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Lifestyle - Salon Du Livre 2015

Farid Chéhab, propos sur le bonheur...

La créativité est son moteur, sa flamme, son bonheur ultime. Les mots, les slogans et les messages sa manière de partager avec les autres. Ce fils de pub, roi de la com, le fait cette fois-ci dans un livre intitulé « Du bonheur et des idées » (éd. Antoine)*.

Photo CH

Bavard, il l'est. Toujours... Impatient, il l'est. Terriblement. Et ne s'en cache pas. « Je suis un impatient convulsif », avoue-t-il, comme si quelqu'un pouvait encore en douter. Mais à cette impatience sont venus se greffer une réflexion plus philosophique, un recul, un arrêt sur les choses et les images. Un souffle pris. Retrouvé. Sans doute le temps qui a passé, qui passe. Sa passion qui devient de la rage, « une rage de communiquer et de convaincre », quand la passivité autour de lui ne diminue pas. « Le temps n'attend pas », dit-il. Lui non plus... Et puis cet accident de ski, suivi d'un hématome sous-dural et une hémorragie cérébrale. Pendant un moment, « plus rien n'a marché normalement ». Suivront des mois de rétablissement et, aujourd'hui, un Farid Chéhab au top de sa forme. Lucide, vif, percutant, à la fois tolérant et intolérant. Un « optimiste béat », comme le qualifient ses amis.

« Si j'ai eu peur ? J'ai dissipé toute peur, toute angoisse, en écrivant le livre. » Du bonheur et des idées, comme son nom l'indique, est un hymne au bonheur, rédigé en trois mois, qui passe obligatoirement, aux yeux de son auteur, par les idées, une créativité débordante et la concrétisation de cette idée. « Produire est une mission. Comme celle de partager. » Ainsi, durant 32 chapitres, 209 pages et une heure d'entretien, le président honoraire du réseau Leo Burnett, entré dans le Hall of Fame du Golden Drum Festival, parle inlassablement, avec la même fougue, une révolte non déguisée, des « carcans de l'âme », des « mous qui se laissent faire » et des zones de confort qu'il fuit comme la peste. Mais aussi du bonheur, du cosmos, de la satisfaction d'avoir légué à une génération de « burnetters » des campagnes qui n'ont pas pris une ride, et qu'ils ont à leur tour embarqué ailleurs, dans leur propre univers. « J'ai voulu aller jusqu'au bout, jusqu'aux étoiles. Comme tout créatif, j'exagère... »

Des campagnes et des hommes
Ainsi, et tout au long d'un récit écrit comme il parle, rapidement, et en français, les mots de Farid Chéhab se bousculent, également impatients. Il partagera ce verbe qu'il aime tant, son expérience personnelle, son parcours, les campagnes qui l'ont le plus inspiré, chacune accrochée à une idée (lumineuse), un sentiment, un succès. Idée pour « désarmer des esprits belliqueux », idée qui « vous sauve des portes de l'enfer », idée pour « un pays en manque d'amour », idée « pas si égoïste » ou encore « idées qui prennent leur temps ». Le célèbre « pubard » que rien, jamais n'arrête, qui a engendré des émules d'abord impressionnés puis inspirés par ses coups de tête, ses coups de gueule, une exigence qui leur aura fait du bien au bout du compte, revient donc sur l'histoire de H&C, devenu Léo Burnett. Celui qui dit tout haut ce qu'il pense tout haut ne craint pas la critique. « La voie du bonheur que je n'ai pas encore atteint est de passer outre ce que les gens disent et de suivre son chemin. Ce que le bon sens dicte, il faut le faire. Le sentier du bonheur doit emprunter le chemin détourné de la société. Cette société de rôles de composition toujours prête à critiquer, détruire, quand certains réussissent. »

Alors heureux, Farid Chehab ? « Non. » Avant de se raviser : « Si, jusqu'à maintenant. C'est un contrat renouvelable tous les jours. La seule chose qui l'arrêterait, c'est lorsque le mental n'arrive plus à créer. On appelle ça la mort. » Même s'il avoue légèrement craindre le vide qui va suivre la sortie de son livre, il précise: « J'ai eu des moments de vide, je trouverais bien quelque chose ! » D'ailleurs, il part le 8 novembre donner une conférence à Harvard sur le thème « Building bridges ». Pas de regrets ? « Aucun », conclut-il. Des remords ? « Sincèrement aucun. Je n'ai fait de mal à personne, du moins sciemment. » Silence, et de rajouter : « Peut-être que j'ai fait un peu de mal parce que je me suis laissé aller à trop aimer. »

*Farid Chéhab signera son ouvrage au stand de la librairie Antoine au Salon du livre francophone aujourd'hui à 14 heures. Une table ronde aura lieu à 17 heures autour de « La créativité et son apport à notre bonheur » en présence de l'auteur, entouré de Béchara Mouzannar (publicitaire) ; Chawki Azouri, (psychiatre et psychologue) ; Fifi Abou Dib (journaliste et écrivaine) ; Nadine Labaki (cinéaste) ; Rabih Kayrouz (créateur de mode) et en modérateur l'architecte Bernard Khoury.

 

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