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Nos lecteurs ont la parole - Saleh Srouji

Nos crises vues par un simple citoyen

Alors que la situation des déchets ménagers au Liban prend une tournure catastrophique, du point de vue santé et effet sur l'environnement, vu l'accumulation des déchets dans les rues, la dispersion et la multiplication des sites sauvages de décharge et les monticules de déchets brulés, nous remarquons un désarroi général parmi les Libanais ainsi que parmi les responsables.
Tous les Libanais veulent sanctionner les responsables de cette situation en accusant Sukleen et le ministre de l'Environnement, tout en oubliant que ce qui importe, c'est de fournir un effort commun et assumer la responsabilité civique de tout un chacun pour trouver une solution temporaire, saine et rapide pour nettoyer nos rues et les rendre praticables.
Chez les dirigeants nous avons aussi remarqué un désarroi qui s'est manifesté en deux étapes :
1. L'annonce des offres et leur annulation rapide.
2. La promesse de compensation faite au Akkar pour y implanter une décharge publique.
En tant que citoyen qui n'a aucune affiliation politique, un citoyen ayant vécu 30 ans à l'étranger, qui a appris le vrai civisme, le respect des lois et de la nature et qui a observé comment on résout les problèmes dans les pays civilisés en utilisant son intelligence et non ses émotions, permettez-moi d'exposer ici ma façon positive quant à l'approche de notre crise. Voici mes priorités :
1. Une solution temporaire, et à court terme, du problème de la collecte et du traitement des déchets dans toutes les régions.
2. Revoir les dossiers des offres annulées la semaine du 24 août, 2015.
3. Parvenir à une solution à long terme, durable et respectueuse des régions et de l'environnement.
4. Résoudre le problème du blocage des institutions publiques en commençant par l'organisation d' une élection présidentielle.
Il est un fait que malgré les critiques, sensées ou non, la compagnie Sukleen a continué à faire des efforts soit pour traiter les monticules de déchets dans les rues, soit pour la collecte de ces déchets. Non pas pour défendre Sukleen , mais cette société a continué à respecter ses engagements de manière professionnelle ; aussi, il serait bon de savoir pourquoi Sukleen n'a pas participé aux offres ? Est-ce le cahier des charges qui ne lui convient pas, ou par manque d'intérêt vu l'expérience des années écoulées ? Ayant le matériel et l'expérience Sukleen aurait pu être le concurrent le moins coûteux (non je ne suis pas affilié à Sukleen et je ne les défends pas, seulement j'essaie d'être réaliste).

1. Solution temporaire
Pour ne rien changer dans le contrat de Sukleen et pour que cette compagnie continue à opérer dans les mêmes conditions même après la fin de son contrat, des démarches politiques devront être entreprises et des conditions financières devront être négociées pour que les habitants de la localité acceptent de rouvrir temporairement la décharge de Naamé pendant six mois. Je m'adresse aux habitants de Naamé pour les conjurer de démontrer à tous les Libanais leur sens de civisme en acceptant ce sursis et en donnant a tous leurs concitoyens un exemple de participation aux responsabilités de la citoyenneté.

2. Dossiers de demande et offres
Avant de condamner les offres et de les annuler, que ce soit pour leur coût ou sous prétexte que la compagnie qui a fait l'offre est (ou non) affiliée politiquement, et avant que le public ne s'émeuve et condamne, essayons de comprendre l'enchaînement des choses.
a. Qui a établi les critères techniques des demandes d'offres ? un employé gouvernemental très capable en vocabulaire linguistique mais techniquement ignorant ou un consultant spécialisé ? Cela déterminera si la demande d'offre est valable ou non.
b. Qui a écrit les conditions générales du contrat et sont-elles vérifiées par des experts juridiques ? Cela déterminera si les compagnies qui ont fait des offres sont techniquement et légalement qualifiées. Que ces compagnies soient affiliées politiquement dans la région de leur opération ne peut que préserver la conservation de leur équipement du vandalisme social. Cependant si un des partenaires est un politicien, là c'est un conflit d'intérêt.
c. Est-ce que les critères techniques de la demande d'offre étaient assez clairs de façon à ce que tous les intéressés puissent lire les mêmes conditions sans qu'elles ne soient sujettes à différentes interprétations ?
d. Venons-en aux prix :
• Avant de condamner le ministre de l'Environnement, essayons de savoir qui lui a donné ces chiffres ? Je suis sûr qu'il n'a pas calculé ces coûts lui-même mais qu'ils lui ont été suggérés par des effectifs de l'administration. Aussi exigeons une annonce des prix tels que présentés par chaque compagnie.
• Vérifions les services proposés en comparaison aux prix offerts.
• Comparons ces prix au coût du même service dans d'autres cités du monde, Google nous l'offre gratuitement sans excès de recherche et sans peine.

