(...) Champion dans le genre, le rat d'hôtel du George V qui a fait main basse, mercredi, sur les 100 millions de bijoux de Mlle Lamia Solh, future bru du roi du Maroc, était bien renseigné. Mais l'eût-il été mieux, il aurait pu réussir une opération infiniment plus fructueuse : la fiancée du prince Moulay Abdallah du Maroc est persuadée que c'est non pas à son propre coffret à bijoux que le cambrioleur croyait s'attaquer mais à celui – plus fabuleusement garni encore – de sa sœur Mona, femme du richissime prince Talal d'Arabie saoudite.
Les deux sœurs, arrivées à Paris il y a quelques jours (...), avaient loué deux appartements à l'hôtel George V : le 751 au septième, le 301 au troisième étage. Sur les registres de la réception, le 751 avait été porté au nom de la princesse Mona, le 301 au nom de la princesse Lamia Solh. Or, il se trouve que les jeunes femmes avaient pris possession de ces appartements « en sens inverse ».
(...) Tout porte à croire que ce chassé-croisé a aiguillé le cambrioleur sur la... plus mauvaise piste, tout étant relatif en ce milieu doré où deux jeunes princesses d'Orient, merveilleusement belles, abandonnent négligemment (...) perles et émeraudes par poignées, sans compter les brillants dont le plus léger pèse dix carats.
(...) Le vol a été découvert à 20h. Après une nuit blanche (...), les deux sœurs ont acquis une conviction : « Nous avons été pistées. » Il n'est pas possible que des cambrioleurs de grande envergure les aient suivies (...) depuis leur départ à Beyrouth, il y a quelques semaines. Les deux jeunes femmes (...) ont fait un périple à travers l'Europe. (...) Partout, la presse signalait leur passage, rappelant les très romanesques péripéties des fiançailles de la jolie Lamia avec le prince Moulay Abdallah.
C'était en mai 1959. Lamia venait de faire un séjour à Riyad (...) auprès de sa sœur Mona. (...) Or il advint que le prince Mohammad (un autre des 95 fils du roi d'Arabie) s'éprit de Lamia. À peine la jeune fille avait-elle regagné la somptueuse résidence de sa mère à Beyrouth, que le prince arabe demandait officiellement sa main, laquelle Madame Mère accorda volontiers.
C'était compter sans un autre fils de roi et sans le cœur de la jeune personne. Lamia, depuis qu'elle avait regagné le Liban après un long séjour à Paris (...), ne pouvait oublier un étudiant en droit – Moulay Abdallah –, fils cadet du roi du Maroc. Ils s'écrivaient. Bref, à peine Lamia était-elle fiancée d'office au prince d'Arabie, le prince marocain volait vers Rabat supplier son auguste père d'intervenir.
Quelques semaines plus tard, le monde diplomatique du Moyen-Orient était en émoi : on apprenait que les fiançailles Lamia-Mohammad d'Arabie étaient rompues. Lamia serait bien princesse du Maroc. En grand apparat, mais sans les futurs époux (ainsi le veut la coutume musulmane), les nouvelles fiançailles étaient célébrées à Beyrouth, il y a dix mois. (...) Voilà pourquoi, dans le coffret qui s'est volatilisé avant-hier de l'appartement 751, le plus beau des bijoux était une admirable bague de diamants, et celui auquel Lamia tenait le plus : une alliance d'émeraudes et de brillants, toutes deux signées d'un célèbre joaillier de la rue de la Paix.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Qu'en pense hajj Tonnerre rääd et son héZébbb ? Sans oublier l'avis de äammâr äaléhhh, ni aussi celui de "l'intellectuel" moûssawéh !
09 h 00, le 18 septembre 2015