En visite pastorale en Allemagne jusqu'à mercredi, le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, continue à asséner à ses auditeurs, dans ses homélies comme dans ses rencontres avec des respopnsables civils et religieux, des vérités parfois désagréables à entendre, mais tout aussi vitales à comprendre.
Le chef de l'Église maronite a célébré samedi soir une messe de rite maronite dans la cathédrale de Francfort, en présence d'une foule de fidèles libanais ou d'origine arabe, dont notamment le consul Marwan Kallab, le visiteur apostolique en Europe, Mgr Nasser Gemayel, évêque maronite de France, et les trois prêtres qui desservent la communauté maronite en Allemagne, les PP. Gaby Geagea, Boutros Merheb et Roger Abdel Masih, ainsi que l'évêque allemand de Francfort.
Il n'existe pas encore de structures paroissiales maronites en Allemagne, et la communauté maronite est sous l'autorité de la Conférence des évêques allemands.
Samedi soir, le patriarche Raï a profité de l'occasion pour évoquer brièvement les conséquences sur le Liban de la guerre en Syrie : clivage sunnite-chiite, fardeau démographique des réfugiés et fermeture des routes du hinterland.
Appelant à la fin de la guerre et à une solution pacifique des conflits en Syrie, en Irak, en Palestine et au Yémen, le patriarche a dénoncé « le différend politique opposant les sunnites aux chiites au Liban » qui, a-t-il précisé, « est la conséquence directe du conflit opposant l'Arabie saoudite à l'Iran ».
« C'est ce conflit qui conduit à la paralysie des institutions, à la vacance présidentielle depuis 18 mois, à la perte des prérogatives du Parlement et au blocage du travail gouvernemental », a-t-il déploré.
Dans l'homélie qu'il a prononcée hier, toujours à Francfort, à l'église où se réunit d'habitude la communauté maronite, le patriarche a prié « pour que les responsables libanais se laissent toucher par la grâce de Dieu et assument leurs devoirs nationaux afin que le Liban se dégage d'une ornière constitutionnelle qui a conduit à la paralysie d'un gouvernement qui n'est pas en mesure, avec 24 têtes, de remplacer le président ».
Le patriarche Raï, au programme duquel figurent d'ici à mercredi des rencontres avec les responsables civils et religieux en Allemane, a conclu son homélie par une méditation sur la présence de l'Église en Orient. « Nous sommes là depuis 2000 ans et nous avons reçu l'Évangile de la bouche même du Sauveur et des apôtres (...) Nous le disons en toute responsabilité, sans hésitation et sans peur, les pays du Moyen-Orient ont besoin de parler une autre langue que celle de la guerre, de la haine, des assassinats et de la destruction. Ils ont besoin de l'Évangile de la justice et de la paix. »
« L'Évangile, a enchaîné le patriarche, n'est pas un livre. C'est le Verne de Dieu qui s'est incarné de la Vierge Marie, par la puissance de l'Esprit Saint (...) Les chrétiens ne sont pas de passage dans les pays du Moyen-Orient : ils en sont les habitants, et les résidents originels et authentiques. »
Liban
Désagréables à entendre, vitales à comprendre, les vérités du patriarche Raï en Allemagne
OLJ / le 30 novembre 2015 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine