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Diplomatie

La transition sur toutes les lèvres pour régler la crise syrienne

Le maintien de Bachar el-Assad n'est plus tabou.

Le président russe, Vladimir Poutine. Photo AFP/RIA Novosti/Alexei Nikolsky

Les deux fidèles alliés de Damas, la Russie et l'Iran, apparaissaient hier en position de force pour imposer aux Occidentaux leur stratégie visant à faire de la lutte contre les jihadistes en Syrie la priorité absolue, en maintenant en place le président Bachar el-Assad.
À la veille de l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies, les présidents russe Vladimir Poutine et iranien Hassan Rohani ont, dans des interviews télévisées, poussé leurs pions pour imposer leur vision de la gestion du conflit syrien face à des Américains et Européens ébranlés par la crise des réfugiés et la menace terroriste. Vladimir Poutine, qui doit rencontrer aujourd'hui à New York en tête à tête son homologue américain Barack Obama – une première depuis plus de deux ans –, a ainsi levé le voile sur la nouvelle coalition qu'il entend mettre en place pour lutter contre les jihadistes de l'État islamique. « Nous avons proposé de coopérer avec les pays de la région », a-t-il déclaré sur la chaîne CBS. « Nous essayons d'établir une sorte de cadre de coordination, nous aimerions avoir une plateforme commune pour une action collective contre les terroristes », a-t-il expliqué.
Ces initiatives russes inquiètent les États-Unis et leurs alliés européens, qui semblent de plus en plus mis devant le fait accompli par Moscou, au moment où leur propre stratégie militaire contre l'EI paraît patiner. « Nous sommes juste en train de commencer à essayer de comprendre quelles sont les intentions de la Russie en Syrie et en Irak, et d'essayer de voir s'il y a des moyens de trouver une issue bénéfique », a reconnu hier un haut responsable du département d'État américain.

Rester au pouvoir
Moscou et Téhéran ont également réaffirmé sans ambages que le régime de leur allié Bachar el-Assad était le seul rempart contre le terrorisme. Exploitant les tergiversations occidentales sur le sort du président syrien – dont le départ immédiat et sans condition fut longtemps réclamé –, le président iranien a affirmé qu'il existait désormais un large consensus international pour son maintien au pouvoir.
« Je pense qu'aujourd'hui tout le monde a accepté que le président Assad devait rester (au pouvoir) afin de combattre les terroristes », a déclaré M. Rohani sur CNN. « En Syrie, notre premier objectif est de combattre les terroristes et de les défaire, et nous n'avons pas d'autre solution que de renforcer l'autorité centrale et le gouvernement comme les principaux centres de pouvoir », a-t-il insisté. Le message commence à passer, depuis quelques semaines. Washington, Londres, Berlin et même Paris ne posent plus le départ immédiat de M. Assad comme préalable à toute négociation, la chancelière allemande Angela Merkel étant même allée jusqu'à dire qu'il faudrait aussi discuter avec lui.
En attendant, le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se sont entretenus hier à New York de l'engagement militaire russe en Syrie, des moyens de réduire le conflit (« de-conflict ») qui dure et de la possibilité d'y assurer une transition politique. « Il y a eu un vaste échange de vues sur les implications militaires et politiques de l'engagement russe en Syrie, qui s'est accru », a déclaré un haut responsable américain qui a requis l'anonymat.
De son côté, le président français, François Hollande, qui s'est entretenu hier à New York avec le président iranien, lui a déclaré que Téhéran pourrait être un facilitateur pour un règlement politique du conflit syrien. Les deux dirigeants se sont parlé durant 30 minutes en marge de l'Assemblée des Nations unies, à New York, pour préparer notamment la visite du président iranien en novembre à Paris. « Le président de la République a rappelé que l'Iran était un acteur mais aussi un facilitateur. Les paramètres sont connus : un rassemblement dans l'esprit du communiqué de Genève où la question de Bachar el-Assad ne pouvait pas être posée comme une réponse », a-t-on rapporté dans l'entourage de François Hollande.
Le Premier ministre britannique David Cameron a quant à lui appelé hier à intensifier les discussions sur une transition politique en Syrie. M. Cameron, qui parlait à des journalistes à bord de l'avion le conduisant à New York, a souligné que le président Bachar el-Assad « ne pouvait pas faire partie de l'avenir » de son pays. Mais, selon la BBC, le Premier ministre pourrait abandonner son opposition à ce que le dirigeant syrien joue un rôle quelconque dans un gouvernement de transition. Londres a déjà fait savoir que le chef de l'État syrien ne devrait pas nécessairement quitter ses fonctions immédiatement dans le cadre d'un processus de paix. « Assad ne peut pas faire partie de l'avenir de la Syrie, et cette position n'a pas changé », a déclaré M. Cameron, selon des propos rapportés par l'agence britannique Press Association. « Il est le boucher de son peuple. Il a contribué à créer ce conflit et la crise migratoire. Il est l'un des sergents recruteurs de l'État islamique », qui contrôle de vastes parties de la Syrie, a-t-il ajouté. « À l'évidence, il est très important d'avoir des discussions sur la manière d'amener une transition, et c'est sur cela que nous devons insister davantage », a ajouté le Premier ministre britannique.
Enfin, le ministre allemand des Affaires étrangères a plaidé hier lui aussi pour un gouvernement de transition en Syrie pour sortir de l'impasse et s'est posé en médiateur entre partisans et opposants d'un dialogue avec M. Assad. « Si nous pouvions réunir les acteurs principaux de la région, l'Europe, les États-Unis et la Russie (...) sous un même dénominateur commun (...), ce qui signifie (...) que nous allions vers la constitution d'un gouvernement de transition, ça serait déjà beaucoup », a déclaré Frank-Walter Steinmeier à la chaîne publique ARD.

(Source : agences)


Les deux fidèles alliés de Damas, la Russie et l'Iran, apparaissaient hier en position de force pour imposer aux Occidentaux leur stratégie visant à faire de la lutte contre les jihadistes en Syrie la priorité absolue, en maintenant en place le président Bachar el-Assad.
À la veille de l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies, les présidents russe Vladimir Poutine...

commentaires (4)

SI POUR ARRIVER A LA PAIX IL FAUT S,ALLIER AU DIABLE... QU,ON S,ALLIE ! PREUVE L,ALLIANCE DU GRAND ET DU PETIT SATAN...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

22 h 38, le 28 septembre 2015

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • SI POUR ARRIVER A LA PAIX IL FAUT S,ALLIER AU DIABLE... QU,ON S,ALLIE ! PREUVE L,ALLIANCE DU GRAND ET DU PETIT SATAN...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    22 h 38, le 28 septembre 2015

  • QUI PART À LA CHASSE... PERD SA PLACE... ET L'ABRUTISSEMENT AUJOURD'HUI L'EXPÉRIMENTE !!!

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 05, le 28 septembre 2015

  • "Le ministre allemand s'est posé en médiateur entre partisans et opposants d'1 dialogue avec l'aSSadiot : Si nous allions vers la constitution d'un gouvernement de transition, ça serait déjà beaucoup », a-t-il déclaré." ! Oui, bon, mais ce "gouvernement", inclura-t-il aussi les nonagénaires nazis cachés toujours en bääSSyrie ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 04, le 28 septembre 2015

  • Il y a des transitions qui ont dure plus que du definitif . Donc vaut mieux ne rien limiter et laisser les maîtres d'oeuvre gerer cette situation , au mieux .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 20, le 28 septembre 2015