Rechercher
Rechercher

Lifestyle - La Mode

Fondation Aïshti, dernière ligne droite

Voilà plus d'un mois que les paris sont lancés, avec une bonne majorité de spéculateurs convaincus que Tony Salamé n'y parviendra pas : pharaoniques, les travaux sont encore en cours, à un rythme inouï, mais la Fondation Aïshti ouvrira bien ses portes dimanche 25 octobre, offrant au Liban un nouveau repère architectural, un espace d'exposition à couper le souffle et un concept exclusif qui fait cohabiter l'art et la mode.

Tony et Elham Salamé à quelques jours de l’inauguration de la Fondation Aïshti.

Depuis le début de la semaine, près de 400 invités commencent à affluer à Beyrouth, venus du monde entier. Marchands d'art, historiens, experts, commissaires d'expositions et de foires, directeurs de musées, mais aussi les artistes contemporains les plus cotés de leur génération, les directeurs des plus grandes maisons de mode remplissent les hôtels et bientôt écumeront les galeries beyrouthines à la découverte de la scène artistique locale. Depuis une semaine donc, Aïshti vit au superlatif, dans l'impatience de révéler son nouveau joyau : Aïshti By The Sea, navire amiral de cette petite enseigne de mode née à Jal el-Dib en 1990 sous les bombardements, portant la guerre et le risque dans son ADN, et qui en 25 ans a connu une croissance exponentielle que l'on sait.

 

Les secrets d'un bâtiment événement
Aïshti By The Sea, construit sur la zone côtière industrielle d'Antélias sur un concept de l'architecte anglo-ghanéen David Adjaye Obe, se déploie sur plus de 30 000 m2. Cet espace commercial dédié au luxe comprend 80 boutiques et plusieurs restaurants. L'étage de base est consacré aux jeans et les autres à la femme, à l'homme, sans oublier le spa, à l'étage supérieur, l'un des plus grands existants, et qui sera confié à l'équipe Urban Retreat qui gère l'espace éponyme du magasin Harrods à Londres. Le toit accueillera un bar à ciel ouvert, une piscine, un espace de loisir et de mise en forme. Les extérieurs, aménagés en promenade, criques et dunes au bord de la mer accueilleront une exposition de sculptures en plein air, de Giuseppe Penone notamment, dirigée par Cecilia Alemani, experte en art public.
Les extérieurs font d'ailleurs une belle transition entre les deux espaces siamois, Aïshti By The Sea et la Fondation Aïshti proprement dite, qui occupe, elle, un bâtiment séparé offrant 4 000 m2 d'espace d'exposition avec des volumes de 7 mètres sous plafond. C'est dans cet écrin que vont se succéder, au rythme de trois à six mois, les expositions thématiques de la collection Aïshti qui comprend jusqu'à présent non moins de 2 000 œuvres et compte des artistes de la pointure de Etel Adnan, Ziad Antar, Tauba Auerbach, Agostino Bonalumi, Carol Bove, Kerstin Brätsch, Daniel Buren, Enrico Castellani, Urs Fischer, Wade Guyton, Camille Henrot, Glenn Ligon, Lucy McKenzie, Giuseppe Penone, Gianni Piacentino, Michelangelo Pistoletto, Seth Price, R.H. Quaytman, Gerhard Richter, Pamela Rosenkraz, Rayanne Tabet, Wolfgang Tillmans, Kari Upson, Andra Ursuta, Christopher Wool, Danh Vo, Charline von Heyl, Michael Williams, Akram Zaatari et bien d'autres. Une petite académie pour les enfants s'attachera à révéler les talents de demain.

 

Où l'art dialogue avec l'architecture
L'exposition inaugurale, conçue et dirigée par Massimiliano Gioni, directeur du New Museum de New York et curateur de la 66e Biennale de Venise, a pour titre « New Skin », ou « Peau neuve ». Privilégiant le travail des textures mais aussi le dialogue entre les médiums classiques et ceux d'avant-garde qui favorisent l'intervention digitale, cette exposition établit un dialogue harmonieux avec l'architecture d'Adjaye. Ce dernier, ayant passé quelques années de son enfance à Beyrouth à la faveur d'une mission de son père diplomate, gardait de la capitale libanaise le souvenir d'une ville méditerranéenne bâtie sous l'influence de la mer, recouverte de toits de briques. Son idée de départ était de camoufler un bâtiment forcément aveugle de par sa double vocation commerciale et muséale nécessitant de nombreux murs. Il a donc dessiné un module de vague se répétant dans une coque rouge, rappelant la brique et recouvrant l'ensemble de la façade à la manière d'une résille transparente avec de nombreuses ouvertures sur le large. Parti de l'idée de la brique, Adjaye cède finalement à la proposition du fabricant italien de la structure, totalement séduit par un essai de couleur sur acier galvanisé. Parmi les autres difficultés apparues en cours de route, après la sécurisation contre les assauts de la mer, la découverte d'une rivière débouchant directement sous les fondations de la fondation ! Mais le tour de force a été réalisé, envers et contre tout. Le projet dont l'exécution aurait nécessité 5 ans de travail voit finalement le jour en moins de trois ans. Dès dimanche soir, Aïshti By The Sea et Aïshti Foundation feront de Beyrouth une nouvelle destination pour l'art et l'art de vivre dans une région où musées et patrimoine sont voués à la destruction.

 

Pour mémoire

Aïshti, 25 ans de résistance festive

La Fondation Aïshti place Beyrouth au cœur de l'art contemporain et de l'art de vivre

 

Depuis le début de la semaine, près de 400 invités commencent à affluer à Beyrouth, venus du monde entier. Marchands d'art, historiens, experts, commissaires d'expositions et de foires, directeurs de musées, mais aussi les artistes contemporains les plus cotés de leur génération, les directeurs des plus grandes maisons de mode remplissent les hôtels et bientôt écumeront les galeries beyrouthines à la découverte de la scène artistique locale. Depuis une semaine donc, Aïshti vit au superlatif, dans l'impatience de révéler son nouveau joyau : Aïshti By The Sea, navire amiral de cette petite enseigne de mode née à Jal el-Dib en 1990 sous les bombardements, portant la guerre et le risque dans son ADN, et qui en 25 ans a connu une croissance exponentielle que l'on sait.
 
Les secrets d'un bâtiment événementAïshti...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut