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Liban - Forum

Les sociaux-démocrates arabes face aux « défis inédits » de la région

L'initiative politique commune des partis progressistes se mobilise pour consolider la démocratie au Moyen-Orient.

Une vue de la séance.

Le 5e forum social-démocrate arabe, qui se tient depuis jeudi à l'hôtel Le Bristol à Beyrouth et clôture aujourd'hui ses travaux, s'est penché hier sur la situation politique au Moyen-Orient et sur l'avenir du mouvement social-démocrate dans le monde arabe.
Créé en 2013 à l'initiative des différents partis sociaux-démocrates arabes, suite aux changements politiques intervenus dans la région, le forum a pour objectif de relever dans une action commune les défis liés aux développements politiques et économiques au Moyen-Orient. Il est soutenu par des partis socialistes et progressistes européens partageant les mêmes valeurs de démocratie et de justice sociale.
Lors d'une table ronde qui a regroupé les représentants des partis progressistes libanais, syrien, égyptien, kurde et bahreïni, les participants ont fait le point des enjeux politiques et sociaux, et mis l'accent sur la nécessité de se mobiliser pour obtenir le respect des principes de paix et de liberté dans la région.

Le « daechisme » des régimes arabes dictatoriaux
Prenant en premier la parole, Rami Rayess, responsable de la communication au sein du Parti socialiste progressiste (PSP) libanais, a souligné la nécessité de « rechercher des moyens d'action pour faire face aux défis inédits que le monde arabe traverse aujourd'hui ». Le responsable du PSP a dénoncé « la dictature » des régimes arabes, qui « ont appauvri les sociétés de leurs élites politiques », et stigmatisé les critiques adressées par certains observateurs aux artisans du « printemps arabe », les accusant de semer le chaos. Car, selon M. Rayess, la lutte pour se libérer de la dictature est un droit vital.
Qualifiant, par ailleurs, de « daechistes » les régimes arabes, qui, pendant des décennies, ont opprimé leurs peuples, le militant socialiste a appelé à « l'unification des rangs progressistes arabes autour d'un même objectif, celui de restituer la dignité, la justice sociale et la sécurité économique ».
Sur un autre plan, M. Rayess a mis l'accent sur l'importance de la cause palestinienne, soulignant la nécessité pour les forces progressistes arabes de la faire figurer « en tête des priorités ». Il a par ailleurs mis en exergue « le besoin pour les forces politiques palestiniennes de s'unifier face à Israël ».

« Bachar el-Assad, Néron »
Dans son intervention, le représentant du Parti démocrate syrien, Hassan Charafo, a pour sa part évoqué les épreuves qu'endurent les Syriens tant aux mains de Daech (État islamique, EI) qu'aux mains du régime. Dressant un bilan noir de la guerre (« près de 250 000 morts, 90 000 disparus et 5 millions de déplacés »), M. Charafo n'a pas manqué d'incriminer le président syrien Bachar el-Assad en l'accusant d'« opprimer son peuple, de l'assiéger et de l'affamer ». Il lui a également attribué « l'organisation d'exécutions collectives de ses opposants et l'assassinat de 4 000 manifestants », si bien qu'il l'a affublé du nom de « Néron » (l'empereur romain sanguinaire et sans scrupules). Le militant socialiste syrien a par ailleurs affirmé que, même si Bachar el-Assad préfère les solutions militaires aux remèdes politiques, le Parti démocrate syrien poursuivra son action pour tenter de préserver une Syrie pluraliste, à travers des règlements pacifiques. M. Charafo a exprimé sur ce point l'espoir que s'applique enfin la Convention de Genève sur la Syrie, qui prévoit la formation d'un gouvernement transitoire et l'élaboration d'une nouvelle Constitution.
Saadi Peera, membre du bureau politique de l'Union nationale kurde en Irak, a de son côté retracé le combat des peshmergas contre Daech, faisant état de « 1 350 martyrs kurdes ». Il a déploré l'absence d'intervention de l'armée irakienne pour contrer l'avancée des jihadistes lors de la bataille de Mossoul. Le militant kurde a également accusé les autorités turques d'adopter une position mitigée vis-à-vis des islamistes, sans oublier au final d'exhorter tous les États à trouver des solutions aux conflits en Irak et dans la région.

La liberté d'expression
C'est autour de la liberté d'expression en Égypte que Maha al-Gazzar, membre du Parti social-démocrate égyptien, a articulé son exposé, critiquant les autorités égyptiennes dans leur politique de « diabolisation de la société civile » et d'« affaiblissement des partis politiques ». Tout en se félicitant de la victoire de trois candidats du Parti social-démocrate aux dernières élections législatives, Mme al-Gazzar a appelé à un amendement de la loi électorale, indiquant que son parti réclame l'abolition du scrutin de liste et l'adoption du seul scrutin uninominal pour une meilleure représentativité.
Enfin, Radhi al-Moussawi, du Parti social-démocrate bahreïni, a déploré la situation économique et sociale de son pays. Il a affirmé que, tout comme d'autres États de la région, Bahreïn est actuellement victime du conflit irano-saoudien et brossé un sombre tableau de son pays, confronté à un taux élevé de chômage, une forte augmentation de la dette publique, une baisse sensible des salaires et une détérioration du niveau de l'éducation et de la santé.
La table ronde s'est clôturée par l'intervention de Joanne Ihssan Fawzi, autre membre du parti de l'Union nationale kurde, qui a réaffirmé la nécessité d'une coopération progressiste arabe au moyen d'échanges d'idées et de stratégies, en vue de la promotion des valeurs communes de démocratie au Moyen-Orient.

 

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commentaires (5)

SOCIAUX DÉMOCRATES ARABES ? Où çA ? ET DEPUIS QUAND ?

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 37, le 31 octobre 2015

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Commentaires (5)

  • SOCIAUX DÉMOCRATES ARABES ? Où çA ? ET DEPUIS QUAND ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 37, le 31 octobre 2015

  • DES SOUHAITS ET DES ESPÉRANCES...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 21, le 31 octobre 2015

  • Joanne Ihssan Fawzi, autre membre du parti de l'Union nationale kurde, a réaffirmé la nécessité d'une coopération en vue de la promotion des valeurs communes de démocratie au Moyen-Orient." . Oui, OK, mais y incluant aussi "la démocratie" israélienne ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 43, le 31 octobre 2015

  • Oui, M. Saadi Peera, membre du bureau politique de l'Union nationale kurde en Irak, mais vous ne dites Rien sur votre position sur la question palestinienne ni sur vos "rapports" avec Äsraël !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 36, le 31 octobre 2015

  • Oui, M. Rayess, mais que faire et où est la "démocratie" dans les cas de leaders charismatico-héréditaires tels el-Che Walîd et Tamerlan-Taymoûr ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 31, le 31 octobre 2015

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