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Nos lecteurs ont la parole - Carine Chamoun Chammas

Marche blanche

Que reste-t-il à un peuple à qui on aura tout ôté ? Ses droits les plus élémentaires, comme ses rêves les plus modestes. Parce qu'après 3 mois de crise et de manifestations, les bennes à ordures sont toujours pleines. Parce que le Libanais est aussi fautif que l'État qu'il critique et qu'au bout de ces 3 mois il est encore réfractaire au tri à la source. Parce que de tout temps, dès septembre, le Libanais citadin ou montagnard attend la première pluie avec l'impatience d'un adolescent amoureux. Sauf cette année. Parce que la nature est facétieuse et que là où d'ordinaire elle se laisse supplier, elle décide cette année de courir au rendez-vous... malheureusement...
Parce qu'au lieu du parfum de la terre gorgée du soleil de l'été et arrosée par la première pluie, je n'ai senti que les miasmes des poubelles macérées et rances. Parce que j'ai pleuré amèrement devant les images diffusées sur toutes les chaînes locales et internationales. Des larmes de désespoir et de honte.
Parce que devant notre détresse, qui avons-nous trouvé ?
Pas un seul responsable, pas un ministre, pas un député, pas un maire ; mais des citoyens isolés en imperméables et à mains nues essayant de juguler la marée de poubelles qu'on retrouvera en Turquie ou à Chypre, qui n'auront pas tort, eux, de nous réclamer dommages et intérêts.
Parce que la vue de rats bien nourris se superpose à celle d'enfants affamés. Parce que ces mêmes rats vont transmettre des maladies du Moyen Âge. Et que ces enfants n'y résisteront pas. Et que ces enfants sont les nôtres. Parce que les vallées se remplissent de sacs bleus et noirs et que les rivières n'ont plus de lits. Parce que tout autant que nous, la nature s'asphyxie. Parce que l'avenir n'a plus de couleurs.
Pour tout cela. Pour une simple histoire de poubelles, j'irais marcher. En blanc. Pour que ce long ruban blanc ne soit pas le linceul du Liban.

Carine CHAMOUN CHAMMAS

Que reste-t-il à un peuple à qui on aura tout ôté ? Ses droits les plus élémentaires, comme ses rêves les plus modestes. Parce qu'après 3 mois de crise et de manifestations, les bennes à ordures sont toujours pleines. Parce que le Libanais est aussi fautif que l'État qu'il critique et qu'au bout de ces 3 mois il est encore réfractaire au tri à la source. Parce que de tout temps, dès septembre, le Libanais citadin ou montagnard attend la première pluie avec l'impatience d'un adolescent amoureux. Sauf cette année. Parce que la nature est facétieuse et que là où d'ordinaire elle se laisse supplier, elle décide cette année de courir au rendez-vous... malheureusement...Parce qu'au lieu du parfum de la terre gorgée du soleil de l'été et arrosée par la première pluie, je n'ai senti que les miasmes des poubelles...
commentaires (3)

Jacques Chirac déclarait en ouverture du Sommet de la Terre à Johannesbourg en 2002 : "La maison brûle et nous regardons ailleurs." Les ordures jonchent les rues et ruelles de nos villes et villages, dans les fleuves et les ruisseaux, les dernières dans la forêt de Beit-Chébab tandis qu'une partie importante de nos responsables nous parle de Raqqa, de Palmyre, de Deir-ez-Zour, des hameaux de Chébaa et des collines de Kfarchouba. Wadih Safi chantait naguère : "Liban, un morceau de ciel". Le ciel serait-il un dépotoir d'ordures de la planète Terre ?

Annie

18 h 24, le 12 novembre 2015

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Commentaires (3)

  • Jacques Chirac déclarait en ouverture du Sommet de la Terre à Johannesbourg en 2002 : "La maison brûle et nous regardons ailleurs." Les ordures jonchent les rues et ruelles de nos villes et villages, dans les fleuves et les ruisseaux, les dernières dans la forêt de Beit-Chébab tandis qu'une partie importante de nos responsables nous parle de Raqqa, de Palmyre, de Deir-ez-Zour, des hameaux de Chébaa et des collines de Kfarchouba. Wadih Safi chantait naguère : "Liban, un morceau de ciel". Le ciel serait-il un dépotoir d'ordures de la planète Terre ?

    Annie

    18 h 24, le 12 novembre 2015

  • C'est toutefois mieux qu'une perte blanche .

    FRIK-A-FRAK

    14 h 23, le 12 novembre 2015

  • Émouvant et joli.... Mais, que faire ? Ou plutôt, que fichent les Ulémas, les Mollahs et les Prélats ? Sans oublier, aux lumières de "l'étoile", les Rats ! Cravatés ou pas !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    05 h 36, le 12 novembre 2015

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