Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Ronald Barakat

Une manif pour tous

Il est vrai que la campagne «Vous puez!» a connu des ratés depuis son éclosion spontanée printanière du milieu des déchets amoncelés ; il est vrai que ce nouveau « bolide » civil et civilisé, conduit pourtant par des activistes chevronnés, a connu des cafouillages, des dérapages et même des tête-à-queue qui ont poussé certains politiciens populistes à vouloir exploiter ce mouvement, récupérer certains slogans et revendications pour les mettre à leur compte en faillite, mais force est d'admettre que cette campagne a prouvé sa bonne foi en se dégageant de toute récupération politique, en s'immunisant contre toute intoxication politicienne pour rester fidèle à sa vocation première, purement civile, loin de toute influence partisane.
Cette campagne, qui a fait des petits (pourvu que ceux-ci suivent le courant sans esprit d'émulation ou de compétition), a en effet fauté en levant la barre plus haut que sa raison initiale d'être, reliée à la mauvaise gestion des déchets et aux odeurs de corruption qui s'en dégagent, et à la nécessité de trouver des solutions drastiques à la cause de tous les problèmes – la mauvaise gouvernance et la corruption – et aux effets désastreux qui en découlent.
Cette campagne aurait dû s'en tenir aux revendications populaires légitimes qui constituent une plate-forme commune, tabler sur les éléments qui unifient l'opinion publique et la société civile libanaise, et non sur les éléments susceptibles de devenir des brandons de discorde et des causes de divisions, et ceci à la grande satisfaction des figures et des partis politiques visés par le mouvement de protestation.
Cette campagne n'aurait pas dû adopter d'autres « priorités », en phase avec celles de dirigeants et partis politiques, telles que des élections législatives préalables à l'élection présidentielle, la chute du gouvernement, le renversement de régime... Surtout qu'à l'ombre d'un mini-État dans l'État, l'effondrement du dernier rempart constitutionnel qu'est le cabinet serait l'occasion rêvée et recherchée pour un parti dit de Dieu de substituer sa république islamique à la république laïque actuelle. Les organisateurs de la campagne « Vous puez ! » ont l'air d'oublier l'existence de ce mini-
État et de cette armée milicienne parallèle. Ils se croient évoluer dans un contexte classique: citoyens lésés vs État, oubliant ce troisième pôle à l'affût d'une déstabilisation majeure pour prendre la relève.
Cette campagne n'aurait pas dû aussi mettre dans le même sac, ou la même « poubelle » (c'est le cas de le dire), tous les politiciens et les partis politiques, et surtout pas les formations qui ne font pas partie du gouvernement actuel, telles que les Forces libanaises. S'il est un parti qui a pleinement le droit et le devoir de participer à la manif « Vous puez ! », c'est le parti des Forces libanaises qui ne participe pas à ce pouvoir impuissant et corrompu. Cette campagne n'aurait pas dû mélanger les torchons avec les serviettes, les bourreaux avec les victimes, les assassins avec les assassinés...
Cette campagne n'aurait pas dû aussi mettre tous les manifestants dans les mêmes limbes de l'innocence parce qu'il y avait (et il y aura) effectivement des fauteurs de troubles, des voyous, des vandales, des crapules, des « infiltrés » parmi les manifestants pacifiques, comme en témoignent les nombreux blessés parmi les forces de l'ordre, les dégâts causés par le passage de cet « ouragan » maléfique. Les manifestants, entraînés par des organisateurs devenus des meneurs, n'auraient pas dû réclamer la libération de « tous » les individus arrêtés parce qu'il y en a qui devraient demeurer derrière les barreaux, qui ont lancé des pierres, des cocktails Molotov, qui ont blessé, cassé, brûlé... Puisqu'on parle de tri, il fallait faire le tri entre le bon grain et l'ivraie des manifestants. Les manifestants, les vrais, les pacifiques, qui sont majoritaires, n'auraient pas dû mettre les forces de l'ordre en face d'eux, mais avec eux, contre les forces du désordre.
Mais il est vrai que cette campagne a mis dernièrement un bémol à ses revendications, qu'elle a rectifié le tir, a baissé la barre pour s'en tenir à la crise des déchets et ses éléments déclencheurs, fondés sur la mauvaise gouvernance et la corruption, qu'elle a été assez audacieuse et conséquente avec ses positions pour chasser un ministre qui s'était effrontément invité à la manif et signifier au parti qu'il représente, qui se trouve être « le » problème, qu'il n'est pas le bienvenu en tant que parti au pouvoir et responsable du fiasco.
Il est vrai que cette campagne s'ouvre de plus en plus à tous les citoyens unis par les mêmes revendications légitimes, à toutes les forces vives de la société civile, dans toutes ses composantes, y compris les bases des différents partis politiques qui font intimement partie de la société civile libanaise, pourvu que celles-ci fassent primer l'esprit citoyen – pour une fois – sur l'esprit partisan, la cause du peuple éveillé sur la cause de la foule aveugle.
Pour une fois qu'un espoir de changement véritable se profile à nos horizons pollués et bouchés, il est demandé aux « sociétés partisanes » de rejoindre la société civile de laquelle elles sont issues et de contribuer activement et civilement au changement, loin de tout intérêt politique et de toute intrigue politicienne. Si des slogans extrêmes fusent de ce ras-le-bol, il revient aux autres composantes de la société civile, longtemps embrigadées par les sociétés partisanes, de faire entendre une voix plus sage, de faire primer des slogans justes sur les slogans justifiés. Cette manif est pour tous. Et elle ne pourra aboutir et réussir sans la participation de tous.

