« La responsabilité sociale des entreprises (RSE) est devenue centrale et inhérente pour les sociétés du monde entier. Nous voulons ainsi encourager le secteur privé libanais à accorder plus d'importance à la mise en place d'une vraie stratégie RSE », déclare à L'Orient-Le Jour Khaled Kassar, PDG et fondateur de CSR Lebanon, à l'occasion du cinquième Forum sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) qui se tiendra à l'hôtel Phoenicia à Beyrouth les 26 et 27 mars. Organisé par CSR Lebanon et en collaboration avec la Banque du Liban, ce forum aura pour thème « Comment le développement durable valorise l'image de marque et la réputation » et qui regroupera plus de 40 intervenants internationaux. Car intégrer des préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités peut s'avérer rentable : « La mise en place d'une démarche RSE est un investissement, mais il n'est plus à démontrer que l'engagement à ces valeurs engendre directement une hausse des profits pour l'entreprise », ajoute Khaled Kassar. Et pour cause, 89 % des consommateurs libanais seraient prêts à changer de marque pour en choisir une qui s'est associée à une cause sociale ou environnementale, selon un sondage réalisé par CSR Lebanon.
« La stratégie RSE doit s'étendre à quatre domaines : le lieu de travail, le marché, la communauté et l'environnement », énonce Khaled Kassar. Car si le concept de l'engagement social, environnemental et sociétal des entreprises a pris son essor à partir des années 1990, il est petit à petit devenu un enjeu majeur pour les grandes sociétés, qui sont désormais aussi bien évaluées sous cet angle que selon leurs résultats financiers. D'autant plus que ces pratiques sont codifiées par les normes internationales des Nations unies (Onu), de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et de l'Union européenne. C'est pourquoi le suivi et la publication des pratiques RSE permet aussi aux entreprises d'accéder à de nouveaux marchés et de développer des partenariats : « La Banque mondiale, les Nations unies, l'Union européenne et les États privilégient les entreprises qui établissent un suivi de leurs pratiques RSE », continue Khaled Kassar.
Mais le Liban reste malheureusement à la traîne par rapport à ses homologues étrangers : « La RSE est encore perçue comme une valeur ajoutée plutôt qu'une stratégie intégrée. Et si, depuis la crise des déchets, les initiatives RSE se sont largement développées car l'influence des consommateurs est devenue plus pressante, les initiatives – recyclage, tri etc. – doivent surtout faire l'objet d'une véritable stratégie sur le long terme et non d'un engagement à court terme pour faire un ramdam », déclare Khaled Kassar. Selon le sondage, 90 % des pratiques sociales des entreprises libanaises sont uniquement liées aux relations publiques ou à de l'altruisme, contre seulement 2 % de sociétés qui se sont engagées dans une stratégie RSE à long terme.

