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Liban - Libertés

Michel Moawad : « Nous ne permettrons pas le retour au régime policier »

L'arrestation de Michel Doueyhi est dénoncée par le leader maronite.

Michel Moawad durant sa conférence de presse.

« Nous ne permettrons pas la poursuite de la détention de Michel Doueyhi, ni le retour au régime sécuritaire », a affirmé hier Michel Moawad, président du Mouvement de l'indépendance, au cours d'une conférence de presse tenue à Zghorta en présence des membres de sa famille et de représentants de la Fondation Samir Kassir et de l'association SKeyes pour la défense de la liberté d'expression.
« Je n'aurais jamais cru que, dix ans après le retrait de l'armée et des renseignements syriens du Liban, et de la chute du régime policier, j'aurais à intervenir en faveur des libertés, et de la liberté d'expression plus spécialement », a commencé par dire M. Moawad. « Je sais que beaucoup de choses ne fonctionnent pas (...), mais je croyais qu'en ce qui concerne la liberté d'expression, un minimum était assuré », a ajouté le leader maronite. L'arrestation de l'activiste Michel Doueyhi, il y a une semaine, « nous replonge dans une période noire de répression et d'atteintes aux libertés dont nous ne permettrons pas le retour ».
Le 16 août dernier, en défense du cheikh salafiste Ahmad el-Assir, M. Doueyhi s'était élevé sur Facebook contre la Sûreté générale, sans toutefois citer le nom de cet organisme, qu'il a accusé d'être derrière de nombreux assassinats et attentats qui s'étaient produits durant les années 90 et 2000, notamment l'attentat contre l'église de Zouk (1993) et l'assassinat du militant pro-FL Ramzi Irani. L'homme a été arrêté il y a neuf jours et inculpé d'incitation à la guerre civile et l'armement, en vertu de l'article 308 du code pénal, un crime dont la peine peut aller jusqu'à la prison à vie.
Pour M. Moawad, « on aurait pu se contenter d'une simple accusation pour diffamation ». « Qui, après tout, lit les déclarations postées sur Facebook par Michel Doueyhi, à part son petit cercle d'amis ? »
s'est-il exclamé. « Dire que, pour son crime, Michel Samaha a été condamné à 4 ans de prison ! » s'est-il exclamé, non sans citer des déclarations bien plus incendiaires faites par des personnalités politiques comme Assem Kanso ou Wi'am Wahhab.

« Chambre noire »
Selon M. Moawad, les accusations contre M. Doueyhi sont parties d'une « chambre noire » de la Sûreté générale à Zghorta, qui, opérant « dans le style baassiste », a communiqué le dossier de Michel Doueyhi à la direction de la Sûreté, qui l'a transmis à son tour au parquet, comme une note judiciaire.
Convoqué par le magistrat Raffoul Boustany, l'homme a été arrêté séance tenante et déféré devant un juge d'instruction, qui a refusé sa liberté sous caution, en vertu de l'article 317 du code pénal. « C'est ce même article que l'ancien procureur Adnan Addoum invoquait du temps de la tutelle syrienne », a rappelé M. Moawad.
Le leader zghortiote en a appelé au procureur général en titre, Samir Hammoud, et au directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, et a remercié les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Nouhad Machnouk et Achraf Rifi, pour leur appui à la cause qu'il défend.
« Il est vraiment dommage de gaspiller les énormes réalisations de la Sûreté générale dans de telles pratiques », a dit M. Moawad, s'adressant au général Ibrahim. Il a par ailleurs révélé que le ministre de l'Intérieur lui a promis d'intervenir pour « rectifier la situation ».

 

Dernière heure : l'activiste libéré
L'activiste Michel Doueyhi a été relâché tard en soirée, hier, et condamné à verser une amende de 300 000 livres pour diffamation. Il a été jugé non coupable d'incitation à la discorde. Selon les premières informations obtenues et non confirmées, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, aurait joué un rôle pour obtenir sa libération.

« Nous ne permettrons pas la poursuite de la détention de Michel Doueyhi, ni le retour au régime sécuritaire », a affirmé hier Michel Moawad, président du Mouvement de l'indépendance, au cours d'une conférence de presse tenue à Zghorta en présence des membres de sa famille et de représentants de la Fondation Samir Kassir et de l'association SKeyes pour la défense de la liberté d'expression.« Je n'aurais jamais cru que, dix ans après le retrait de l'armée et des renseignements syriens du Liban, et de la chute du régime policier, j'aurais à intervenir en faveur des libertés, et de la liberté d'expression plus spécialement », a commencé par dire M. Moawad. « Je sais que beaucoup de choses ne fonctionnent pas (...), mais je croyais qu'en ce qui concerne la liberté d'expression, un minimum était assuré », a...
commentaires (1)

"L'activiste a été relâché hier et condamné à verser une amende de 300 000 livres pour diffamation. Il a été jugé non coupable d'incitation à la discorde. Le ministre de l'Intérieur aurait joué un rôle pour obtenir sa libération." ! "Justice" à la libanaise ! A la tête du client, quoi !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

06 h 17, le 07 octobre 2015

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Commentaires (1)

  • "L'activiste a été relâché hier et condamné à verser une amende de 300 000 livres pour diffamation. Il a été jugé non coupable d'incitation à la discorde. Le ministre de l'Intérieur aurait joué un rôle pour obtenir sa libération." ! "Justice" à la libanaise ! A la tête du client, quoi !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 17, le 07 octobre 2015

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