Il y a quelques jours, certains médias avaient accusé LibanPost d'imposer à ses clients une taxe qui irait à l'association Himaya, pour l'innocence en danger. L'affaire, révélée par une étudiante de l'Université libanaise, a soulevé un tollé médiatique, certains accusant l'opérateur chargé de la distribution exclusive du courrier, et l'association de fraude et de corruption. Face à cette campagne, le président du Conseil d'État, le juge Chucri Sader, cofondateur de Himaya, met les points sur les i en précisant qu'une personne peut décider ou non de payer les 500 LL en plus au profit de Himaya.
« Triste histoire », souligne-t-il. « Cette affaire n'aurait dû en aucun cas être soulevée par des médias qui se respectent. Répondre à une telle campagne serait se placer au même niveau que ceux qui m'attaquent. À cause d'un petit dysfonctionnement ou de l'irresponsabilité d'un employé de l'opérateur LibanPost ! Si, en 2009, j'ai accepté de constituer une association Himaya avec Viviane Debbas, Lama Salam, Elham Raphaël et Maha Makari, c'est parce j'ai voulu contribuer activement à freiner ces crimes inqualifiables que sont les abus sexuels, les violences et la négligence envers les enfants. À l'époque, les statistiques avançaient le chiffre effarant qu'un enfant sur sept était maltraité ; que 17 % avaient subi des violences sexuelles ou risquaient d'en subir. Ce chiffre, qui ne montre que la partie visible de l'iceberg, serait sous-estimé en raison de la loi du silence et du tabou entourant les violences sexuelles. Nous avons alors créé l'association avec toute la transparence du monde. Rendez-vous sur notre site web, voyez le travail que Himaya accomplit sur le terrain dans son centre de résilience et les campagnes de prévention qu'elle mène auprès des familles, des écoles et du public en général. Consultez nos budgets. Tout est publié par souci de transparence ».
« À cause de la négligence "peut-être" d'un fonctionnaire, je dis bien peut-être, qui n'explique pas au client l'objectif des 500 LL, on nous accuse de vol !
C'est vraiment voler très bas. Dans le dépérissement général, ils ont voulu faire d'un petit incident une montagne. Le Crowd Raising existe depuis trente ans au moins. Les ONG s'adressent à de grandes compagnies, leur demandant de proposer à leurs clients de soutenir leurs projets. Nous y avons eu recours comme beaucoup d'autres organisations non gouvernementales. C'est un phénomène mondial. Les 500 LL n'ont jamais été payées comme taxe ou impôt. C'est du Crowd Raising. Je m'arrête là parce que, vraiment, l'enjeu n'en vaut pas la chandelle. Ce qui a été dit à ce propos est tellement vil que je passerai outre. »

