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Nos lecteurs ont la parole - Joy Azzi

Liban terre d’asile ?

Il existe aujourd'hui un nouveau sacerdoce, de grands prêtres de l'humanité qui condamnent tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Des personnes qui se proclament cavaliers du processus d'intégration des refugiés syriens au Liban, qui sont là pour accélérer le mouvement de la reconnaissance achevée, mutuelle et égalitaire, et qui vivent sous le double régime du scandale et de l'évidence. Évidence de l'accueil des réfugiés, scandale de la fermeture des frontières ; évidence de la générosité comme qualité suprême, scandale de la revendication de l'identité nationale. Ils pensent avoir gagné la bataille des valeurs, mais ne se rendent pas compte qu'ils ont perdu la bataille de la rationalité. Ils croient avoir gagné la bataille du cœur, mais ne voient pas qu'ils ont perdu la bataille de la raison. Le problème est le suivant : ces personnes-là n'ont pas d'adversaire légitime.
En effet, la compassion avec le sort d'un peuple voisin est un sentiment que nous partageons tous. La volonté de venir en aide a nos frères syriens dans la misère est un devoir que nous partageons tous. Mais malheureusement, la clairvoyance est une qualité qui manque à certains. Le romantisme droit-de-l'hommiste a ses limites. Nous ne pouvons continuer d'imposer au Liban et aux Libanais le poids démographique, économique et sécuritaire de près de 2 millions de refugiés. Le tempérament d'exaltation de certains les pousse à être aveuglés par une attitude jusqu'au-boutiste. Croyant imposer leur générosité à ce petit pays, on finit en fait par lui imposer un fardeau insupportable. Le Liban n'a ni l'aisance budgétaire ni le vide démographique nécessaires a l'épanouissement simultané de deux peuples.
On insulte certains pour leur prudence, dans le même temps que les médias sont emplis de récits édifiants sur ces migrants courageux et téméraires qui veulent refaire leur vie. Mais qu'en est-il des Libanais courageux et téméraires qui, malgré l'instabilité de leur propre pays, sont forcés de subir les lourdes conséquences du conflit syrien ? C'est comme si l'on s'empressait de balayer le souvenir de l'implantation en masse de réfugiés et de combattants palestiniens dans les années 1970, qui a été l'une des causes principales de la guerre civile du Liban de 1975 à 1990.
Oui, il faut agir ! Simplement, la mise en question de l'ouverture des frontières tourne à la mise en accusation des partisans d'une régulation du flux de migrants, alors même que le Liban est le pays qui héberge la plus forte densité de réfugiés par habitant. Les immigrés Syriens représentent aujourd'hui 25 % de la population libanaise ! Sans négliger le risque très réel d'une infiltration d'apprentis terroristes dans la marée humaine qui continue d'affluer tous les jours vers nos frontières. Et les aides financières aux pays d'accueil ne sont pas une solution durable aux problèmes que nous rencontrons, du fait de l'afflux constant des migrants. Quant aux États richissimes du Golfe, ils verrouillent leurs portes et semblent ne jamais avoir entendu parler du droit d'asile.
On a voulu réagir au malheur d'un peuple frère par la générosité, comme si l'accueil pouvait seul occuper le champ de la morale. Nous ne pouvons sacrifier la morale de responsabilité qui consiste à se soucier des conséquences. C'est l'affaire du cœur intelligent. On ne peut se délivrer de la nécessité d'être lucide au nom de l'urgence. Nous n'avons pas affaire à quelques dizaines de personnes à qui il suffirait d'offrir un refuge et quelques ressources de première nécessité. Il s'agit de l'implantation d'un peuple qui cherche à s'installer, à trouver du travail, à scolariser ses enfants, à construire toute une vie que le Liban n'est pas à même de lui offrir. Nous ne pouvons réduire un peuple à son dénuement, aussi difficile que cela puisse être. Ils ne constituent pas non plus, comme certains peuvent le penser, qu'une force de travail. Le Liban est en proie aujourd'hui à une véritable crise de l'intégration.
Mais que faire ? Il faudrait appeler à la mise en place d'une conférence régionale qui aboutisse, contrairement à de précédentes rencontres qui ont pu être tenues à Genève ou au Koweït sans avoir donné de résultats tangibles sur le terrain. Étant donné l'ampleur du phénomène, il est urgent d'exercer une pression et de mettre les États du Golfe face à leurs responsabilités, qui consistent non seulement en l'ouverture de leurs carnets de chèques, mais également en celle de leurs frontières.
Cette manie de faire de l'ouverture une religion un dogme et que périsse le cèdre plutôt que de renoncer aux principes tue notre pays à petit feu. Le Liban souffre encore de la plaie toujours purulente de la guerre. À trop vouloir sauver les âmes, on finit par tuer celle du Liban.

