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Moyen Orient et Monde - Scandale

Un nouveau « Vatileaks » secoue les couloirs du Saint-Siège

Un prélat et une jeune financière arrêtés après le vol de données sur l'ordinateur du contrôleur général des finances du Vatican.

Le pape François est en butte à de nombreuses inimitiés dans la curie pour ses réformes et ses méthodes parfois brusques pour faire bouger des structures sclérosées. Étonnamment, trois ans après le scandale de « Vatileaks » qui avait affaibli le pontificat de Benoît XVI, deux ouvrages à paraître prochainement promettent de nouvelles révélations sur les affaires financières du Saint-Siège. Alberto Pizzoli/AFP

Le Vatican a annoncé hier l'arrestation d'un prélat espagnol et d'une experte des réseaux sociaux accusés d'avoir divulgué des documents confidentiels du Saint-Siège, trois ans après le scandale du « Vatileaks » qui avait affaibli le pontificat de Benoît XVI.
Mgr Vallejo Balda, âgé de 54 ans, proche de l'Opus Dei et secrétaire de l'ancienne Commission sur l'organisation des structures économiques et administratives du Saint-Siège (Cosea), a été convoqué par la gendarmerie vaticane durant le week-end ainsi que Francesca Chaouqui, âgée de 33 ans, également membre de la Cosea. La Cosea avait été formée en 2013 et ensuite dissoute, après avoir fait des propositions de réformes au pape. Après sa nomination, Mme Chaouqui avait fait la une des médias pour son style moderne et très sexy, contrastant avec le monde austère du Vatican, et ses tweets non autorisés plutôt critiques. Mgr Vallejo Balda et Mme Chaouqui ont été convoqués samedi et dimanche. À l'issue de leurs interrogatoires, ils ont été arrêtés. Mme Chaouqui a ensuite été libérée « en raison de sa collaboration avec les enquêteurs ». L'enquête dure depuis plusieurs mois. La situation de Mgr Vallejo Balda doit encore être évaluée par le procureur du Vatican.
Selon la presse italienne, un vol de données aurait été perpétré sur l'ordinateur du contrôleur général des finances du Vatican, l'Italien Libero Milone, dans son bureau situé non loin de la place Saint-Pierre. Cet expert financier, nommé par le pape en juin, est en charge de l'audit des comptes de toutes les administrations du petit État. Il y a trois ans, des documents confidentiels du pape Benoît XVI avaient été publiés dans la presse italienne et rassemblés dans un livre du journaliste italien Gianluigi Nuzzi après des fuites émanant du majordome du souverain pontife. Ce scandale avait donc été baptisé « Vatileaks ». Or, deux ouvrages à paraître prochainement promettent de nouvelles révélations sur les affaires financières du Saint-Siège. L'un d'eux est signé également de M. Nuzzi, qui est lié avec les deux suspects arrêtés ce week-end, et l'autre du journaliste Emiliano Fittipaldi de L'Espresso.

Une femme « corbeau »
Lors de « Vatileaks », le majordome du pape, Paolo Gabriele, avait été arrêté en mai 2012. Il avait affirmé avoir transmis des documents à la presse italienne pour « aider le pape ». Condamné à deux ans de prison par le tribunal du Vatican, il avait été gracié en décembre 2012 par Benoît XVI. Seul condamné, Gabriele n'aurait pas été la seule « gorge profonde » dans cette affaire, selon de nombreux experts. Déjà à l'époque, on avait parlé « d'une femme corbeau » dans ce premier « Vatileaks ».
Sans citer Gianluigi Nuzzi, le Vatican a fait hier implicitement référence à « Vatileaks », n'excluant pas un nouveau procès par le tribunal du Vatican, et à une demande de « collaboration internationale » (commission rogatoire) à la justice italienne pour poursuivre les auteurs des deux livres. Il reproche aux auteurs de « tirer avantage d'une opération gravement illicite ». « La divulgation de documents réservés est un délit puni par la loi du Vatican promulguée en juillet 2013, après ''Vatileaks'' », rappelle le communiqué du Saint-Siège. Le Vatican souligne que « cette fois encore, comme déjà dans le passé, il s'agit d'une grave trahison de la confiance accordée par le pape. Des publications de ce genre ne concourent en aucune façon à établir la clarté et la vérité, mais plutôt à générer la confusion, et des interprétations partielles et tendancieuses ».
Le pape François est en butte à de nombreuses inimitiés dans la curie pour ses réformes et ses méthodes parfois brusques pour faire bouger des structures sclérosées. Benoît XVI était moins critiqué, mais il lui était reproché de n'avoir pas l'appareil en main et d'être trop confiant avec son entourage. Mgr Vallejo Balda et Mme Francesca Chaouqui avaient organisé une grande réception sur une terrasse du Vatican le jour de la canonisation du pape Jean-Paul II en avril 2014. Cette réception mondaine, avec tout le gratin de la noblesse romaine, avait suscité la colère du pape François.
(Source : AFP)

Le Vatican a annoncé hier l'arrestation d'un prélat espagnol et d'une experte des réseaux sociaux accusés d'avoir divulgué des documents confidentiels du Saint-Siège, trois ans après le scandale du « Vatileaks » qui avait affaibli le pontificat de Benoît XVI.Mgr Vallejo Balda, âgé de 54 ans, proche de l'Opus Dei et secrétaire de l'ancienne Commission sur l'organisation des structures économiques et administratives du Saint-Siège (Cosea), a été convoqué par la gendarmerie vaticane durant le week-end ainsi que Francesca Chaouqui, âgée de 33 ans, également membre de la Cosea. La Cosea avait été formée en 2013 et ensuite dissoute, après avoir fait des propositions de réformes au pape. Après sa nomination, Mme Chaouqui avait fait la une des médias pour son style moderne et très sexy, contrastant avec le monde...
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