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Liban

« Nous réclamons des comptes » manifeste pour obtenir le gel des salaires des députés

« Ce n'est pas dans la rue que l'on réclame l'arrêt de versement des salaires des députés », affirme Ghazi Youssef.

OLJ
16/09/2015

La rue ne décolère pas, et les militants de « Nous réclamons des comptes » se sont donnés rendez-vous hier dès 9 heures devant l'immeuble des recettes du ministère des Finances, rue Béchara el-Khoury. Les forces de l'ordre se sont empressées de bloquer l'accès au bâtiment par crainte d'un quelconque débordement. Les protestataires réclamaient l'arrêt du versement des salaires et allocations des députés.
Dans un communiqué les militants ont affirmé que ce bâtiment constitue « l'une des étapes par laquelle transite la corruption dans le pays ». « C'est ici que les citoyens viennent remplir leur devoir de contribuables en versant les impôts et taxes qui leur sont réclamés ( ...) en échange, le ministère a alloué la somme de 82 milliards de livres libanaises pour couvrir les frais de la prorogation du Parlement. 82 milliards de livres pour une Assemblée qui ne se réunit pas, et dont certains députés n'ont pas mis les pieds dans le pays depuis des années. » Et le collectif d'accuser le ministère d'être au service des parties « créditrices » au détriment de l'intérêt du citoyen libanais « qui se noie dans la pauvreté ». « Notre argent nous le versons ici pour qu'il soit reversé à des entreprises comme "Sukleen" et bien d'autres encore, des sommes qui s'en vont dans les poches des loups qui sont au service de ce qu'on a coutume d'appeler dette publique. »
Les militants se sont adressés directement aux fonctionnaires dans leur communiqué les enjoignant d'arrêter le transfert des salaires et autres allocations destinées aux députés, les accusant d'être des « chômeurs masqués ». Le collectif « Nous réclamons des comptes » a conclu en appelant une nouvelle fois à l'adoption d'une loi électorale proportionnelle fondée sur la circonscription unique « seul moyen de parvenir à une nouvelle République ». Le chef de la police de Beyrouth, le général Mohammad Ayoubi, s'est rendu sur place et les militants n'ont ensuite pas tardé à quitter les lieux.

Réaction de Youssef
Réagissant au mouvement d'hier, le député du courant du Futur, Ghazi Youssef, a estimé que « ce n'est pas dans la rue que l'on réclame l'arrêt de versement des salaires des députés (...) il faut pour cela déposer une assignation auprès du parquet pour que l'enquête suive alors son cours ». Pour M. Youssef, il faut au contraire « réclamer des comptes à ceux qui paralysent les institutions ». Pour ce qui est d'un changement de régime, « certaines revendications sont purement subjectives et personnelles », a-t-il ainsi déclaré avant de souligner qu'il ne suffit pas seulement de changer un régime « il faut aussi voter les lois et la Constitution en adéquation avec ce changement et je ne pense pas que ce genre de revendications mènent à cela ».

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