Joseph Blatter et Michel Platini, dont les appels ont été rejetés hier, restent suspendus provisoirement jusqu'au 5 janvier, ce qui empêche l'ancien capitaine des Bleus de mener campagne pour la présidence de la Fifa et fragilise sa candidature, déjà gelée.
Dans le camp Platini, le ton change, se fait plus offensif. « Jusqu'ici Michel Platini a toujours voulu se montrer respectueux des procédures internes à suivre à la Fifa. Mais là, quand on vous démontre qu'on se moque de vous... On va arrêter l'angélisme », a indiqué son avocat, Me Thibaud d'Alès, qui avait saisi le comité d'appel de la Fifa le 10 octobre. « Il y a une volonté de perturber et de retarder la campagne pour la présidence à la Fifa de Michel Platini. C'était assez subtil jusqu'ici, là c'est comme le nez au milieu de la figure. Ou alors c'est une incompétence au-delà de l'imaginable », proteste encore ce membre du cabinet Clifford Chance à Paris.
Le temps presse. L'élection est toujours prévue le 26 février à Zurich. La candidature de l'ancien joueur vedette de la Juventus n'a pas été écartée de facto par sa suspension de 90 jours, prononcée par la Commission d'éthique de la Fifa le 8 octobre. Mais elle est pour l'heure gelée jusqu'à la levée ou l'expiration de sa sanction.
Décision redoutée
Et les obstacles sont nombreux sur la route piégée du candidat Platini. L'ex-triple Ballon d'or se tourne désormais vers le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne, pour interjeter un nouvel appel. Mais il reste à la merci d'une autre décision de la commission d'éthique de la Fifa. Car cette dernière instance doit toujours trancher sur le fond, ce qu'elle n'a pas encore fait.
Me D'Alès ne se fait guère d'illusions : « Ce sont les mêmes juges qui ont pris la décision sur la suspension provisoire qui vont trancher sur le fond. » Mais pas question de baisser les bras : « Michel Platini est déterminé à faire la preuve de sa bonne foi et de son innocence. Nous sommes prêts à cet autre combat. »
Interdit de toute activité liée au football, le Français, âgé de 60 ans, ne peut mener campagne. Et en son absence, elle bat son plein. Jeudi dernier, la commission électorale ad-hoc de la Fifa a validé cinq candidatures, sur des critères d'intégrité. Le quintet des prétendants se compose du prince jordanien Ali ben al-Hussein, unique adversaire de Blatter lors de l'élection de mai dernier, le cheikh Salman (Bahreïn), président de la Confédération asiatique, le Français Jérôme Champagne, ancien secrétaire général adjoint de la Fifa, l'Italo-Suisse Gianni Infantino, secrétaire général de l'UEFA, et le Sud-Africain Tokyo Sexwale, qui n'exerce aucune haute responsabilité dans le football. Infantino répète dans la presse qu'il constitue « le plan B » de Platini au cas où ce dernier ne pourrait se présenter dans les temps. Mais en attendant, il est un candidat à part entière.
(Source : AFP)