3. Solution à long terme
Certains ont proposé de passer la main aux municipalités pour résoudre le problème des déchets ; soyons raisonnables, si à l'échelle régionale nous nous sommes offusqués des prix proposés, que serait-ce a l'échelle des petites municipalités dont le budget annuel est inférieur au prix d'un camion de transport de déchets ?
D'autres ont publiquement annoncé que le coût (ils ont oublié de préciser de collection, transport et traitement) d'une tonne de déchets ne devrait pas dépasser les $25 ; dans quel univers vivent ces détracteurs, ne savent-ils pas que les opérateurs de camionnettes de 3 tonnes nous chargent $80 rien que pour transporter des objets individuels pour un trajet de 10km ? Aussi, que fait-on de ces déchets qui ne nous coûtent que $25 la tonne ? Sont-ils proprement traités ? Est-ce que les décharges sont légales et leur sol adapté à l'utilisation ? Qu'adviendra-t-il de l'amoncellement de ces déchets à l'avenir ?
La solution immédiate à notre crise de déchets n'est pas en se débarrassant d'un gouvernement ou d'un ministre. Il n'y a aucun doute que la corruption est partout dans ce pays, elle commence au niveau du citoyen pour aboutir à nos politiciens en passant par les administrations publiques ; qui de nous citoyens, refugiés ou habitants du Liban peut prétendre ne pas avoir profité de cette corruption ?
Commençons par le plus urgent : utilisons le sursis que nous avons demandé aux bonnes gens de Naamé pour remettre les offres sur la table, les discuter, les éclaircir, les négocier et signer les contrats. En même temps discutons tous ensemble, avec la participation de spécialistes et consultants, pour trouver des décharges adéquates.

Élection présidentielle
A. Le plan
1. Fixer une période de 10 jours ouvrables pour l'enregistrement des candidatures. Passé ce délai, la candidature n'est plus acceptable.
2. Fixer la date d'une session ouverte à la Chambre des députés pour élire un président. La date devrait être fixée à 50 jours ouvrables suivant la clôture des candidatures. La session parlementaire ne sera close qu'avec l'élection obligatoire d'un président.
3. Les 40 jours précédant la session de vote seront utilisés par les candidats pour établir un programme de gouvernance.
4. Un premier débat télévisé aura lieu dans les 20 jours suivant la clôture des candidatures et devra opposer tous les candidats.

B. Les conditions de
candidature
1. D'origine, de naissance et d'identité libanaise.
2. Âge : moins que 55 ans.
3.Éducation : au moins un master d'une université reconnue.
4. N'ayant participé à aucune action militaire de 1975 à 2015.
5. N'étant jamais été membre d'un organisme militaire ou de sécurité.
6. Parlant couramment au moins deux langues, l'arabe en premier lieu.
Une fois investi , le nouveau président se mettra immédiatement à l'œuvre pour « nettoyer » la République.

Alors que la situation des déchets ménagers au Liban prend une tournure catastrophique, du point de vue santé et effet sur l'environnement, vu l'accumulation des déchets dans les rues, la dispersion et la multiplication des sites sauvages de décharge et les monticules de déchets brulés, nous remarquons un désarroi général parmi les Libanais ainsi que parmi les responsables.Tous les Libanais veulent sanctionner les responsables de cette situation en accusant Sukleen et le ministre de l'Environnement, tout en oubliant que ce qui importe, c'est de fournir un effort commun et assumer la responsabilité civique de tout un chacun pour trouver une solution temporaire, saine et rapide pour nettoyer nos rues et les rendre praticables.Chez les dirigeants nous avons aussi remarqué un désarroi qui s'est manifesté en deux étapes :1....
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