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Moyen Orient et Monde

Guerre en Syrie : les Russes soutiennent Poutine par inertie, pas par conviction

Éclairage

Selon un sondage, seulement 11 % des personnes interrogées suivent attentivement les événements.

07/10/2015

Face à l'imbroglio syrien, les Russes, dans leur ensemble, soutiennent la politique de Vladimir Poutine qui a permis le retour de Moscou sur la scène internationale, mais ils n'ont pas beaucoup d'illusions sur la réussite de l'intervention en Syrie.
Contrairement à ce qui s'était passé lors de l'annexion de la Crimée en 2014, l'intervention en Syrie n'a pas provoqué de grand sursaut patriotique comme on aurait pu s'y attendre. Seule exception : le président tchétchène, qui a annoncé que la police de Grozny venait d'arrêter un groupe de plusieurs membres de l'État islamique, avant de proclamer que « les soldats tchéchènes, et lui à leur tête, étaient prêts à aller sur le terrain combattre les terroristes si le commandant suprême des forces armées en donnait l'ordre. »

 

Population apolitique ?
« Les Russes ne s'intéressent pas à la Syrie, et c'est tant mieux pour Poutine! » constate avec amertume Alexandre, 35 ans, actuellement demandeur d'emploi. Le sondage effectué récemment par l'institut Levada lui donne raison : 33 % des personnes interrogées avouent ne pas s'intéresser à la situation en Syrie ; 11 % seulement suivent attentivement les événements et les 54 % restants le font par intermittence... Par contre, 59 % soutiennent la politique de Poutine au Proche-Orient et sa tentative de sauver le président syrien, Bachar el-Assad, considéré seulement par 8 % comme un tyran sanguinaire.
Un blogueur très actif, Ivan Petrov, explique dans son blog que ce manque d'intérêt est une conséquence de l'apolitisme des Russes, qui rappelle, selon lui, leur attitude pendant la période soviétique.
Par ailleurs, l'intervention en Syrie met certaines élites dans l'embarras. Pour preuve, le silence assourdissant des responsables de l'opposition et des ONG qui s'occupent de la défense des droits de l'homme. Même le comité des mères de soldats, organisation créée pendant la guerre d'Afghanistan et qui avait été très active lors des deux guerres de Tchétchénie, soutient la position officielle. « Nous ne sommes pas inquiets, nous soutenons l'intervention de la Russie et faisons confiance à notre président, qui a assuré qu'il n'y aurait pas d'actions au sol et qu'aucun appelé ne participerait aux combats », commente la porte-parole du comité.

 

(Décryptage : Syrie : Les conséquences de l'implication militaire russe en 5 questions)

 

« Plus malin qu'Obama... »
Selon l'agence Bloomberg, l'opération en Syrie aurait été montée par des « siloviki (des hommes politiques au sein de l'armée ou des forces de sécurité) pour rompre l'isolement de la Russie suite à la crise ukrainienne ». Cette analyse est partagée par une grande partie de l'opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux : « Poutine les a tous roulés dans la farine » ; « Moscou est revenu en fanfare sur la scène du Proche-Orient » ; « Le Kremlin contrôle la situation et mène le jeu », pouvait-on ainsi lire sur Facebook juste après les premiers bombardements. C'est également l'avis d'Ivan, 22 ans, étudiant en économie dans une université privée : « Les Européens ont tort de suivre les Américains. Notre Poutine est bien plus malin qu'Obama », fanfaronne-t-il.
Pourtant, dans la rue, certains Russes craignent une guerre longue et envisagent avec effroi l'éventualité d'opérations terrestres. De là à imaginer un nouvel Afghanistan, il n'y a qu'un pas... que d'aucuns n'hésitent pas à franchir.
« Il y a de fortes chances que nous nous engagions dans une nouvelle aventure qui sera un remake du scénario afghan », estime Elena, 45 ans, responsable des ventes dans un magasin de tissus pour l'armée et mère d'un garçon en âge de faire son service militaire. Mikhaïl, 65 ans, cordonnier dans un quartier-dortoir du sud-est de Moscou et poutiniste convaincu, note, lui, que le contexte a changé. « Bien sûr, il y a des risques, mais la situation n'est pas la même, surtout que nous avons un excellent président qui n'enverra pas nos enfants à l'abattoir », assure-t-il avec un grand sourire, découvrant plusieurs dents en or, comme c'était la mode pendant la période soviétique....


Mais Marina, une brune de 20 ans qui s'occupe d'aide aux réfugiés, pense qu'on ne pourra pas éviter des actes terroristes. « De nombreux volontaires russes combattent actuellement en Syrie et leur nombre va augmenter. À leur retour, il est à craindre qu'ils rejoignent des cellules jihadistes dormantes, qui existent non seulement au Caucase, mais aussi dans le nord de la Russie, pour organiser des actes terroristes », prévoit-elle.
Pas de craintes, toutefois, quant à la perspective d'un afflux de réfugiés comme celui que connaît l'Europe occidentale. « Ils ne viendront pas chez nous car en Russie, il n'y a pas d'allocations », assure Dimitri, vendeur dans une grande surface.

 

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FAKHOURI

le FSB (ex-KGB) veille !!!!

Amère Ri(s)que et péril.

C'est surtout quand on commence par expliquer par la semantique en jouant avec les mots , qu'on avoue son desepoir ...

Bashar restera en place et tous les autres attendent des echeances electotales qui seront desastreuses pour eux .

Vous voulez des noms ????

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PAR INERTIE... POURQUOI PAS PAR LA LOI D,ARCHIMEDE ?

M.V.

Et.... les français soutiennent normal 1er , par désœuvrement... et les américains soutiennent Obama ...par scepticisme....

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

En fait, cet article, n'est qu'un bête micro-trottoir ! Simple ramassis d'avis d'un demandeur d'emploi, d'un blogueur "actif!", des mères de soldats, de réseaux sociaux, d'un gamin de 22 ans, d'une vendeuse de tissus, d'un vendeur dans un supermarket et surtout d'un cordonnier poutinien aux dents en or et évidemment conVaincu ! Quelle perte de temps !

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