Depuis plus de deux ans, le marché se demande quand la Fed amorcera la hausse des taux. Cela paraît désormais imminent. L'attention va pouvoir se déplacer sur le rythme de hausse des taux. D'après le dot chart des prévisions du FOMC, la hausse sera plus lente, donc plus graduelle, que tout ce qu'on a connu par le passé. Le rythme médian serait de 25 bp par trimestre pendant trois ans et demi. Le gradualisme (une longue série de petits pas) présente plusieurs avantages. En théorie, il y en a trois :
Primo, cela permet de tenir compte de l'incertitude des réactions du système économique. Secundo, cela facilite le pilotage des anticipations de marché et la maîtrise des taux longs. Enfin, cela réduit le risque d'instabilité financière. Sur ces deux derniers points, l'expérience du cycle de 2004-2006 n'a pas été à la hauteur. Les taux longs sont restés inertes, ce qui a sans doute amplifié la bulle immobilière. Avec le recul, la critique qu'on peut adresser à la Fed de l'époque est d'avoir agi tel un automate, sans jamais ajuster le rythme. Or la normalisation monétaire n'est pas une fin en soi mais une façon de piloter les taux longs. Le président de la Fed de New York a plusieurs fois souligné ce point, précisant qu'en cas de hausse rapide des taux longs, la Fed ralentirait le rythme du resserrement monétaire, et inversement si la réaction du marché obligataire est trop modeste. Au plan fondamental, les taux longs fluctuent en fonction de l'inflation anticipée. Le rythme de hausse des taux de la Fed sera donc en partie déterminé par l'inflation. La crainte de la déflation, lancinante depuis 2008, nous a conditionnés à croire que l'inflation avait disparu pour toujours. Rien ne le garantit. Si les prix devaient croître de plus de 2,5 % par an (risque assez faible en 2016), la Fed pourrait ne pas être aussi graduelle qu'elle veut bien le laisser entendre. Si la remontée de l'inflation est modérée, la Fed aura tout loisir pour prendre son temps. Ce faisant, la hausse des taux nominaux pourrait s'accompagner d'une stabilité, voire d'une baisse des taux réels afin de les maintenir à des niveaux très bas.
Cet article est réalisé par Fidus


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