Dans une interview à la chaîne Sky News Arabia, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a reconnu qu'il y a « une fronde générale au Liban où l'on refuse tout ». Il a attribué cette fronde à « l'absence de confiance entre l'État et les manifestants », qui veulent en finir avec la classe politique actuelle qu'ils accusent de corruption.
« Ce qui s'est passé dans la rue est un avertissement adressé à toute la classe politique. Celle-ci doit le prendre au sérieux et le considérer comme un nouvel élément intervenu au niveau de la vie quotidienne. Cet élément est en train de prendre de l'ampleur. On ne peut pas l'ignorer », a averti le ministre qui a classé les manifestants en trois catégories : « Ceux qui ont des revendications précises, les partis de gauche et les casseurs-manipulateurs ».
Nouhad Machnouk a critiqué les appels à la chute du régime, lancés durant les manifestations. « Ils représentent une invitation au chaos, parce qu'au Liban, le système est démocratique et le pouvoir est produit à travers des élections. » Selon lui, « un changement dans le pays ne peut intervenir qu'à travers une loi électorale moderne qui ouvre une nouvelle voie aux minorités, aux indépendants et aux jeunes ». « Le mouvement populaire a envoyé un avertissement à toutes les forces politiques et les communautés, selon lequel elles sont tenues d'élire un président de la République et d'élaborer une loi électorale moderne », a encore affirmé le ministre qui a insisté sur le fait qu'« il n'est pas possible d'approuver une nouvelle loi électorale avant la présidentielle parce que cela aggravera le conflit et ne mènera nulle part ».
Dans le même ordre d'idées, M. Machnouk a considéré que les propos du général Michel Aoun, en ce qui concerne l'élection d'un chef de l'État au suffrage universel, étaient irréalistes et subjectifs. « Le général Aoun le sait, mais il les tient sous forme de menace dans l'intention de bloquer l'ensemble de l'État pour pouvoir aboutir aux amendements constitutionnels qu'il souhaite. » Il a rejeté toute modification de l'accord de Taëf, précisant que l'amendement de la Constitution se fait au sein du Parlement et non dans la rue.
Le Hermel se plaint des armes illégales
Les moukhtars du caza du Hermel ont adressé au ministre de l'Intérieur un mémorandum dans lequel ils lui demandent de mettre fin au port d'armes illégales et aux tirs anarchiques dans leur région, en se plaignant de ce que les problèmes liés à ce phénomène sont devenus quotidiens et que la situation dans le caza est devenue « extrêmement mauvaise ».


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