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Campus

Un rendez-vous culturel incontournable pour les étudiants libanais

Salon du livre 2015

Campus a mené une enquête auprès des étudiants libanais qui se confient sur l'importance de ce grand événement culturel.

Carole AWIT | OLJ
23/10/2015

Troisième Salon du livre francophone dans le monde après Paris et Montréal, le Salon du livre francophone de Beyrouth accueillera au Biel, du 24 octobre au 1er novembre, des milliers de visiteurs. En plus d'assurer la promotion de la lecture, cette manifestation culturelle met en lumière les métiers du livre : éditeur, bibliothécaire, libraire, écrivain, illustrateur, caricaturiste, archiviste... Il constitue également une véritable plateforme de découvertes pour les jeunes désireux de s'orienter vers une carrière littéraire, artistique ou culturelle. Avec pour thème « Libres livres », la 22e édition du Salon du livre séduit toujours la jeune génération libanaise francophone qui trouve que le maintien d'une telle manifestation culturelle au Liban est important pour plusieurs raisons.
Jacqueline Harb, qui prépare un master en lettres françaises à l'Université Saint-Joseph, considère que le Salon du livre joue un rôle essentiel au sein d'une francophonie vivante. « Il s'agit d'un rendez-vous que j'attends impatiemment d'une année à l'autre, comme beaucoup de Libanais francophones. Les activités proposées au cours du Salon m'intéressent toutes et je ressens l'envie de m'y rendre à plusieurs reprises au cours d'une même édition. » Jacqueline aime surtout l'ambiance effervescente qui règne tout au long de la période du Salon : « Nous avons l'impression, explique-t-elle, qu'il s'agit d'un voyage interminable au cœur des livres. En plus d'avoir la chance d'y rencontrer des auteurs francophones et français, nous nous retrouvons, entre lecteurs, pour des échanges uniques autour d'une passion commune : la lecture. »

Voyage au cœur des livres et acte de résistance
Romy Batrouny, étudiante au master 2 en droit privé général à l'USJ, trouve que le Salon du livre est un événement culturel par excellence qui s'adresse surtout à ceux qui se sentent attirés par la culture francophone. « Je pense franchement, dit-elle, que la plupart des jeunes francophones, et pas que les étudiants de littérature, ne ratent pas l'événement, et s'y rendent au moins une fois au cours de chaque édition. » Initiée au Salon par son père, depuis son plus jeune âge, Romy ne manque pas de visiter les lieux chaque année et précise : « Je profite de cet événement pour acheter les nouveautés et surtout pour assister aux débats organisés dans le cadre du Salon. Les rencontres avec les auteurs sont également très intéressantes, mais ce n'est pas la raison principale pour laquelle j'y vais. »
Le Salon du livre francophone de Beyrouth accueille une cinquantaine d'exposants chaque année, une chose qu'Ivan A. Debs, étudiant de master en illustration à l'Alba, apprécie en particulier : « Ce que je trouve très intéressant, c'est qu'il s'agit d'un espace où sont exposés des milliers de livres. J'aime m'y promener et faire le tour des exposants car j'arrive à dénicher des œuvres rares, inédites ou originales sur lesquelles je ne serais pas tombé dans une simple librairie. » Le jeune artiste, qui a dédicacé l'année passée au Salon un ouvrage qu'il avait illustré, ajoute que cette manifestation culturelle est un rendez-vous professionnel important pour ceux qui veulent épouser une carrière artistique ou littéraire : « Il ne faut pas négliger que le Salon peut être une occasion pour entrer en contact avec des auteurs, des maisons d'éditions ou simplement pour dialoguer avec d'autres artistes. Je trouve que c'est une plateforme d'échange qui offre une visibilité aux jeunes illustrateurs libanais aujourd'hui. »
Jihane el-Glaoui, étudiante en lettres françaises à l'USJ, trouve que cette manifestation annuelle est un outil de résistance culturelle important : « Je suis attachée à cet événement culturel par amour pour les livres et pour mon métier de professeur. Le Salon est avant tout, pour moi, synonyme d'une sélection de bons livres. En plus de le visiter chaque année, j'encourage vivement les lycéens à qui j'enseigne le français à faire pareil et à s'intéresser aux auteurs qui y sont invités avec l'espoir qu'ils liront leurs œuvres. »
Le 22e Salon du livre francophone de Beyrouth accueillera cette année jusqu'à 100 écrivains, un fait que Kamal Hakim, fraîchement diplômé en master d'illustration de l'Alba, apprécie particulièrement. Le jeune homme explique : « Il s'agit pour moi d'une manifestation culturelle essentielle au Liban en ces temps de crise. Elle apporte aux jeunes une ouverture d'esprit dans une région qui en a plus que jamais besoin. » Kamal confie adorer visiter le Salon afin d'y rencontrer, principalement, quelques-uns des auteurs étrangers invités chaque année. Le jeune homme pense qu'il s'agit d'un lieu symbolique où se créent des réseaux d'échanges sur les plans littéraires et artistiques, et des rencontres fructueuses pour le public. Kamal Hakim vivra un moment fort au Salon cette année puisqu'il y dédicacera son projet de fin d'études, Le temps des grenades, une bande dessinée autobiographique éditée par l'Alba.

