

Dior.

La première image qui vient à l'esprit quand on pense caban, c'est la silhouette de Corto Maltese, séduisant et sulfureux pirate créé par le dessinateur Hugo Pratt en 1967. Mais les créateurs n'ont pas attendu l'avènement de ce personnage mythique pour s'approprier un vêtement bourré d'histoire, habité par l'esprit du voyage et des océans. Car à l'origine, tout le monde le sait, le caban est un vêtement de marin. Que son nom provienne de l'arabe, du portugais ou du sicilien, il est présent dès la fin de la Renaissance dans l'équipement des navigateurs. Les hommes d'équipage se transmettent le savoir-faire de sa fabrication et apprennent à le tailler eux-mêmes en le personnalisant à loisir. Pour plus d'efficacité, le principe reste cependant le même : le tissu, de préférence en laine bouillie pour plus d'imperméabilité, est enduit de goudron, de suif et de térébenthine, ce qui le rend totalement étanche. La coupe de la veste est simple, voire rudimentaire, suffisamment courte pour ne pas entraver le mouvement des jambes tout en restant efficace contre le froid, taillée dans un grand rectangle. On dit d'ailleurs que le Gabon dit son nom, qui serait une déformation de « caban », à une certaine similitude entre sa géographie et la coupe du vêtement. Le col, généreux, doit pouvoir se redresser, protégeant la nuque, les oreilles, l'arrière de la tête et le bas du visage. Le boutonnage, double, s'adapte à la direction du vent. Les poches sont verticales et conçues de manière à ce que l'on puisse y glisser facilement les mains, non pour y chercher un objet mais, encore une fois, pour se réchauffer. Les boutons sont un exercice de style à part entière, sculptés dans des coquillages, du bois ou de la corne ou forgés dans des pièces de monnaie.


L'entrée du caban dans le vestiaire moderne se fait en 1962, sous le règne d'Yves Saint Laurent qui en fait une pièce maîtresse de la toute première collection de sa marque. Les années pop adorent les boutons dorés de cette veste à la fois d'une élégance soutenue, grâce à son côté « uniforme », et entourée d'une aura sulfureuse qui sent l'errance des marins dans les villes portuaires. Cinq ans plus tard, les Beatles s'affichent en cabans multicolores à brandebourgs sur la couverture de l'album Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band. Gainsbourg le récupère à son tour. Le caban devient une pièce essentielle de la panoplie de l'Homme à la Tête de Choux et toute sa bande l'adopte. Les étudiants de mai 68 achètent le leur aux fripes et surplus militaires. Mais tout le monde sait que les meilleurs cabans sont vendus chez les ships handlers, sur les ports de France et d'Angleterre. Fabriqués par des artisans spécialisés, ceux-là sont increvables, taillés pour le sel et le vent, faits pour durer toute une vie.

 

Résurrection
Art des détournements et des résurrections, la mode de cet hiver réinvente cette pièce éculée à force de n'être jamais oubliée. Jean-Paul Gaultier qui, plaçant son défilé haute couture sous le signe de la Bretagne, l'associe à son inoxydable marinière. Il a même convoqué pour l'occasion une véritable parade de matelots, capitaines et bigoudènes à hautes coiffes et sabots sur les hymnes d'un bagad armé de bombardes et de cornemuses. Pour Sonia Rykiel, qui observe le Quartier latin depuis son enseigne emblématique du boulevard Saint-Germain et fait ses gammes autour des années 60, le caban est un nouveau cheval de bataille. Court ou oversize, nature ou assorti d'un col en fourrure, il a un côté revival réjouissant. Gucci joue à fond l'allure militaire en kaki et bordeaux ; Chloé le féminise entre épaules rehaussées et longueur fluide à la cheville ;
Dior, en revanche, abaisse l'épaule en remontant le col et choisit des teintes douces ; Dsquared surdimensionne les galons avec humour.

 

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La première image qui vient à l'esprit quand on pense caban, c'est la silhouette de Corto Maltese, séduisant et sulfureux pirate créé par le dessinateur Hugo Pratt en 1967. Mais les créateurs n'ont pas attendu l'avènement de ce personnage mythique pour s'approprier un vêtement bourré d'histoire, habité par l'esprit du voyage et des océans. Car à l'origine, tout le monde le sait, le caban est un vêtement de marin. Que son nom provienne de l'arabe, du portugais ou du sicilien, il est présent dès la fin de la Renaissance dans l'équipement des navigateurs. Les hommes d'équipage se transmettent le savoir-faire de sa fabrication et apprennent à le tailler eux-mêmes en le personnalisant à loisir. Pour plus d'efficacité, le principe reste cependant le même : le tissu, de préférence en laine bouillie pour plus...
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