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Nos lecteurs ont la parole - Fouad Zmokhol

D’une émigration destructive à une émigration constructive

Ce n'est un secret pour personne qu'une des ressources les plus importantes du Liban, les plus précieuses, les plus solides, et les plus productives est sa communauté d'expatriés répartis dans le monde. Cette communauté qui a irrévocablement gravé son empreinte et fièrement planté le drapeau libanais dans chaque coin du globe terrestre ; ces familles qui ont quitté le Liban avec peu ou pas de ressources ont dû la plupart du temps repartir de zéro, mais ont tout de même réussi à créer et à développer des entreprises colossales. Ces expatriés se sont différenciés et ont su se démarquer malgré la compétition féroce ! Ils ont brillé dans tous les domaines économiques possibles et imaginables : financier, industriel, commercial, touristique, technologique, médical, celui des services... pour n'en citer que quelques-uns.
Nos expatriés ont commencé à quitter leur terre natale il y a plus de 100 ans à la recherche de nouvelles occasions, de nouveaux marchés, d'une meilleure qualité de vie... Ce qui est tout à fait légitime et compréhensible. Mais, malheureusement, cette émigration s'est accentuée et a pris une tournure totalement différente après une guerre destructive, ravageuse, qui a défait tant de familles, brisé beaucoup de cœurs, détruit un pays sacré et fait saigner toute une nation. Des plaies pas encore complètement refermées...
Cette guerre des autres sur notre terre, cette guerre inexplicable jusqu'à maintenant et inutile, qui n'a servi à rien, tout compte fait, et nous a coûté plus de 250 000 victimes ;
cette guerre qui ne nous a pas appris grand-chose apparemment car, à notre grande déception, l'on entend de temps à autre retentir de nouveau le battement des tambours d'un nouveau conflit. Nous sommes confiants que la majorité silencieuse ne se laissera plus jamais entraîner dans un nouveau piège.
Ces conflits internes vains et stériles, ces divisions partisanes ou plutôt féodales, qu'on a du mal à justifier, rappellent régulièrement à tous les expatriés libanais les raisons qui les avaient à la base poussés à émigrer, à vouloir bâtir leur avenir ailleurs et à décider d'élever leurs enfants en dehors de nos frontières.
Nous ne pouvons plus espérer ou même rêver que notre classe politique actuelle aura la sagesse et la maturité de commencer très prochainement à reconstruire les bases d'un Liban dont nous rêvons tous : un Liban fort, indépendant, démocratique, ayant comme priorité absolue l'intérêt national. Mais, par contre, nous sommes confiants que le secteur privé libanais continuera à se battre corps et âme pour protéger notre pays et notre économie, qu'il n'aura de cesse qu'il ne se développe à travers le monde, qu'il restera indépendant et imperméable à toutes les tensions internes et enfin qu'il continuera à persévérer et à se préserver, croire que même l'impossible est possible, et à tout faire pour survivre dans cet environnement instable quels que soient les risques et les difficultés.
Il serait vain d'utiliser la langue de bois, ainsi que des paroles utopiques et abstraites loin de la réalité, en pensant qu'il faut empêcher l'émigration libanaise et ramener tous nos expatriés à leur terre, ce qui serait impossible pour le moment, car malheureusement, notre économie est trop modeste, fragile, et son taux de croissance limité ne peut sûrement pas assurer et créer des emplois à tous nos jeunes. En revanche, nous devons nous baser et capitaliser sur une émigration productive et efficace, un schéma dans lequel nos jeunes vont à l'étranger pour acquérir de l'expérience et reviennent investir au Liban. Il nous faut miser sur une émigration constructive, créer les conditions permettant que les fonds et les profits soient en grande partie rapatriés ; une émigration positive, dans laquelle les expatriés maintiennent leur identité libanaise, leur nationalité d'origine, et deviennent les ambassadeurs de l'économie libanaise à travers le monde.
D'autre part, il est indispensable que nos expatriés participent à la vie politique libanaise. Leur donner le droit de vote pour élire leurs représentants nationaux est crucial et légitime.
Si 10 % seulement de nos expatriés dans le monde visitaient le Liban une fois par an, l'ensemble de notre économie en bénéficierait grandement.
Nous ne ménagerons aucun effort pour bâtir des relations privilégiées et des alliances stratégiques avec les chefs d'entreprise et les regroupements d'expatriés libanais partout au monde, car nous pouvons bâtir main dans la main des synergies fructueuses et nous développer ensemble à travers le globe.
Nous devons pénétrer de nouveaux marchés ensemble, en groupes, chacun dans sa spécialité, pour être plus efficaces et plus innovants.
Ce qui est certain, c'est que nous allons tous ensemble réussir là où nos hommes politiques ont échoué, nous allons parvenir à nous rassembler et combiner nos efforts constamment, dans un but unique qui est celui de préserver notre cher pays et l'aider à surmonter toutes les difficultés.

Fouad ZMOKHOL
Président du Rassemblement des dirigeants et chefs d'entreprise libanais (RDCL)

Ce n'est un secret pour personne qu'une des ressources les plus importantes du Liban, les plus précieuses, les plus solides, et les plus productives est sa communauté d'expatriés répartis dans le monde. Cette communauté qui a irrévocablement gravé son empreinte et fièrement planté le drapeau libanais dans chaque coin du globe terrestre ; ces familles qui ont quitté le Liban avec peu ou pas de ressources ont dû la plupart du temps repartir de zéro, mais ont tout de même réussi à créer et à développer des entreprises colossales. Ces expatriés se sont différenciés et ont su se démarquer malgré la compétition féroce ! Ils ont brillé dans tous les domaines économiques possibles et imaginables : financier, industriel, commercial, touristique, technologique, médical, celui des services... pour n'en citer que...
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