Madame Hend Keyrouz, votre article dans le courrier des lecteurs publié le samedi 31 octobre dans L'Orient-Le Jour m'a interpellé.
Vous y parlez de l'empoisonnement de plusieurs chiens dans la région des Cèdres de Bécharré et en imputez la responsabilité directe à une « ex-magistrate ainsi qu'à la municipalité du village », utilisant à tout-va des termes peu éloquents pour le moins que l'on puisse dire.
Étant moi-même un résident de cette région en été ainsi que très souvent au cours de l'année, je me permets de corriger votre version des faits car elle est incomplète et inique. À vous lire, on croirait que les autorités locales ont agi sans le moindre motif sérieux, mais par simple réaction à la demande d'une seule résidente des lieux (sic !). Cela est de la pure désinformation car vous savez mieux que moi que le problème des chiens errants envenime la région des Cèdres depuis des années et agace tant les résidents que les visiteurs. On en compte un grand nombre sans collier, des chiens vivant à l'état sauvage parmi les chalets. Ces bêtes, quoique réputées pour être le meilleur compagnon de l'homme, causent un réel danger aux résidents et aux promeneurs, et plus particulièrement aux enfants. Il est en effet impossible de faire la moindre balade sur l'asphalte sans être poursuivi par une meute de chiens errants qui, de plus, traînent de poubelle en poubelle et aboient au passage de chaque voiture. Avez-vous conscience du tas de bactéries et de microbes qu'ils portent dans leurs poils, sans parler du risque de faire face à des cas de chiens enragés ? Qui pourrait garantir dans ce cas la sécurité des habitants, et spécialement celle des enfants ? On n'écarte pas un risque aussi grave par le simple fait qu'aucun accident connu n'a été signalé dans le passé. Cette année, le Liban a connu deux tragédies horribles où des enfants ont été sauvagement tués et déchiquetés par des attaques de chiens. Voudriez-vous attendre qu'un tel scénario se reproduise chez nous avant de prendre les mesures nécessaires ? Que feriez-vous le cas échéant à part prendre connaissance du drame dans la page des faits divers de L'Orient-Le Jour, tout en sirotant votre tisane bien au chaud dans votre chalet ? Chère madame Keyrouz, la solution de l'empoisonnement à l'aveugle est certes critiquable et condamnable à tous les niveaux, le problème aurait dû être traité d'une façon beaucoup plus ciblée pour ne pas porter le moindre mal aux chiens vivant à l'intérieur des enclos privés. Mais cette triste réalité ne cache pas pour autant le vrai problème de base que vous ignorez dans votre réquisitoire public. Alors tout comme vous écrivez, à juste titre d'ailleurs, que « la région des Cèdres n'est pas une zone exclusive à certains et pas à d'autres », je vous dis à mon tour que ce n'est pas un jardin privé où tout est permis à certains propriétaires de chiens qui se suffisent de leur mettre un collier pour les relâcher après de jour comme de nuit en pleine nature sans le moindre contrôle, et ce pendant toute l'année. Personne ne peut s'accaparer l'espace public et le concevoir selon ses propres désirs, la liberté des uns ne pouvant porter atteinte à celle des autres (que serait-ce alors lorsqu'il s'agit de leur propre sécurité physique !).
Alors, ne vous en déplaise madame, nous ne comptons pas « aller nous promener dans un centre commercial » comme vous l'avez si grossièrement souhaité, mais nous continuerons à emmener nos familles dans cette belle région du Liban où nous recherchons, « à l'ombre des cèdres millénaires », la tranquillité des humains avant celle des chiens.
Nos lecteurs ont la parole - Émile Issa El-Khoury
Les chiens avant les humains ?
OLJ / le 06 novembre 2015 à 00h00


Et, "Docteur", n'intervenez surtout pas !
11 h 10, le 14 novembre 2015