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Liban - Troubles

Nouhad Machnouk impute indirectement au CPL et au Hezbollah la responsabilité des émeutes au centre-ville

Une réunion de sécurité s'est tenue hier au Sérail ; le ministre de l'Intérieur promet un rapport d'enquête dans 72 heures.

Accompagné de responsables de sécurité, Nouhad Machnouk a discuté hier des événements du week-end dernier avec le chef du gouvernement. Photo Dalati et Nohra

Après une tournée, place Riad el-Solh, pour inspecter les dégâts résultant des émeutes de dimanche soir, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, s'est rendu au Sérail où d'autres ministres et personnalités politiques, solidaires avec le chef du gouvernement, Tammam Salam, ont été également reçus. Le ministre de l'Intérieur était accompagné du directeur général des FSI, le général Ibrahim Basbous, et d'une délégation de responsables de sécurité.
Après la réunion tenue avec M. Salam, Nouhad Machnouk s'est longuement étendu sur les incidents du week-end dernier au centre-ville, mettant les points sur les i et faisant passer en même temps plusieurs messages politiques. Il a notamment accusé le CPL et le Hezbollah, mais sans les nommer, d'avoir encouragé les émeutes de dimanche soir au centre-ville.
Il a commencé par réaffirmer son attachement et celui du chef du gouvernement au droit d'expression et de manifestation, mais dans le respect des lois en vigueur. Un thème récurrent tout au long du discours au cours duquel M. Machnouk a expliqué qu'il y a eu 99 blessés parmi les agents des FSI contre 61 parmi les manifestants. « Une enquête est en cours auprès des personnes interpellées, qui seront relâchées s'il s'avère qu'elles n'ont rien à voir avec les actes de violence commis », a-t-il dit avant de poursuivre : « Vous avez tous constaté, en suivant les directs des chaînes télévisées, qu'il y avait deux, voire trois genres de manifestants (au centre-ville). Il y avait d'un côté une campagne organisée (Vous puez ! ) qui a manifesté pacifiquement – et c'est son droit, en dépit des slogans durs brandis – et, en face, un groupe politique appartenant – et cela n'est pas un secret – à des partis politiques déterminés, ayant des slogans déterminés et un agenda caché. Ce groupe réclamait l'organisation de législatives avant la présidentielle, ce qui est une revendication politique et non pas socioéconomique. Trois éléments sont à mettre en relief ainsi au niveau politique : le premier, avoué, se rapporte à l'organisation de législatives avant la présidentielle, réclamée par les manifestants. Le deuxième, caché partiellement ou totalement, consiste à empêcher la tenue du Conseil des ministres avant la réalisation de revendications qui, je l'affirme de cette tribune, ne vont pas se concrétiser. Le troisième concerne les décrets signés contre l'avis de deux composantes principales du gouvernement, qui ont décidé de faire relever le niveau de l'escalade, comme nous avons pu le constater entre 22h30 et 11h45. » M. Machnouk faisait ainsi allusion au CPL et à son allié chiite, le Hezbollah.

Pas de législatives avant la présidentielle
« Il n'est pas question d'organiser les élections législatives avant qu'un président ne soit élu. Que personne ne se fasse d'illusions. Cela ne se produira pas. La voie normale pour que tout rentre dans l'ordre consiste à élire un chef de l'État agréé de tous les Libanais et non pas imposé par une partie politiques à toutes les autres, avec tout le respect et toute mon amitié au candidat proposé », a affirmé M. Machnouk, en allusion au général Michel Aoun.
Après avoir insisté sur le fait qu'il n'est pas question de permettre à des manifestants, « pacifiques ou pas », d'investir le Sérail ou le Parlement, il a mis l'accent sur le fait que les agents de l'ordre ont tiré en l'air et non contre les manifestants samedi soir. « Aucun des 160 blessés civils n'a été atteint de balles. Trois seulement ont dû être hospitalisés, dont un militaire. Les deux civils, qui sont toujours hospitalisés, ont été blessés, l'un par un coup à la tête à l'aide d'un objet contondant, près du secteur de Lazarieh et non pas à côté du Sérail, et l'autre par une balle en caoutchouc au niveau de la taille. Un militaire a été également atteint à la poitrine à cause des bousculades et se trouve dans un état critique », a expliqué M. Machnouk, en précisant que l'enquête est en cours et que ses résultats devraient être annoncés au public « dans 72 heures au plus tard ».
Il a de nouveau affirmé que les protestataires peuvent manifester « là où ils veulent et dire ce qu'ils souhaitent, à condition d'avertir les FSI qui les protégeront parce qu'ils ne peuvent pas empêcher les fauteurs de troubles de s'infiltrer dans leurs rangs ». « Certains ont pu être arrêtés, et nous continuons de regarder les photos et les films des caméras pour identifier et arrêter les autres », selon le ministre qui a ensuite mis l'accent sur la gravité de la situation dans le pays et dans la région. Nouhad Machnouk a souligné « l'effort mené pour préserver un minimum de cohésion au sein du gouvernement ». « Celui-ci est composé de parties politiques en conflit. Nous ne sommes pas d'accord sur beaucoup de choses la plupart du temps, mais nous devons nous entendre sur un élément, à savoir maintenir la stabilité politique et préserver la sécurité de tous les Libanais », a-t-il insisté.
Plus tard, le chef du gouvernement devait recevoir la visite du ministre des Télécommunications, Boutros Harb, venu lui exprimer sa solidarité. Après avoir également fait part de son attachement au droit d'expression, il a mis en garde contre les actes de violence « qui ont des effets judiciaires inévitables ». M. Harb a fait remarquer que « personne n'a envie de rester au sein de ce gouvernement qui doit cependant être maintenu en place, étant donné le vide et la paralysie au niveau des autres institutions ».
Il a félicité les manifestants de la campagne « Vous puez ! »
pour leur sens des responsabilités « parce qu'ils se sont retirés de la place où les agents de l'ordre ont été attaqués lorsqu'ils ont senti que leur mouvement de protestation déviait de sa trajectoire ».
Parmi les visiteurs du Sérail, une délégation du parti Kataëb, conduite par le président du parti, Samy Gemayel, et composée des ministres Sejaan Azzi et Ramzi Jreige, ainsi que du député Élie Marouni.

Après une tournée, place Riad el-Solh, pour inspecter les dégâts résultant des émeutes de dimanche soir, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, s'est rendu au Sérail où d'autres ministres et personnalités politiques, solidaires avec le chef du gouvernement, Tammam Salam, ont été également reçus. Le ministre de l'Intérieur était accompagné du directeur général des FSI, le...
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