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Culture - Billet

Ensemble, c’est tout

La rue est à nous. Que ce soit les escaliers Vendôme de Mar Mikhaël avec le festival Nehna wel amar jiran (Nous, la lune et les voisins), ou la place des Martyrs et ses rues adjacentes, les Libanais ont investi les lieux publics ce week-end. Ce bitume, ces marches et ces trottoirs parfois cabossés leur appartiennent. Mais, pendant 48 heures, ils s'en sont emparés collectivement. Alors que nous tournons souvent les yeux vers nos smartphones respectifs pour des raisons futiles (et souvent intimes), nos regards se sont enfin croisés grâce aux collectifs Kahraba et « Vous puez ! ». Nos sentiments aussi. De la danse contemporaine, des contes, du cirque et de la musique à partager pendant trois soirées. Mar Mikhaël ne se résumait pas seulement à des klaxons et des culs-secs.

Vendredi soir, dans une petite cour, une centaine de chanceux ont pu apprécier l'interprétation à 4 mains des jeunes musiciens Joseph Kaï et Nicolas Maalouf. Le piano posé à même le sol, dans la terre, couvrait les bruits des grues et des discothèques en aval. Après plusieurs happenings, il fallait grimper quelques marches pour découvrir la danse contemporaine de la Cubaine Maura Morales. Toute en sensualité et autodérision, la chorégraphe prend le contrôle de la scène installée dans la cour de l'école publique. Avant que l'acrobate et aérienne Cécile Mont-Reynaud ne présente son bouleversant Fileuse. Au milieu des escaliers, l'artiste s'enrobe de milliers de petites cordes et prend son envol. Lorsqu'elle penche la tête à l'envers, le public retient son souffle. Des poumons, il fallait en avoir le lendemain pour scander l'hymne national – et sa révolte – afin de faire entendre au pouvoir libanais que la pleine citoyenneté se voulait de notre côté du mur. Et non du leur. Crier leur ras-le-bol, de manière disparate, certes, mais ensemble. Pour encenser un(e) artiste ou dénoncer l'incurie, l'union est toujours salutaire.

 

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