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Moyen Orient et Monde - Crise des migrants

« Ce n’est pas l’heure d’avoir peur... »

Juncker et Merkel font le forcing pour que l'Europe accueille des réfugiés en masse.

Une image, rendue publique par la garde civile espagnole, montre une embarcation surchargée de réfugiés africains qui tentent de rallier l’Europe via l’Espagne. Photo AFP

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont joint leurs voix hier pour en appeler aux valeurs de l'Europe afin que les pays de l'UE se répartissent immédiatement 160 000 réfugiés, et envisagent d'aller au-delà pour résoudre la pire crise de ce type depuis 1945.
« Ce n'est pas l'heure d'avoir peur » : à Strasbourg, M. Juncker a demandé aux Européens de faire preuve d'audace et de solidarité. Les divergences entre pays de l'UE se traduisent de manière très concrète pour les réfugiés, notamment syriens, qui continuent d'affluer par dizaines de milliers en passant par les Balkans : accueillis sous les vivats en Allemagne, ils se heurtent, parfois violemment, aux policiers hongrois qui bloquent la frontière avec la Serbie. M. Juncker a ainsi réclamé que les pays membres de l'UE se mettent d'accord dès la semaine prochaine sur la répartition des 160 000 réfugiés. Ce chiffre correspond à l'addition d'une précédente proposition de répartir 40 000 réfugiés arrivés sur le sol européen, avec une nouvelle proposition d'urgence portant sur 120 000 personnes se trouvant actuellement en Italie, en Grèce et en Hongrie.
« Il est temps de faire preuve d'humanité et de dignité », a encore lancé M. Juncker devant le Parlement européen. « Les chiffres sont impressionnants », a-t-il reconnu, rappelant que près de 500 000 réfugiés ont frappé à la porte de l'UE depuis le début de l'année. Il a appelé à des actions « audacieuses et déterminées », assurant : « Nous avons les moyens d'aider ceux qui fuient la guerre. » La Norvège s'est aussitôt proposée d'accueillir une conférence internationale des donateurs, pour venir en aide aux millions de Syriens déplacés.
En outre, dans une volonté d'attaquer le problème à sa racine, M. Juncker a proposé la mise en place d'un fonds d'urgence de 1,8 milliard d'euros, pour « régler les crises » qui frappent certains pays d'Afrique, comme l'Érythrée, dont les habitants fuient en nombre.

Pas de critère religieux
M. Juncker a aussi spécifiquement demandé à ce que la religion des réfugiés, venus en grande partie de pays à majorité musulmane, ne soit pas un critère de choix.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, chef de file des opposants à une politique d'ouverture, a jugé récemment que l'afflux de migrants constituait une menace pour « l'identité chrétienne » de l'Europe. En France, certains élus locaux ont également fait savoir qu'ils ne voulaient accueillir que des chrétiens. Longtemps plus frileux sur ce dossier que son voisin, l'Hexagone a accueilli hier le premier contingent d'un millier d'exilés venus d'Allemagne, que Paris s'est engagé à héberger pour soulager Berlin.
L'option des quotas, à laquelle viennent de se rallier Paris et Madrid notamment, place l'Allemagne en première ligne, ce pays devant accueillir environ 26 % des 160 000 réfugiés, suivie de la France (20 %) et de l'Espagne (12 %). Mme Merkel a ainsi réclamé une « répartition contraignante » entre tous les pays et sans plafond global.
Entre-temps, sur le terrain, plus déterminés que jamais, des centaines de migrants ont forcé à plusieurs reprises le cordon de la police hongroise à la frontière avec la Serbie. « Nous ne voulons plus vivre dans des camps en Hongrie ou ailleurs, les conditions sont horribles, il fait trop froid, tout est sale et ça sent mauvais », lançait une jeune Syrienne. D'autres scandaient « Nous voulons partir », en entonnant devant les policiers hongrois des « Germany, Germany », le pays devenu leur Terre promise. Plus au nord, la compagnie ferroviaire danoise a suspendu, sur ordre de la police, toutes les liaisons avec l'Allemagne, après le refus de centaines de migrants en transit vers la Suède de descendre des trains à leur arrivée au Danemark. Dans ce même pays, une autoroute a été partiellement fermée alors que des migrants avaient décidé de marcher 300 km pour rejoindre Stockholm.
Enfin, au-delà du Vieux Continent, les États-Unis vont accueillir davantage de réfugiés syriens, a indiqué le secrétaire d'État John Kerry, une évolution de la position de Washington qui s'en tenait jusqu'ici aux 1 500 Syriens accueillis depuis 2011. « Nous regardons très attentivement le nombre (de personnes) que nous pouvons gérer concernant (cette) crise en Syrie et en Europe », a dit M. Kerry, qui n'a donné aucune estimation chiffrée. Et en Australie, le Premier ministre Tony Abbott a annoncé que son pays allait accueillir 12 000 réfugiés en plus des 13 500 qu'il accepte chaque année. Plusieurs pays d'Amérique latine, dont le Venezuela, se sont aussi dit prêts à participer à un accueil aux allures planétaires (lire par ailleurs).
(Source : AFP)


Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont joint leurs voix hier pour en appeler aux valeurs de l'Europe afin que les pays de l'UE se répartissent immédiatement 160 000 réfugiés, et envisagent d'aller au-delà pour résoudre la pire crise de ce type depuis 1945.« Ce n'est pas l'heure d'avoir peur » : à Strasbourg,...

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