Liban

S. Gemayel : Nous continuerons d’être la conscience de ce pays face à la logique du compromis

Présidentielle

« Le clivage confessionnel auquel nous assistons aujourd'hui est dû à l'irrespect de la Consitution », affirme le chef des Kataëb.

OLJ
12/11/2015

Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel s'est insurgé contre le énième report de la séance présidentielle électorale lors d'une conférence de presse organisée hier au Parlement, quelques instants après l'annonce du report par le président de la Chambre Nabih Berry.
« C'est la 31e fois que l'élection du président de la République se trouve confrontée au blocage », s'est désolé M. Gemayel. Hier, le président de la Chambre a en effet ajourné la séance électorale au 2 décembre prochain, le quorum n'ayant pas été atteint puisque seuls 48 députés – des 86 députés dont la présence est exigée pour rendre le vote possible – se sont rendus à l'hémicycle pour tenter d'élire un nouveau président de la République, en vain.
Pour Samy Gemayel, l'actuel clivage confessionnel est dû à l'irrespect total de la Constitution. Il a aussi fait remarquer que les députés n'ont guère le droit de faire autre chose qu'élire un président. « Nous ne participerons et n'accepterons aucun compromis autour d'aucune séance parlementaire », a-t-il affirmé avant de se désoler du fait que « l'élection d'un président de la République, tout comme la crise des déchets et le respect de la Constitution apparaissent comme étant tout à fait accessoires. Il semble qu'actuellement les seules nécessités soient l'argent et la violation de la Constitution. Comme si la seule urgence consistait aujourd'hui à sortir de la Constitution et à détruire le Liban ».

La loi de la jungle
Samy Gemayel a dit craindre dans ce contexte l'apparition de clivages, d'alliances confessionnels et le règne de la loi de la jungle. « Nous avons déjà noté l'apparition de tensions ces deux derniers jours et personne ne sait à quoi cela peut aboutir parce que, comme nous l'avions déjà dit, lorsque nous tournons le dos à la Constitution et lorsque chacun commence à se tailler un texte à son goût, rien ne va plus. »
« Je suis certain que les Libanais refusent d'aller dans cette direction (...) En ce qui nous concerne, en tant que parti Kataëb, nous continuerons de lutter contre l'ensemble de ces tentatives et ces compromis qui sont faits aux dépens de l'élection présidentielle, aux dépens du Liban, des Libanais, et de la tête de l'État. Pour nous, toute séance parlementaire qui ne consiste pas à élire un président est une séance inconstitutionnelle (...) Le Parlement, dans son état actuel, est un collège électoral. C'est pour cela que j'en appelle à Nabih Berry et à tous ceux qui estiment qu'il y a aujourd'hui un non-respect du Pacte national, pour revenir à la source, à l'élection d'un président de la République, avant d'aller vers davantage de tensions et davantage d'interprétations », a-t-il martelé.
Il a également fustigé ceux qui se rendent au Parlement afin de « faire voter de nouvelles infractions à la loi comme le projet de création d'un comité de développement pour le Akkar ou la Békaa. Qu'on nous excuse, mais il y a suffisamment d'organismes qui ne sont pas soumis au contrôle de la Cour des comptes, ni à la loi des Finances, et je ne pense pas que ces questions soient plus pressantes que l'élection d'un président (...) ».

Retour à la feuille de route
« Nous allons continuer d'être la conscience de ce pays et contrecarrer ces projets qui ne seront soumis à aucune autorité de contrôle à l'heure où la logique des compromis prévaut (...) Nous ne sommes pas concernés par ces accords, ils sont honteux pour le Liban. Il est honteux que les différentes composantes politiques ne réclament pas l'élection d'un président dans aucune de leurs déclarations », a-t-il ainsi soutenu.
M. Gemayel a ensuite réclamé « un retour à la feuille de route qui suppose d'abord l'élection d'un président de la République, la formation d'un nouveau gouvernement puis le vote d'une nouvelle loi électorale exemplaire et l'organisation d'élections anticipées », soutenant qu'il est inadmissible de ne pas respecter cette chronologie. « Seul le peuple peut modifier la Constitution par le biais d'élections législatives et d'un nouveau Parlement. Personne n'a le droit de fabriquer de nouveaux critères, que ce soit le phénomène de la législation de nécessité ou pas (...) il doit être mis un terme à toutes ces interprétations », a-t-il ajouté.
Et de mettre en garde contre une dégradation de la situation et l'augmentation des tensions qui peuvent aboutir à une guerre civile : « Lorsque les lois et la Constitution ne comptent plus, c'est le plus fort qui prévaut », a-t-il dit.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA LOGIQUE DU COMPROMIS VOUS A BIEN VISITÉ À VOUS AUSSI... MAIS QUE FAIRE ? VOUS DEVRIEZ TOUS TIRER LES LEçONS DE CES JOURS ET VOUS ATTABLER URGEMMENT À FORMER UN FRONT CHRÉTIEN UNI !!! IL FAUT PARLER D'UN PIED D'ÉGAL AUX AUTRES ET CELA NE SE FAIT PAS SI ON EST SUIVISTE !!!

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Samy : "Pour nous, toute séance parlementaire qui ne consiste pas à élire un président est une séance inconstitutionnelle ! Le Parlement, dans son état actuel, est un collège électoral. C'est pour cela que j'en appelle à tous ceux qui estiment qu'il y a un non-respect du Pacte national, pour revenir à la source, à l'élection d'un président de la République, avant d'aller vers davantage d'interprétations. Je fustige ceux qui se rendent au Parlement afin de faire voter de nouvelles infractions à la loi. Ce ne sont pas des questions plus pressantes que l'élection d'un président. Nous allons continuer d'être la conscience de ce pays et contrecarrer ces projets. Nous ne sommes pas concernés par ces accords, ils sont honteux pour le Liban. Il est honteux que toutes ces composantes politiques ne réclament pas l'élection d'un président dans aucune de leurs déclarations. Je réclame 1 retour à la feuille de route qui suppose d'abord l'élection d'un président, la formation d'un gouvernement puis le vote d'une nouvelle loi électorale exemplaire en vue d'élections anticipées. Il est inadmissible de ne pas respecter cette chronologie. Seul le peuple peut modifier la Constitution par le biais d'élections législatives. Personne n'a le droit de fabriquer de nouveaux critères, que ce soit le phénomène de la législation de nécessité ou pas. Il doit être mis un terme à toutes ces interprétations." ! Bravo Cheïkh !

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