Les récents développements politiques et militaires au Moyen-Orient et en particulier l'intervention russe en Syrie vont probablement faire pencher l'équilibre des forces en faveur de l'un des deux camps qui s'affrontent sur la scène géopolitique régionale. Au-delà des divergences entre alliés, objectifs groupés au sein de chacun de ces deux camps, et bien que Daech soit théoriquement leur ennemi commun, on a en gros d'un côté la Russie, l'Iran, le gouvernement central irakien, le régime syrien et le Hezbollah et, de l'autre, les États-Unis, la Turquie et les pétromonarchies sunnites.
Alors que l'accord sur le nucléaire ne peut que conforter les ambitions et l'influence iranienne, que la Russie s'affirme de nouveau comme une puissance de premier plan sur la scène régionale et internationale, et que Vladimir Poutine fait preuve d'une détermination sans faille et d'une clarté dans ses objectifs, que constate-t-on dans l'autre camp ? Un retrait américain relatif, combiné à une politique régionale jalonnée d'échecs et handicapée par ses hésitations et ses contradictions, notamment concernant le dossier syrien. Une Turquie empêtrée dans des difficultés croissantes au niveau interne et externe avec le problème kurde et l'effondrement de sa politique syrienne. Et enfin une Arabie saoudite dirigée par une dynastie branlante et embourbée au Yémen. S'il est difficile de prévoir les conséquences de ces développements, certaines tendances peuvent être dégagées.
Au niveau des relations internationales, ils reflètent la volonté russe de briser l'encerclement dont elle est la cible de la part de l'Otan et à contrer la politique d'isolement des États-Unis et de ses vassaux européens. Et ils s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle ère marquée par le glissement progressif d'un monde unipolaire à un monde multipolaire.
Au niveau régional, ils confortent la puissance iranienne au détriment de ses compétiteurs sunnites : la Turquie et l'Arabie saoudite, ce qui risque d'approfondir le clivage sunnito-chiite. Toutefois, même si Daech venait un jour à être vaincu militairement, cela n'éliminerait pas pour autant l'idéologie eschatologique et totalitaire dont le califat autoproclamé et les autres groupes jihadistes sont porteurs. Fondé sur la religion, son pouvoir de mobilisation est en effet infiniment plus fort que les deux totalitarismes qui ont dominé le XXe siècle, le nazisme et le communisme. Ce d'autant qu'elle s'adresse à des masses frustrées et largement ignorantes dont l'horizon intellectuel est borné par une interprétation sélective du Coran.
Au niveau syrien, contrairement à la politique contradictoire des États-Unis et de la France qui veulent à la fois écarter Bachar el-Assad et combattre Daech, la Russie n'a jamais changé de ligne de conduite. Son intervention constitue un coup d'arrêt à la progression des jihadistes, qui faisait craindre l'installation d'un pouvoir islamiste radical à Damas. Sans compter qu'elle écarte aussi par ricochet la menace jihadiste qui plane sur le Liban. Je ne défends pas les Assad père et fils et n'oublie pas leurs crimes et les malheurs qu'ils ont infligé au Liban. Mais tant qu'une transition politique négociée paraît hors de portée dans le contexte de rapports de forces actuel. Et étant donné qu'il est illusoire de miser sur une opposition « modérée » au régime, le maintien provisoire de Bachar el-Assad au pouvoir est la moins mauvaise des solutions, et les Russes ne semblent pas attachés à sa personne. On se dirige donc probablement vers une partition de facto du pays ou sa transformation en État fédéral.
Enfin, si on peut déplorer les paroles malheureuses du patriarche orthodoxe de Moscou qualifiant le combat contre le terrorisme islamiste de guerre sainte, l'engagement de Vladimir Poutine à défendre la présence chrétienne en Syrie et en Orient mérite d'être salué, même si ce n'est qu'un objectif secondaire par rapport à la défense légitime des intérêts russes. Surtout si on le compare à la pusillanimité européenne et à l'indifférence américaine quant à leur sort. Comment oublier que, lors de la guerre du Liban, Henry Kissinger avait cyniquement envisagé l'émigration en masse des chrétiens du Liban afin d'en faire une patrie de rechange pour les Palestiniens dans l'intérêt d'Israël ? N'est-ce pas l'invasion américaine illégale de l'Irak qui a contribué à le vider des trois quarts de sa population chrétienne ? Et que dire de la mauvaise conscience de l'Europe postchrétienne et du discours politiquement correct de ses politiciens qui feignent d'ignorer la menace existentielle que fait peser la montée du fanatisme islamiste sur les chrétiens d'Orient ? Il y a certes bien longtemps que la France a abandonné sa vocation de protectrice des chrétiens d'Orient. Mais on aurait pu s'attendre à plus de discernement de la part de MM. Hollande et Fabius qui, oublieux des leçons de la désastreuse intervention française en Libye, en réclamant la chute de Bahar el-Assad sans solution de remplacement, ne pouvaient ignorer le risque d'une prise de pouvoir des groupes terroristes à Damas.


Indignés qu'ils prétendent être à la vue de la "force" de ce Dâësch, ces bääSSdiots ne voient aucun mal au système de fortifications äsraéliennes sur le Golan et poutiniennes en älaouïtie. Alors qu'ils frémissent devant les horreurs de la "menace djihadiste", ils ferment les yeux devant l'infamie de l’annexion äsraélienne et de la mainmise sibérienne. Tout comme des promesses furent échangées entre l’aSSadique, Poutine et l’Ibn Yammine, de même des promesses ont été échangées entre l’äsraélien et le Nain sibérien. Tout comme l’aSSadiot se flattait que les "guerres syriennes", du fait de l'épuisement réciproque de ces Sains Syriens, ferait de lui l'arbitre suprême de cette bääSSyrie, de même l’äsraélien se flattait que la guerre "civile" en Syrie, du fait de l'épuisement réciproque et des Syriens Sains et des bääSSyriens, ferait de lui l'arbitre suprême du "croissant fertile. Tout comme la bääSSyrie tenait une Syrie Saine pour incompatible avec son existence, de même l’Äsraël "juif" se considère en péril du fait d'une Saine Syrie multiconfessionnelle. Telle est la loi de ce vieux système "fertile". A l'intérieur de son domaine, le gain de l'un est la perte de l'autre. L'influence prépondérante d’Äsraël sur ce "fertile", prend racine dans son autorité traditionnelle sur cette bääSSyrie. Au moment où en Syrie des forces telluriques secouent les bases les + profondes du bääSSdiotisme, l’aSSadiot pourrait-il supporter encore 1 autre perte de prestige face à un Mongolo-sibérique ?
16 h 40, le 11 novembre 2015