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Moyen Orient et Monde - Focus

Crash du Sinaï : pourquoi la thèse de l’attentat est crédible

La guerre de propagande se poursuit en attendant l'analyse définitive des boîtes noires de l'avion russe.

De longues files d’attente de touristes, souhaitant quitter la station balnéaire égyptienne le plus tôt possible, devant les comptoirs des compagnies aériennes à l’aéroport de Charm el-Cheikh. Photo AFP

Cinq jours après le crash de l'A321 de la compagnie russe Metrojet, dans la province du Sinaï, qui a provoqué la mort des 224 personnes à son bord, les doutes persistent encore sur l'origine du drame.
Bien que la branche égyptienne de l'organisation État islamique (EI) ait affirmé, dès samedi, être responsable du crash, en réaction à l'intervention militaire russe en Syrie, les autorités russes et égyptiennes ont écarté, dès le départ, la thèse d'un attentat. Le fait que l'EI ne dispose pas, a priori, de missiles pouvant atteindre 30 000 pieds (9 000 mètres), altitude à laquelle l'avion russe devait normalement se trouver, a fait privilégier l'hypothèse d'un incident technique. Une hypothèse jugée plausible par les experts aéronautiques compte tenu du mauvais état de l'avion en question. Pourtant, plus les jours passent, plus la thèse de l'attentat prend de la consistance.

 

(Lire aussi : Les suspensions de vols vers le Sinaï se multiplient après le crash de l'avion russe)


Lundi, un responsable de la compagnie russe a affirmé qu' « une action extérieure était la seule cause possible du crash » et a exclu l'idée « d'une défaillance technique ou d'une erreur de pilotage ». Mercredi, la Grande-Bretagne a annoncé suspendre ses vols à destination de Charm el-Cheikh en raison « de nouvelles informations qui renforcent les craintes que la chute de l'avion ait été provoquée par un engin explosif ». Quelques heures plus tard, la chaîne de télévision CNN, citant un responsable américain anonyme, affirmait qu'un satellite militaire américain avait détecté un « flash de chaleur » provenant de l'Airbus au moment du drame. « L'impression qui prévaut, c'est qu'un engin explosif a été introduit dans une valise ou quelque part dans l'avion », indique CNN, citant sa source. Hier, c'était au tour de la Lufthansa d'annoncer l'interruption « par précaution » des vols du groupe à destination de Charm el-Cheikh.

 

(Repère : Les attentats à la bombe contre des avions de ligne depuis 1983)

 

« Rien ne nous oblige »
Si Moscou a qualifié de « spéculations » les « nouvelles informations » rapportées par Londres et Washington, l'EI a, pour sa part, une nouvelle fois revendiqué l'attentat mercredi. « Nous avons fait tomber cet avion et rien ne nous oblige à révéler les conditions de sa destruction », a déclaré un membre de la province du Sinaï dans un message audio partagé sur Twitter.
Avec une telle affirmation, l'EI met clairement sa crédibilité en jeu. Mais comme le rappellent, sur leurs comptes Twitter respectifs, Wassim Nasr, David Thompson et Romain Caillet, trois des meilleurs experts francophones de l'EI, l'organisation jihadiste n'est pas connue pour revendiquer des choses à la légère. Les trois experts jugent très probable que l'EI soit à l'origine de cet attentat. Plusieurs éléments sont évoqués pour accréditer cette thèse comme le nombre important de jihadistes russophones en son sein, la porosité des aéroports égyptiens qui aurait permis d'introduire un engin explosif à bord de l'appareil, et le fait que le communiqué de l'EI ait été diffusé sur toutes les plateformes officielles de l'organisation et traduit en plusieurs langues. Interrogé par Le Figaro, Wassim Nasr explique, en outre, que « si les jihadistes ont fait l'usage d'une méthode innovante, ils ne vont pas livrer leurs secrets aussi facilement...  ».

 

(Repère : Crash d'un avion russe en Egypte: de multiples hypothèses envisagées)

 

Transparence de l'enquête ?
La guerre de propagande se poursuit en attendant l'analyse définitive des boîtes noires de l'avion russe. Jusqu'alors, il est entendu que l'Airbus s'est disloqué en vol et que le pilote n'a pas envoyé de signal d'urgence. Mais la transparence de l'enquête peut être mise en cause, compte tenu du fait que Moscou et Le Caire cherchent à tout prix à écarter l'hypothèse d'un attentat. S'il est définitivement prouvé que l'EI est à l'origine du crash, Le Caire et Moscou devront répondre aux critiques concernant leurs actions politiques devant leurs opinions publiques.
Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi s'est posé, depuis son accession au pouvoir, comme le garant de la sécurité nationale et le meilleur rempart contre le terrorisme. Le fait que l'EI puisse commettre une telle action, ce qui serait le premier attentat de ce type pour l'organisation jihadiste, sur le sol égyptien, porterait un coup important à la crédibilité des autorités égyptiennes. Du côté de Moscou, la donne n'est pas vraiment différente. Si la population russe semble largement soutenir l'action menée par le président Vladimir Poutine en Syrie, il n'empêche que les traumatismes de l'Afghanistan sont encore bien présents dans les esprits. Et penser que la pire catastrophe aérienne de l'histoire de la Russie soit la conséquence d'un attentat, qui vise à punir Moscou pour son intervention en Syrie, ne risque pas de calmer les esprits.

 

 

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commentaires (5)

"Sacrés" Tchétchènes ! Increvables !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

01 h 36, le 07 novembre 2015

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Commentaires (5)

  • "Sacrés" Tchétchènes ! Increvables !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    01 h 36, le 07 novembre 2015

  • CLAIR EXEPTE POUR CERTAINS...

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    20 h 11, le 06 novembre 2015

  • Ah ! C'était un attentat ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 04, le 06 novembre 2015

  • La question fait rire , bien que c'est pas marrant comme situation .

    FRIK-A-FRAK

    10 h 05, le 06 novembre 2015

  • Bien clair, comme toujours dans vos articles, M Samrani. Merci.

    Halim Abou Chacra

    04 h 58, le 06 novembre 2015

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