Les universités libanaises et les étudiants seront présents au Salon
Le Salon du livre francophone de Beyrouth prévoit dans son programme plusieurs activités qui concernent directement les étudiants, parmi elles un événement majeur : la remise du Prix Goncourt /Choix de l'Orient. Ce prix littéraire parrainé par l'Académie Goncourt, organisé par l'Institut français du Liban et le Bureau Moyen-Orient de l'AUF, en est à sa quatrième édition. 300 étudiants issus d'universités membres de l'AUF dans la région Moyen-Orient éliront, lors d'une délibération à huis clos, un auteur lauréat parmi les ouvrages retenus pour la deuxième sélection de l'Académie Goncourt. Kamel Daoud, lauréat du Prix Goncourt Choix de l'Orient 2014, se verra remettre, le dimanche 25 octobre, l'édition en langue arabe de son roman Meursault contre-enquête. Le vendredi 30 octobre, la proclamation du prix sera suivie par un débat entre auteurs, étudiants et public autour du livre primé.
En plus de la signature de la bande dessinée de Kamal Hakim, Le temps des grenades, le dimanche 25 octobre à 17h, l'Alba propose plusieurs activités au Salon. Cette année encore, des étudiants en 3e année d'illustration réaliseront en direct sur leur stand une fresque murale, un exercice qui commencera dès le week-end du 24 octobre. Le samedi 31 octobre à 17h, le public cinéphile est invité à une table ronde intitulée « La ville méditerranéenne au cinéma » modérée par Alain Brenas avec Afroditi Nikolaidou (Hellenic Open University, Grèce), Guy Chapouillié (Esav, Toulouse II, le Mirail, France) et Élie Yazbek (Iesav, USJ)
L'Université de technologie et de sciences appliquées libano-française (ULF) organise, quant à elle, une table ronde autour de la philosophie des sciences, l'épistémologie, intitulée « Science et philosophie. Auguste Comte et Gaston Bachelard – Regards croisés », le 30 octobre à 19h. Elle sera modérée par le professeur Jean-Paul Fernandez de l'ULF en présence des professeurs Annie Petit (de l'Université de Montpellier), Jean-Claude Beaune (Université Jean Moulin, Lyon 3) et Mohammad Salhab de l'ULF.
Tout laisse prévoir que cette année encore, de nombreux étudiants prendront part à cette manifestation culturelle majeure au Liban. Car, ne l'oublions pas, le Salon du livre francophone de Beyrouth est, pour la jeunesse désirant s'orienter vers une carrière littéraire, artistique ou culturelle, un espace d'échanges auquel elle reste profondément attachée.

 

 

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