Un dépotoir temporaire, sur la mer, au niveau de Zalka, au nord de Beyrouth, le 25 octobre 2015. AFP PHOTO / PATRICK BAZ
Alors que l'hiver s'installe et que les images de la tempête de dimanche transformant les rues en rivières d'ordures hantent les esprits, les regards se tournent vers l'artisan du plan de sortie de crise, le ministre de l'Agriculture Akram Chehayeb, qui a déjà menacé de « tout révéler » demain jeudi si le blocage se perpétue. Hier encore, il a réitéré le délai qu'il s'était fixé.
Suite à une réunion avec le Premier ministre Tammam Salam, M. Chehayeb a déclaré : « Le Premier ministre Salam a joué hier (lundi) un rôle important à la table de dialogue, nous espérons que cela suscitera des réactions positives. Dans tous les cas, nous nous retrouverons jeudi. »
Un appui au plan Chehayeb est venu hier du député Simon Abiramia, du bloc du Changement et de la Réforme. Celui-ci, interrogé sur la crise des déchets à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre, a estimé que M. Salam « souffre de cette question, ayant demandé à toutes les forces politiques du pays de s'engager en actes, et non seulement en paroles, en faveur de l'application du plan Chehayeb, adopté suite à un consensus ». « J'espère que son appel sera entendu de tous, a-t-il poursuivi. Ce que je peux affirmer, c'est que le bloc du Changement et de la Réforme a notifié MM. Salam et Chehayeb de son approbation totale de ce projet. Mais il semble que le Premier ministre détienne des données sur lesquelles il se base pour prendre des décisions. »
Le député a affirmé avoir surtout évoqué avec le Premier ministre le sujet du barrage de Janné, qui est « vital pour l'approvisionnement en eau de Jbeil et de Beyrouth, et qui a été inclus dans le cadre du plan décennal du ministère de l'Énergie et de l'Eau en l'an 2000, puis adopté par le gouvernement de Saad Hariri en 2010 ». « Et pourtant, a-t-il ajouté, ce projet est soumis à des pressions de la part de députés qui veulent arrêter les travaux pour des raisons que je soupçonne d'être injustes et non étayées. J'ai demandé aujourd'hui au Premier ministre que ces interventions politiques cessent et que les droits des habitants de Jbeil soient reconnus. Il a promis de suivre ce dossier avec les responsables concernés. »
Le barrage de Janné a fait l'objet d'études d'impact sur divers sujets après le début des travaux. La dernière étude en date était accablante pour le projet, montrant qu'il aurait des conséquences très graves sur la biodiversité, le patrimoine et les sources souterraines de la vallée d'Adonis.
« Mais qu'attendent-ils donc ? »
Pour en revenir à la crise des déchets, le chef des Forces libanaises Samir Geagea a demandé hier à tous les responsables « de mettre le plan Chehayeb en application le plus vite possible ». « Qu'attendent-ils pour appliquer ce plan ? s'est-il demandé. Le gouvernement l'a adopté, une commission ministérielle a été chargée de son exécution. Y a-t-il un pouvoir au monde qui ait besoin de l'unanimité absolue pour exécuter un plan ? »
Au cours d'une conférence de presse qu'il a tenue à Maarab, M. Geagea a estimé que « les déchets sont une question de moindre ampleur dans une tragédie de très grande ampleur ». « Pour sortir de la crise, nous n'avons d'autre alternative que d'exécuter le plan Chehayeb, a-t-il ajouté. Bien qu'il ne soit pas complet, il est acceptable selon les experts. »
La section jeunesse du Parti socialiste progressiste (PSP) a, pour sa part, appelé les responsables à dénoncer clairement les responsables du blocage dans le dossier des déchets. Les jeunes du PSP ont pointé du doigt « la paralysie du système, le gaspillage et la corruption au sein de l'État, les échecs successifs de l'administration et des responsables au pouvoir », des facteurs dont « on constate actuellement les conséquences catastrophiques dans le dossier des déchets ». « Il n'est pas acceptable de continuer à tourner en rond et bloquer le plan Chehayeb, qui est le seul à présenter des solutions scientifiques et logiques pour que le spectacle des déchets emportés par l'eau ne se répète pas, souligne le communiqué des jeunes du PSP. Toutes les forces politiques devraient assumer leurs responsabilités. »
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Dans un pays normal, cela serait indicatif de la faillite d'un modèle centralisé de gestion des déchets. Alors, la solution passerait par une décentralisation de cette gestion, sous la responsabilité des communes. Sauf dans les pays communistes (s'il en reste) cette compétence est celle de l'état. Alors, qu'est que l'état Libanais a à faire dans cette histoire d'ordures? Ou alors y-a-t-il confusion de genre? Un certain prophète a dit "laissez les morts enterrer leurs morts". Et dans ce problème, l'on est tenté de dire, "ne laissez pas les ordures enterrer leur ordures!" Bruxelles, 28.10.15
00 h 12, le 29 octobre 2015