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Économie - « Dieselgate »

Volkswagen veut un « nouveau départ »... avec celui de son PDG

À la tête du groupe automobile depuis 2007, Martin Winterkorn a annoncé sa démission hier, assumant la responsabilité de la manipulation des tests antipollution.

Le conseil de surveillance de Volkswagen devrait se réunir demain pour trouver un successeur à Martin Winterkorn, qui a démissionné hier. Odd Andersen / AFP

Le patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, a démissionné hier, emporté par le scandale des moteurs truqués qui a pris une ampleur mondiale et a déjà fait perdre au groupe des milliards d'euros en Bourse.
M. Winterkorn a assuré dans une déclaration n'être coupable « d'aucun manquement », mais dit « prendre la responsabilité » du scandale et remet sa démission « dans l'intérêt de l'entreprise », pour permettre à Volkswagen « un nouveau départ ».
Le président du conseil de surveillance de Volkswagen, Berthold Huber, a également martelé que « M. Winterkorn n'avait aucune connaissance des manipulations sur les gaz d'échappement » des moteurs diesel du groupe, devant la presse au siège du groupe à Wolfsburg (Nord), où siège le groupe.
Mais l'organe qui veille sur Volkswagen a estimé à l'issue d'une réunion d'urgence de ses plus hauts responsables, hier, que le groupe avait besoin « d'un nouveau départ crédible ». Ceci implique la démission de M. Winterkorn, a-t-il ajouté, en saluant le sens des responsabilités du patron. D'autres changements dans la direction doivent être annoncés dans les prochains jours, a-t-il fait savoir. Le conseil de surveillance doit aussi se réunir demain pour trouver un successeur à M. Winterkorn.


(Portrait : Winterkorn, tatillon sur « chaque vis de ses voitures », moins sur leurs vices)


Le nom du patron de Porsche, Matthias Müller, a circulé cette semaine pour prendre ce poste de patron le mieux payé d'Allemagne, à la tête d'un mastodonte aux 200 milliards d'euros (223 milliards de dollars) de chiffre d'affaires annuel, 600 000 salariés et 12 marques de camions et de voitures.
L'affaire des moteurs, qui avait débuté vendredi comme une fraude aux tests antipollution circonscrite aux États-Unis, s'est vite muée en scandale mondial. Volkswagen a admis avoir mis en place un logiciel sur les moteurs diesel d'environ 11 millions de ses voitures, afin de fausser les résultats des tests. Des révélations qui ont provoqué l'ouverture d'une enquête préliminaire de la justice allemande hier, après celles déjà annoncées aux États-Unis. La Corée du Sud, l'Italie et la France font partie des pays qui ont lancé des enquêtes, Londres en a réclamé une à la Commission européenne.

« Inacceptable »
Les appels à la « transparence totale » chez Volkswagen, telle que réclamée mardi par la chancelière Angela Merkel, étaient relayés de toutes parts hier. Mais le monde politique et des affaires tente aussi d'éviter les amalgames. La manipulation de Volkswagen est « absolument inacceptable », a répété le ministre de l'Économie Sigmar Gabriel, en visite au Salon automobile de Francfort, mais il n'y a « pas de débat général sur la qualité de Volkswagen ou sur l'ensemble de l'industrie automobile allemande ». La fédération regroupant les fabricants automobiles européens, l'ACEA, a reconnu « la gravité de la situation » tout en estimant qu'il n'existe « aucune preuve » que le trucage mis au jour chez Volkswagen soit « étendu à toute l'industrie ».
L'automobile représente pas loin de 20 % des exportations allemandes et 14 % du Produit intérieur brut de la première économie européenne.
Volkswagen a, lui, déjà reçu une véritable punition en Bourse pour ce scandale : quelque 25 milliards d'euros (27,9 milliards de dollars) de capitalisation boursière du groupe avaient été pulvérisés entre lundi et mardi du fait du plongeon de 35 % de l'action. L'action s'est toutefois reprise hier, terminant sur un rebond de 5,19 % à 11,50 euros (12,8 dollars).

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Le platine pâtit du scandale

Déjà affaiblis par la santé de l'économie mondiale, les cours du platine, métal utilisé dans les pots catalytiques diesel, ont sérieusement été touchés par le scandale Volkswagen. L'once de platine a chuté hier à son plus bas niveau en six ans et demi, à 926,35 dollars. Une situation qui pourrait profiter aux prix du palladium, utilisé dans les pots catalytiques des voitures à essence : les prix du palladium ont de leur côté grimpé ce mercredi à leur plus haut niveau depuis la mi-juillet, à 651,25 dollars l'once. « Il est possible que cette divergence entre les prix du platine et du palladium continue à court terme, au fur et à mesure que plus de détails émergent sur le scandale », estime Georgette Boele, analyste chez ABN Amro.

 

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