Il est vrai que la campagne «Vous puez!» a connu des ratés depuis son éclosion spontanée printanière du milieu des déchets amoncelés ; il est vrai que ce nouveau « bolide » civil et civilisé, conduit pourtant par des activistes chevronnés, a connu des cafouillages, des dérapages et même des tête-à-queue qui ont poussé certains politiciens populistes à vouloir exploiter ce mouvement, récupérer certains slogans et revendications pour les mettre à leur compte en faillite, mais force est d'admettre que cette campagne a prouvé sa bonne foi en se dégageant de toute récupération politique, en s'immunisant contre toute intoxication politicienne pour rester fidèle à sa vocation première, purement civile, loin de toute influence partisane.Cette campagne, qui a fait des petits (pourvu que ceux-ci suivent le courant...
commentaires (2)

Le "raisonnable" ne peut tout de même pas compléter ses "thèses raisonnées" à l'aide de ses "thèses encore inédites. Selon lui, la populace doit interpréter dans le sens de l'avenir non seulement son "calme", mais tout mouvement révolutionnaire à caractère raisonnable ! Afin que la "populace, après avoir pris connaissance de la "littérature" du raisonnable n'oublie jamais le mot "calme" et ne méconnaisse plus jamais le caractère "raisonné" de la révolution, il proscrit tout terme de révolution et solennellement répète le terme "raison". Il n'est plus question de "mouvement" mais de "Calme". Après avoir servi de victime expiatoire pour des ex-ex-Cédraies, le "raisonnable" sert maintenant de victime expiatoire pour, yîîîh, les Révolutionnaires : genre "Vous Puez !". On lance 2 formules à son sujet : une fois on le traite de "calme" mais deux fois de "sage" niais. Le raisonnable se flatte même de l'espoir que les locutions banales qui ont circulé au sein de "son école raison!" (Notamment dans ses "propres" dires à lui) toucheront au terme de leurs pérégrinations, étant donné l'état d'épuisement dans lequel on les trouve. Il redoute l'épuisement du "raisonnable" et la dissolution de cette sorte de "sagesse-raison", mais espère de même être délivré de cette même niaiserie ! Le raisonnable jettera donc à bas ses "propres" dieux ; ceux qu'il a si longtemps adorés : la "Sagesse et la Raison", en déclarant que ce ne sont plus là que les "idoles" de son ex-niaiserie ; yâ hassirtîîîh !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

05 h 09, le 09 septembre 2015

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Le "raisonnable" ne peut tout de même pas compléter ses "thèses raisonnées" à l'aide de ses "thèses encore inédites. Selon lui, la populace doit interpréter dans le sens de l'avenir non seulement son "calme", mais tout mouvement révolutionnaire à caractère raisonnable ! Afin que la "populace, après avoir pris connaissance de la "littérature" du raisonnable n'oublie jamais le mot "calme" et ne méconnaisse plus jamais le caractère "raisonné" de la révolution, il proscrit tout terme de révolution et solennellement répète le terme "raison". Il n'est plus question de "mouvement" mais de "Calme". Après avoir servi de victime expiatoire pour des ex-ex-Cédraies, le "raisonnable" sert maintenant de victime expiatoire pour, yîîîh, les Révolutionnaires : genre "Vous Puez !". On lance 2 formules à son sujet : une fois on le traite de "calme" mais deux fois de "sage" niais. Le raisonnable se flatte même de l'espoir que les locutions banales qui ont circulé au sein de "son école raison!" (Notamment dans ses "propres" dires à lui) toucheront au terme de leurs pérégrinations, étant donné l'état d'épuisement dans lequel on les trouve. Il redoute l'épuisement du "raisonnable" et la dissolution de cette sorte de "sagesse-raison", mais espère de même être délivré de cette même niaiserie ! Le raisonnable jettera donc à bas ses "propres" dieux ; ceux qu'il a si longtemps adorés : la "Sagesse et la Raison", en déclarant que ce ne sont plus là que les "idoles" de son ex-niaiserie ; yâ hassirtîîîh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    05 h 09, le 09 septembre 2015

  • ".... Si des slogans extrêmes fusent de ce ras-le- bol, il revient aux autres composantes de la société civile, longtemps embrigadées par les sociétés partisanes, de faire entendre une voix plus sage, de faire primer des slogans justes sur les slogans justifiés." ! Encore du sage et du raisonnable ! Il n'y a que du "raisonné raisonnable" aujourd'hui ! Mais qu'est-ce qu'il faudrait qu'elle soit "sage", cette "révolution" citoyenne libanaiiise !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 50, le 09 septembre 2015

Retour en haut