Moyen Orient et Monde

La France a mené hier ses premières frappes contre l’EI

OLJ
28/09/2015

« La France a frappé un camp d'entraînement du groupe terroriste Daech (acronyme arabe de l'État islamique) qui menaçait la sécurité de notre pays », a déclaré hier le président français François Hollande, ajoutant que l'opération, impliquant six avions, a été menée près de Deir ez-Zor. Selon le chef de l'État, qui n'a pas exclu d'autres frappes dans les prochaines semaines, il n'y a pas eu de pertes civiles au cours de ce raid mené grâce aux renseignements recueillis ces deux dernières semaines lors des vols de reconnaissance français au-dessus de la Syrie, ainsi que grâce à des « informations fournies par la coalition ». François Hollande a invoqué « la légitime défense » pour expliquer cette frappe, alors que la France, qui participe aux opérations de la coalition anti-EI en Irak, s'était jusqu'à présent interdit d'intervenir en Syrie, par crainte de conforter le président Bachar el-Assad.

Tirs sur le Golan, Israël réplique
Plus au sud, une roquette tirée lors de combats en Syrie, pays voisin d'Israël, est tombée accidentellement hier sur la partie du plateau du Golan occupée par l'État hébreu, a indiqué l'armée israélienne. Elle a précisé que cette roquette, dont la chute n'a fait ni victime ni dégât, provenait d'un tir perdu lors d'affrontements en Syrie. L'armée israélienne a répliqué en procédant à des tirs d'artillerie contre deux positions de l'armée syrienne situées sur le plateau du Golan, a annoncé hier une porte-parole militaire. Selon elle, ces tirs d'artillerie constituaient également une réplique à une roquette tirée de Syrie qui s'était également abattue samedi sur la partie du Golan occupée par Israël.
Par ailleurs, au moins 17 personnes, dont quatre enfants, ont été tuées dans une frappe de l'armée syrienne sur le seul quartier encore tenu par les rebelles à Homs, troisième ville du pays, rapportait hier l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Entre-temps, l'EI a fermé des terrains de jeu dans la ville de Mayadine sous prétexte qu'ils sont un lieu de rencontre entre hommes et femmes qui y amènent leurs enfants, a rapporté hier l'OSDH. À Raqqa, principal fief de l'EI en Syrie, trois femmes ont été arrêtées sur un terrain de jeu, les militants de l'EI leur reprochant de ne pas être accompagnées d'un homme, a indiqué l'OSDH.

Zabadani
En outre, en ce qui concerne la région de Zabadani, l'évacuation des civils prévue dans le cadre d'une trêve de six mois a été retardée samedi en raison du blocage par des manifestants d'une route nécessaire pour leur sortie, a indiqué l'OSDH. Un cessez-le-feu dans la ville de Zabadani et dans les villages de Foua et Kafraya, dans la région d'Idleb, a été conclu jeudi entre rebelles et forces prorégime, sous l'égide de l'Onu. L'accord prévoit le retrait des rebelles de Zabadani vers la province d'Idleb, en échange de l'évacuation de 10 000 civils assiégés à Foua et Kafraya. « Des dizaines d'hommes de la localité de Saraqeb ont coupé la route qui devait être utilisée pour évacuer les civils de Foua et Kafraya », a affirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. « Certains protestaient parce que la cité de Saraqeb n'est pas prise en compte dans le cessez-le-feu, alors que d'autres s'élevaient contre le cessez-le-feu lui-même », selon M. Abdel Rahmane.

Nouvel accroc pour les USA
De son côté, la Russie a encore renforcé sa présence en Syrie en y dépêchant une quinzaine d'avions-cargos durant le week-end. Une source militaire syrienne a indiqué samedi à l'AFP « qu'au moins 15 avions-cargos russes transportant des équipements et du personnel » ont atterri au cours des deux dernières semaines sur la base militaire de Hmeimim dans l'ouest de la Syrie. Les appareils, portant les couleurs du drapeau russe, sont arrivés à raison d'un avion par jour sur cette base située dans l'aéroport civil et militaire Bassel el-Assad, dans la province de Lattaquié, fief du régime.
Parallèlement, la stratégie de Washington pour armer des rebelles en vue de combattre l'EI a encore subi un accroc. Le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom) a en effet admis que des insurgés formés par les États-Unis ont remis « six pick-up et une partie de leurs munitions à un intermédiaire soupçonné d'appartenir au Front al-Nosra (branche syrienne d'el-Qaëda), soit à peu près 25 % de leur équipement ».
Enfin, selon les services de renseignements américains cités par le New York Times, près de 30 000 jihadistes étrangers se sont rendus en Syrie et en Irak depuis 2011, soit le double de la précédente estimation il y a un an.
(Sources : agences)

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