Le mufti Deriane avec le député Imad el-Hout. Photo Ani
Le mufti de la République Abdel Latif Deriane a dénoncé les émeutes qui ont eu lieu dimanche au centre-ville de Beyrouth. Il a affirmé devant ses visiteurs, hier, que « le gouvernement ne tombe pas dans une période de vacance présidentielle ».
Selon le cheikh Deriane, « le maintien du gouvernement est le seul moyen d'élire un président de la République ». Il a exprimé « (son) soutien au Premier ministre Tammam Salam » dont la sagesse a permis au pays d'éviter la décadence, surtout en cette période critique avec une présidence vacante et un Parlement paralysé.
Le mufti a renouvelé le soutien de Dar el-Fatwa « aux revendications populaires dans le cadre des lois », tout en stigmatisant « l'anarchie et les émeutes, ainsi que les atteintes aux forces de l'ordre et aux propriétés privées et publiques », et appelant « au châtiment des auteurs de ces actes ».
Le mufti de la République a reçu hier le député de la Jamaa islamiya, Imad el-Hout. À l'issue de la rencontre, M. Hout a fait savoir que la discussion a porté sur les événements du centre-ville du Beyrouth. « Le gouvernement doit répondre aux revendications du peuple, mais il constitue une nécessité dans l'étape actuelle, donc il ne faut pas qu'il démissionne », a-t-il souligné. M. Hout a indiqué s'être entendu avec le mufti Deriane sur « le fait que l'élection d'un président de la République mène au bon fonctionnement de toutes les institutions ».
Le mufti Deriane a reçu aussi une délégation du mouvement Mourabitoun présidée par le général Moustapha Hamdane. Ce dernier a indiqué « que le Premier ministre Tammam Salam n'est pas le seul responsable de la situation actuelle ». Il s'agit selon lui « de l'accumulation des actes des gouvernants depuis des années ».
Par ailleurs, le président du courant de la Décision libanaise Talal Merhebi a été reçu à Dar el-Fatwa. À sa sortie, il a estimé que « la clé de la solution est l'élection d'un président de la République ». Commentant les manifestations de samedi et dimanche, il a souligné que c'est une révolte naturelle de jeunes exprimant leur ras-le-bol, tout en faisant état « d'infiltrés ayant fait dévier le mouvement ».


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11 h 46, le 25 août 2015