Joy AZZI

Il existe aujourd'hui un nouveau sacerdoce, de grands prêtres de l'humanité qui condamnent tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Des personnes qui se proclament cavaliers du processus d'intégration des refugiés syriens au Liban, qui sont là pour accélérer le mouvement de la reconnaissance achevée, mutuelle et égalitaire, et qui vivent sous le double régime du scandale et de l'évidence. Évidence de l'accueil des réfugiés, scandale de la fermeture des frontières ; évidence de la générosité comme qualité suprême, scandale de la revendication de l'identité nationale. Ils pensent avoir gagné la bataille des valeurs, mais ne se rendent pas compte qu'ils ont perdu la bataille de la rationalité. Ils croient avoir gagné la bataille du cœur, mais ne voient pas qu'ils ont perdu la bataille de la raison. Le problème est...
commentaires (3)

GÉNÉROSITÉ BIEN ORDONNÉE... MADAME... COMMENCE PAR SOI-MÊME !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 58, le 24 octobre 2015

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Commentaires (3)

  • GÉNÉROSITÉ BIEN ORDONNÉE... MADAME... COMMENCE PAR SOI-MÊME !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 58, le 24 octobre 2015

  • "Yâ ilâhî hâïdal Soûry ! Ou, Yâ iléééhéh hâïdaSSoûréh" ! En dialecte d'ici pur jus. C'est le cri d'épouvante qui s'élève parmi eux, chaque fois que la menace d'un déferlement syrien se précise à nouveau. Même les + "tolérants" se permettent d'en faire de purs Malsains. C'est à se demander quelle sorte de Syriens ils avaient bien pu fréquenter ! Mais pour ce qui est d'1 réconciliation avec la sœur-syrie il faut y adhérer même si, ce faisant, on se sépare de "certains" de nos meilleurs amis ! Le Syrien pour un certain "genre" libanais(h) incarne le "Mal Absolu". Il le décrit comme 1 "Confusion" engendrée par 1 "Malédiction", ou comme un "Nuage…. de sauterelles?" envoyé pour punir les péchés de ce même "genre" libanais(h) ! Il est même terrorisé par ce Syrien qui "piétine sous ses murailles", et pour qui ce "patibulaire" s'apparente plutôt au "Vilain", lequel s'apparente lui au "Malin" et qui lui mange son pain quand il ne lui prend pas son turbin : Encore heureux qu'il soit, naturellement, limite "paresseux" ! Mais, on ne choisit pas ses alliés et il en existe certains, même dans ce "camp" libanais(h), qui se désolent à présent de leurs très douteuses proximités et de leurs très mauvaises fréquentations syriennes récentes. En tout cas, tout ceci n’est que tout à fait compréhensible et humain, après tout le mal que ces Syriens ont fait à ce "genre de bons" Libanais(h). Mais certainement pas à d'autres du même genre Libanais(h) qui, eux, avaient par contre entièrement collaboré !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 48, le 24 octobre 2015

  • "Sans négliger le risque très réel d'1 infiltration d'apprentis terroristes dans la marée humaine qui continue d'affluer vers nos frontières." ! Mais, quid de "l'infiltration", non point "d'apprentis terroristes", mais de véritables Chabbîhâhs bää bää bääSSyriaNiques ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 02, le 24 octobre 2015

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