Les journalistes rassemblés hier devant le Palais de justice à Beyrouth en signe de solidarité avec leur confrère, Mohammad Zbib. Photo Ani
L'interrogatoire par le parquet du journaliste du quotidien al-Akhbar, Mohammad Zbib, a été reporté au 1er octobre. Le journaliste avait été convoqué au tribunal lundi après que le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, ait engagé des poursuites pour diffamation et calomnie contre lui, suite à un « poste » sur sa page Facebook l'accusant de corruption.
Le journaliste responsable de la page Société et Économie d'al-Akhbar avait publié une photo d'un chèque datant de 2002, d'un montant s'élevant à un milliard quatre cent trente-six millions et quatre cent mille livres libanaises (1 436 400 000 LL) émis par la controversée banque al-Madina pour le compte du ministre de l'Intérieur, qu'il a accusé ainsi de corruption.
L'avocat de M. Zbib, Nizar Saghieh, a annoncé à l'entrée du Palais de justice, hier, que l'interrogatoire a été reporté au 1er octobre, à sa propre demande, car il avait besoin de s'informer de la teneur et des détails de la plainte déposée par le ministre de l'Intérieur et dont il n'avait pas été informé avant son arrivée au Palais de justice, hier matin.
M. Saghieh a souligné que l'affaire était « une question de principe », et M. Zbib a affirmé pour sa part qu'il ne transigera pas sur son droit à la « liberté d'expression ».
L'avocat de M. Machnouk a confirmé de son côté que le chèque était bien authentique, mais a déclaré qu'« il provient de la vente d'une villa et d'un terrain de plus de 2 500 m2 ». « Mais nous nous demandons comment M. Zbib a pu se procurer ce chèque », a-t-il souligné.
Un groupe de journalistes s'est rassemblé hier matin devant le Palais de justice afin d'exprimer son soutien à M. Zbib. « Il s'agit principalement de la liberté de la presse et celle de dire les choses comme elles sont », a déclaré ce dernier, avant d'entrer au tribunal. Il a souligné en outre qu'il allait demander sur quelle base légale il a été convoqué, affirmant toutefois que « la justice devrait faire son travail ».
M. Zbib a lié le chèque publié sur sa page Facebook à un scandale de fraude portant sur de grandes sommes d'argent illicite qu'un certain nombre de personnalités libanaises et syriennes avaient prélevé auprès de la banque durant la tutelle syrienne.
Un des principaux suspects dans l'affaire de fraude est une ancienne employée de la banque al-Madina, Rana Qoleilat, qui avait été accusée d'avoir joué un rôle central dans la fraude et qui réside actuellement au Brésil. Les efforts pour l'extrader vers le Liban ont échoué jusqu'à présent. M. Zbib a accusé M. Machnouk d'avoir reçu des « pots-de-vin de Rana Qoleilat ».
Le scandale de la banque al-Madina a éclaté en 2003 durant l'occupation syrienne du Liban. La Banque centrale avait annoncé en juillet 2003 qu'elle avait décelé un déficit de trésorerie à ladite banque de plus de 250 millions d'euros ainsi que d'autres irrégularités.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine