Le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, a mis en garde hier contre l'exploitation politique des manifestations pacifiques. « La manifestation pacifique à laquelle a appelé une partie de la société civile est une expression légitime et sincère d'une colère populaire face à ce qu'est devenue la situation dans le pays à cause de l'incapacité du gouvernement de prendre les décisions adéquates sur les sujets pressants. Ces solutions ont tardé à cause de l'insistance d'une composante du cabinet. Il ne fait pas de doute que la manière avec laquelle les forces de l'ordre ont fait face à la manifestation samedi, par l'usage démesuré de la force, est condamnable au plus haut point. D'ailleurs, le Premier ministre a été le premier à condamner la répression, avant de promettre de mener une enquête sur la question et d'identifier les responsables à tous les niveaux. » Le ministre s'est également dit désolé « des agressions subies par certains journalistes lors de la couverture des incidents ».
Pour ce qui est de la manifestation de dimanche, « la couverture médiatique en direct a révélé au grand jour les éléments infiltrés dans les rangs des manifestants, détournant la protestation pacifique de son but », a-t-il souligné, dénonçant « les émeutes violentes, les tentatives de démanteler les fils barbelés devant le Grand Sérail, les pierres lancées à la face des agents de l'ordre ainsi que la destruction des vitrines de certains commerces, dénaturant, au final, le mouvement de protestation initial ».
« Seul un cabinet actif peut répondre aux doléances »
Ce bilan a conduit le ministre de l'Information à exprimer ses « craintes d'une diffusion du chaos ». Il a appelé dans ce contexte les organisateurs de la manifestation « à faire preuve de vigilance et à prendre garde à toute tentative d'exploiter leur mouvement pacifiste à des fins politiques ». Il les a également appelés à « préciser leurs revendications et à répondre à la demande du Premier ministre de dialoguer avec eux, surtout qu'il affirme ressentir leur colère et veut répondre à leurs demandes justes par la redynamisation du Conseil des ministres ».
Le ministre de l'Information a souligné à ce propos que la redynamisation de l'exécutif « est le seul moyen de répondre aux doléances citoyennes. Nul n'a besoin d'un cabinet qui est incapable de trancher les questions urgentes, selon le mécanisme prévu par ailleurs par l'article 65 de la Constitution ». Il a fait remarquer enfin que « la partie qui essaie de paralyser le Conseil des ministres est la même qui bloque l'élection d'un président de la République. Il vaudrait mieux que la société civile exerce ses pressions, par les voies démocratiques, sur la partie qui s'abstient de se rendre aux séances électorales ».


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QUE LA MANIFESTATION SE REFORME ET PACIFIQUEMENT ENVAHISSE LES RUES ET NE LES QUITTE PAS AVANT L'ÉLECTION D'UN PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE... POUR QUE VIVENT LE PAYS ET SES CITOYENS !
11 h 57, le 25 août 2015