Dans son homélie dominicale hier, à Bkerké, le chef de l'Église maronite, le cardinal Béchara Raï, a mis l'accent une nouvelle fois sur l'élection sans tarder d'un nouveau président de la République, soulignant l'impact de la vacance à la tête de l'État sur la stabilité monétaire du pays.
Mgr Raï a commencé par affirmer l'importance du renouvellement au niveau du pouvoir, une procédure qu'il a présentée comme étant « un devoir pour la classe politique au Liban, défiguré politiquement, économiquement, socialement et écologiquement, au point que ses institutions ont fini par se démembrer du fait de la vacance présidentielle depuis 18 mois ». Il s'est attardé sur « la paralysie du Parlement, le blocage du gouvernement, la couverture de la corruption qui s'amplifie dans les administrations, la dilapidation des fonds publics et, pire encore, l'atteinte au Libanais qu'on appauvrit, qu'on affame et qu'on pousse à l'exode ».
Mgr Raï a ensuite souligné le devoir du patriarcat maronite d' « attirer l'attention sur un élément très grave ». « Nous avons appris, a-t-il dit, de parties économiques et financières concernées que la paralysie des institutions met désormais en danger la stabilité monétaire et financière du pays, notamment parce que le Parlement a renoncé à son devoir principal qui est d'élire un président de la République, contribuant de la sorte à la paralysie de son propre rôle législatif. »
« Des priorités et des exigences nationales »
Le chef de l'Église maronite a invité les forces politiques et le Parlement à « entreprendre une procédure technique permettant de régler le problème financier qui s'est exacerbé même au niveau des engagements internationaux du Liban, lesquels, a-t-on appris, risquent de générer une crise plus importante que la crise politique actuelle, si les lois requises depuis cinq ans ne sont pas promulguées ».
Il a considéré que « le Parlement se trouve devant des priorités et des exigences nationales qui commandent une entente entre toutes les parties politiques sans tension, sans complications génératrices de blocages et sans interprétations confessionnelles ». « À l'ombre de la vacance présidentielle, le Parlement ne peut pas légiférer de manière ordinaire et ne peut pas confondre ce qui représente une nécessité nationale et ce qui ne l'est pas. Il ne faut pas que la Chambre soit divisée et que tout se bloque », a-t-il averti. Il s'est interrogé sur les motifs des réserves exprimées pour s'abstenir de mettre à l'ordre du jour de la réunion parlementaire de jeudi l'examen d'une nouvelle loi électorale, « prévue d'ailleurs dans l'accord de Taëf », et la proposition de loi revêtue du caractère de double urgence définissant les conditions de récupération de la nationalité libanaise. Mgr Raï a mis en garde contre des tentatives de court-circuiter ce texte en y introduisant des conditions pour l'acquisition de la nationalité libanaise. « La récupération de la nationalité est une chose et son acquisition en est une autre. Celle-ci commande une loi qui lui est propre », a-t-il ajouté.
Tout en affirmant redouter un blocage qui empêchera un règlement des questions financières en suspens, Mgr Raï a de nouveau plaidé en faveur du respect de la Constitution, considérant que la priorité du Parlement doit être l'élection d'un président. « Nous prions pour un réveil des consciences des responsables politiques, afin qu'ils renoncent à leurs intérêts privés et qu'ils se libèrent des positions dont ils sont prisonniers, pour mettre en tête de leurs priorités la protection de la République », a noté le patriarche.
Un « État défaillant »
Samedi soir, durant le dîner annuel de la Fondation du patriarche Nasrallah Sfeir, Mgr Raï a lancé un appel aux hommes politiques du Liban « pour leur dire qu'ils n'ont pas le droit de faire ce qu'ils ont fait au Liban : un État défaillant (failed state) démembré, un État incapable de toute action. Nous ne pouvons plus tolérer votre refus d'élire un président, votre blocage du Parlement et du gouvernement. Nous ne pouvons plus accepter que vous nous enfouissiez sous les ordures ou de rester les bras croisés devant la dilapidation des fonds publics ». « Les hommes politiques ont pour mission le service de l'État, du peuple et du bien public, et non pas le blocage », a-t-il dit.


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PAUVRE BERGER QUE LE PATRIARCHE... INCAPABLE DE RAMASSER SES BREBIS GALEUSES ET LES FAIRE RENTRER DANS L'ÉTABLE DE SA BERGERIE... LES MARONITES AVANT... DURANT LA GUERRE CIVILE... LES MARONITES AUJOURD'HUI...
17 h 40, le 09 novembre 2015